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jeudi 22 septembre 2011

Pour les Français, le meilleur président c’est l’opposé de Sarkozy, c’est Atlantico qui le dit !

Dans un article paru ce jour sur le site Atlantico, site proche de l’UMP, est détaillé sur la base d’une enquête interne les sujets que doit traiter en priorité le président idéal des Français. Problème : le portrait qui s’en détache est le strict opposé de Nicolas Sarkozy. Dérapage…

Ce n’est pas présenté comme un sondage et ce n’en ai pas un d’ailleurs, le site Atlantico propose un article qui détaille, sur le base des commentaires laissés par 136 Français issus des classes moyennes amenées à converser du 26 aout au 7 septembre sur la plateforme collaborative Freethinking, le portrait idéal du futur président de la France. Même si, ni l’échantillon, ni la méthode ne sont dignes d’un sondage, les résultats ne sont pas si ridicules ni si éloignés de la réalité. Nous y retrouvons ainsi toutes les préoccupations actuelles des Français « normaux » (c'est-à-dire tous les Français en dehors des 1 % des plus riches).

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Nous y apprenons ainsi que les priorités sont, par ordre de préférence : relancer l’emploi (65 %), relancer et défendre l’industrie française (36 %), réduire les inégalités (31 %), résorber la dette (17 %), redonner toute sa place à l’éducation (14 %), réformer la fiscalité (13 %), garantir la sécurité (8 %), respect de l’environnement (7 %), faire de la diversité une richesse (4 %), sauver l’euro et relancer l’Europe (3 %), refonder la laïcité et l’identité française (3 %), redonner à la France sa place dans le monde (0 %).

Relancer l’emploi

Il y a beaucoup d’échecs de la présidence de Nicolas Sarkozy, mais celui-ci est certainement le plus frappant. Depuis qu’il a pris le pouvoir, le chômage n’a que rarement cessé d’augmenter. Le pire c’est que les initiatives comme Pôle Emploi, qui auraient pu être une réussite, se sont soldées par un échec. Les résultats sont catastrophiques et peu a été fait pour les améliorer. Tout, en fait, s’est passé comme si le chômage n’était pas un objectif prioritaire pour le gouvernement. Ainsi, le maintien de la défiscalisation des heures supplémentaires n’est pas de nature à relancer l’emploi, surtout en temps de crise. La crise justement, n’a pas aidé, certes, mais elle est loin de tout expliquer.

Relancer et défendre l’industrie française

C’était un thème intéressant et challengeant. Là également c’est un échec cuisant pour le gouvernement. À part quelques effets d’annonce comme la création de l’observatoire du Made In France qui ont fait les gros titres de la presse, mais sans jamais aucun résultat concret. Nous pouvons légitimement nous demander pourquoi ? Que s’est-il passé ? Pourquoi cet échec ? Le challenge n’était pas impossible à atteindre, mais surtout nous n’avons même pas essayé ! La réponse est simple : ce n’était pas une réelle priorité du gouvernement qui a volontairement fait un effet d’annonce prévu dès le départ.

Réduire les inégalités

Encore un triste sujet. Les inégalités n’ont cessé de s’aggraver et le gouvernement n’a rien fait pour diminuer cette tendance au contraire. Il n’a cessé d’augmenter les prélèvements sur des classes moyennes fragilisées par la crise tout en continuant a faire des cadeaux fiscaux au plus riches !

Résorber la dette

Depuis que le gouvernement est au pouvoir, la dette n’a cessé de croitre. Le gouvernement ne donne même pas l’exemple comme le montre le dérapage du budget de l’Élysée et les dépenses somptuaires qui ne se justifiaient pas (comme l’Air-Force one de Sarkozy).

Redonner toute sa place à l’éducation

Depuis 2007, l’éducation nationale n’a cessé de perdre des professeurs et cela continue. La vérité est que le plus grand plan social de ces dernières années c’est bien l’état qui l’a mis en place à l’éducation nationale ! Luc Chatel annonçait 16 000 postes supprimés en 2012 dans l'Éducation nationale ! Lorsque l’on pense que le redressement du pays à l’avenir se base sur les jeunes générations que l’on a formées et que l’on formera de plus en plus mal, cela ne laisse que peu d’espoir dans l’avenir de la France.

Réformer la fiscalité

Nous l’avons déjà vu, en privilégiant les 1 % des Français les plus riches de France et en faisant porter le poids correspondant sur les classes moyennes nous sommes très loin d’une fiscalité juste, équilibrée et raisonnable. « En 2009, 979 contribuables au patrimoine supérieur à 16 millions d’euros ont ainsi reçu en moyenne 376 134 euros, soit 30 ans de SMIC… » C’est la réforme de l’ISF qui alors que l’Espagne la rétablit est assouplie par le gouvernement : 800 000 euros au lieu 1.300 000. Un véritable scandale en pleine crise économique et alors que l’UMP ne cessait de la critiquer comme un impôt peu rentable. Avec cette réforme, il est clair qu’elle ne le sera plus du tout ! Si l'on y ajoute la suppression de la taxe professionnelle, la réduction de la TVA à 5,5 % pour la restauration, la défiscalisation des heures supplémentaires, l’abaissement du bouclier fiscal et les allègements des droits de succession, l'État a abandonné pour 20 milliards d'euros de recettes par an pour un résultat faible. C’est cette même fiscalité qui favorise les sociétés du CAC40 tout en tuant arbitrairement les PME françaises, pourtant premier employeur de France ! Le Conseil des prélèvements obligatoires notait dans un rapport à la Cour des Comptes une « augmentation constante du nombre de dépenses fiscales applicables aux entreprises », en particulier « sensibles sur la période 2002 – 2010 ». Et chiffrait le cout global de ces mesures à 71,3 milliards d’euros en 2010, contre 19,5 milliards en 2005. Ce sont particulièrement les entreprises du CAC 40 qui en bénéficient: elles sont taxées sur leurs profits à 8 %, contre 22 % pour les PME.

Garantir la sécurité

Grand thème du gouvernement, la sécurité n’a été qu’une sécurité de parole. Dans la pratique c’est différent, on nous parle de karcher, mais au bout du compte la situation empire comme à Marseille. Le journal Le Monde constate : Dans son livre, M. Urvoas chiffre à 11 000 les emplois (équivalents temps-plein travaillés, ETPT) disparus depuis 2007. Si l'on remonte à 2002, il estime que près de 3 000 postes se sont envolés : les augmentations d'effectifs, 13 500 gendarmes et policiers, de la loi de programmation (Lopsi) de 2003 du ministre de l'Intérieur Sarkozy, auraient ainsi été annulées par les suppressions de postes de la révision générale des politiques publiques lancée en 2007 par le président Sarkozy.

Respect de l’environnement

Après beaucoup de bruit pour rien le Grenelle de l’environnement n’a rien donné. Finalement, l’écologie sera sacrifiée.

Faire de la diversité une richesse

Vous en penserez ce que vous voulez, mais pour ma part nous sommes très loin d’avoir travaillé le sujet depuis 2007 !

Sauver l’euro et relancer l’Europe, refonder la laïcité et l’identité française, redonner à la France sa place dans le monde…

Finalement ces sujets qui intéressent peu ou pas du tout les Français sont au cœur des préoccupations du président. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les derniers discours et déplacements du président : Palestine, Libye, Afrique… Et pendant ce temps-là la France coule très doucement dans l’indifférence générale du gouvernement...

La suite de l’article analyse les résultats et en déduit un portrait-robot du président idéal :

  • Honnêteté, intégrité : le Président idéal, c’est d’abord le Président à qui on peut se fier. Sur ce sujet nous sommes très loin du compte : Karachi, Bettencourt-Woerth, les "fadettes", les "mallettes africaines", affaire Tapie : la justice enquête sur cinq affaires susceptibles de gêner le pouvoir.
  • Simplicité : le Président idéal en temps de crise, c’est l’homme simple qui sait faire comprendre le monde complexe au peuple […] C’est le Président non pas seulement anti-bling bling mais anti-com. La également tout le monde conviendra que ce n’est pas gagné non plus…
  • Proximité : le Président idéal en temps de crise, c’est un Président proche, et même tellement proche qu’il est identifié au peuple puisqu’il en vient. Encore raté, on peut qualifier le président de beaucoup d’adjectifs, mais certainement pas de proche des Français…
  • Dévouement : le Président idéal, c’est celui qui fait naturellement passer l’intérêt supérieur de l’État avant le sien. Depuis 2007 les cadeaux fait à la bande du Fouquet's sont nombreux et n’ont rien à voir avec l’intérêt du pays…
  • Autorité : « poigne », « fermeté », « se faire respecter »… Nombre de contributions sont très claires enfin sur le besoin de chef qui existe dans l’imaginaire de ces citoyens souvent désorientés : le discours de Sarkozy est ferme, mais il cède sur de nombreux dossiers les vidant souvent de leur contenu.

Enfin l’article conclu : Au final, un constat s’impose avec évidence : c’est la demande d’un retour à quelques valeurs ancestrales de la res publica dans ce qu’elle a de plus sévère. Nous aurions pu également dire : c’est un retour à des valeurs évidentes, simples et saines qui ne sont plus incarnées en France depuis 2007.

Bref Atlantico pour un site proche de l’UMP vient finalement de détruire son seul candidat officiel en 2012, nous savons tous, maintenant, que le président idéal n’est pas Nicolas Sarkozy, mais son exact opposé !

3 commentaires:

Colonel Walter Kurtz a dit…

A quelques mots près, ils viennent de décrire la personalité de JL Mélenchon, et le programme du Front de Gauche.
On les comprend, c'est la seule personalité politique et le seul programme qui tiennent la route actuellement.

Gerard a dit…

Bonjour,

Exact !
Ou nous pourrions dire débarrassons nous de l'absurdité, l'extravagance, l'imposture, la honte c'est à dire : lui !.
Mais je n'ai pas d'illusions et même des critiques s'agissant d'un président "normal" à la Holland.
Candidat à l'ancienneté, prix de camaraderie, d'encouragement, par défaut (je ne fais pas allusion à dsk qui était une autre absurdité) : "Flambi" n'est vraiment pas terrible.
Je veux en venir à ceci :
Prenons un exemple : un coureur est lâché ! Comment va t-il revenir sur les échappés ?.
Par un effort "normal" !? : Non !.
Que nous échappions à la honte de sarkozy et retrouver quelque de digne certes mais il nous faut aussi quelqu'un d'EXCEPTIONNEL.
Je ne crois pas dans l'élection à venir : terminé l'absurdité mais pas enthousiaste avec la normalité "flambi" et le reste ne vaut pas mieux : hélas !.
Les français sont ils capables d'être exigeants pour leur république me semble être la vraie question !.

Henri Moufettal a dit…

Je vais faire court, je me pose des questions comme beaucoup, tout simplement, a me demander vers quel bord je vais chavirer. j'aurais eu trois points en tête par rapport a ce billet:

- Mise en contexte des faits des 5 dernières années, même si cela n'excuse pas, ca explique beaucoup
- Il est plus facile de s'appuyer sur les faiblesses d'un parti au pouvoir, qu'un parti dans l'opposition ce pouvoir, et pourtant, ils ont fait leurs heures aux instances aussi.
- On est en démocratie, fort heureusement, il est de fait devenu démagogiquement plus rapide de désigner un coupable facile qu'est le politique plus que les autres acteurs. Or, le pouvoir d'action de l'un dépend des concessions et du bon vouloir des autres, nous inclus

PS. Pour note: J'aurai aimé avoir des petites boites ou pouvoir mettre d'autres superlatifs que passionnant, amusant ou intéressant. si la, en dessous du billet.

On peut travailler plus loin que juste sur des réactions facebook-simiesques des synonymes du ca me plait, ou ca me plait encore plus.

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