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vendredi 17 février 2012

Créer un million d’emplois … maintenant !

Une relance de l’industrie manufacturière des biens de consommation nous permettrait de rebâtir rapidement des perspectives de croissance, pourrait procurer plus de 300 000 emplois industriels en quelques années et générer encore 600 000 à 900 000 emplois indirects et induits.

L’ÉCHEC DES COÛTEUX PLANS DE RELANCE

Lors du plan de relance de 2008, le gouvernement n’a pas voulu ou n’a pas su utiliser l’argent public pour réindustrialiser notre pays.

Ce plan a coûté aux contribuables français, selon les sages de la cour des comptes, 34 milliards d'euros mais n’a créé que 20 000 à 70 000 emplois et selon les économistes, le grand emprunt de 35 milliards d'euros, en créera encore moins.

Les responsables de ces plans nous ont expliqué régulièrement que l’argent public remis aux grands groupes ou aux fonds d’investissement privés, créerait un effet de levier, mais en réalité cette manne financière a surtout enrichi quelques privilégiés proches du gouvernement qui délocalisent invariablement la production dans les pays émergents après avoir bénéficié de l’argent du contribuable.

Cette gabegie nous démontre une fois de plus l’incapacité ou le manque de volonté des gouvernements de Droite ou de Gauche en matière de création d’emploi industriel.

Des candidats à l’élection présidentielle promettent déjà une autre distribution des deniers de l’état en créant un nouveau fonds inspiré du Fonds Stratégique d’Investissement qui était doté de 20 milliards d’euros de fonds publics et dont le comité d’investissement était présidé par le n° 2 d’une société du CAC 40, championne de délocalisation. D’autres annoncent sans conviction, la création d’une banque d’investissement ou de l’industrie qui financera encore les produits technologiques et innovants en délaissant une fois de plus l’industrie manufacturière des biens de consommation.

LA SURENCHÈRE ÉLECTORALISTE AUTOUR DU "MADE IN FRANCE"

Plusieurs hommes politiques jurent depuis peu, pouvoir et vouloir relancer le "made in France", mais qui ignore encore que les fabricants qui ont délocalisé leur production ne reviendront pas et que les enseignes de la distribution qui ont volontairement sabordé l’industrie manufacturière des biens de consommation, n’aideront certainement pas de nouveaux fabricants à recréer des usines en France.

Des prétendants à la magistrature suprême assurent que s’ils sont élus, leurs mesures sensationnelles, parfois concoctées par des énarques pourtant néolibéraux et mondialistes, feront revenir demain les entreprises délocalisées.

Certains suggèrent, que dans un grand élan patriotique et républicain, entreprises et consommateurs se donnent la main pour relocaliser 1 ou 2 millions d’emplois mais il est peu probable que des entreprises délocalisées qui ne sont plus habituées aux négociations, conflits sociaux et grèves syndicales, acceptent également de renouer avec des charges sociales plus élevées et une baisse importante de leurs bénéfices. Les vagues projets des candidats, les recettes mainte fois utilisées et les incantations ne suffiront pas.

Sur le marché hexagonal, la TVA dite "anti délocalisation" pénalisera davantage les ventes de produits fabriqués en France que celles des produits provenant des pays à bas couts.

Les articles fabriqués en France disposent de moins de marge bénéficiaire et la répercussion de la TVA s’avéra souvent obligatoire. A l’opposé, les articles manufacturés importés des pays à bas coûts n’enregistreront pas systématiquement la hausse de TVA et creuseront encore l’écart avec le " made in France". De plus, la perte de pouvoir d’achat provoquée par la hausse, risque d’orienter un peu plus les consommateurs vers les produits à bas coûts importés.

La prime à la relocalisation créée en 2010 et dotée d’un budget de 200 millions d’euros devait, selon le ministère de l’industrie, permettre de rapatrier 1 000 emplois par mois, mais quelques entreprises seulement, souvent motivées par l’aubaine de la médiatisation du " made in France", ont consenti à relocaliser une partie de leur production et quelques emplois, mais à l’inverse, pas moins de 900 usines françaises ont fermé leurs portes aux cours des trois dernières années.

On peut s’étonner du soudain engouement des partis politiques pour le "made in France". Cette attitude apparemment volontaire pourrait se révéler après les élections présidentielles et législatives, n’avoir été qu’une éphémère posture électoraliste. On peut également soupçonner de nombreuses marques, enseignes de la distribution et personnalités politiques de souhaiter la fermeture discrète des dernières usines manufacturières traditionnelles. Dés lors, nous ne pourrions évidemment plus blâmer les industriels de ne pas fabriquer en France et les élus ne seraient plus confrontés à des ouvriers désespérés et licenciés pour délocalisation, leur reprochant, devant une France atterrée, leur politique pro-européenne et mondialiste responsable de notre désindustrialisation.

LABEL "MADE IN FRANCE"

Le label "made in France" "Origine France garantie" qui n’impose que 50 % de fabrication française, a été mis en place en mai 2011 après 18 mois de gestation et ne semble pas remporter le succès escompté par le gouvernement, pourtant d’autres candidats préconisent un autre label.

L’idée selon laquelle les français seraient prêts à acheter des produits plus chers parce qu’ils portent simplement un label "made in France" peut sembler très optimiste même si plusieurs sondages l’affirment. Pour autant, les sondés ne sont pas convaincus de l’efficacité d’un label ne garantissant que 50 % de fabrication dans l’hexagone.

Robert Rochefort, Député européen et ancien directeur général du CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), reprochait récemment au Président des deux principales fédérations professionnelles de la mode : "Vous avez fait perdre au consommateur la perception de la valeur réelle, et symbolique, des produits d'habillement" et pose ainsi la question de notion de perception de valeur et d’évaluation du rapport qualité/prix d’un produit.

Si nous voulons réellement relancer le "made in France" et séduire un nombre important de consommateurs, le différentiel de prix devra être le plus faible possible, voire imperceptible ou moins cher, lorsque l’on le comparera avec des produits moyen de gamme ou autoproclamés haut de gamme mais souvent fabriques en Chine ou au Bengladesh. Bien sur, il ne convient pas d’essayer de concurrencer les enseignes bas de gamme. Par ailleurs, seul, le modèle économique de l’intégration verticale, préconisé dans notre projet, peut permettre d’attendre cet objectif et proposer des prix en rapport avec le pouvoir d’achat d’un grand nombre de nos concitoyens.

CRÉER UN MODÈLE ÉCONOMIQUE D’ENTREPRISE AGISSANT SURTOUT DANS L’INTÉRÊT DE LA COLLECTIVITÉ

Malgré le manque de volonté des politiques, l’influence des lobbys et en dépit des promesses creuses, nous devons absolument faire diminuer le taux de chômage devenu insupportable pour nos concitoyens et pour notre déficit public, en relançant notamment l’industrie manufacturière des biens de consommation qui pourrait créer plus de 300 000 emplois industriels souvent accessibles à des personnels peu diplômés ou sans formation et générer encore 600 000 à 900 000 emplois indirects et induits (lire notre article du 14 mars 2011 Un plan de sauvetage pour l’industrie manufacturière française.

Les perspectives de relocalisation sont très faibles et il apparait comme évident que pour relancer ce secteur industriel, il faudrait d’abord le restructurer en lui redonnant une colonne vertébrale constituée notamment d’un puissant réseau de distribution qui vendrait les produits fabriqués en France.

Il conviendrait donc de créer une structure privée et subventionnée pour la création d’emplois, qui créerait des magasins et une logistique de vente par internet, mais aussi des usines et des bureaux d’études, pour recréer les centaines de milliers d’emplois souvent peu ou non qualifiés que les chômeurs ne trouvent plus depuis la désindustrialisation de l’hexagone.

Seule une entreprise composée de professionnels expérimentés et dotée de moyens financiers importants, pourrait malgré des coûts de production plus élevés, réinitialiser la difficile et longue reconstruction de notre industrie manufacturière saccagée.

L’objectif principal de cette société bien que de droit privé, serait la création d’emploi et le maintien du savoir faire. Elle serait organisée selon le modèle économique de l’intégration verticale pour réduire les intermédiaires et ainsi être concurrentielle.

1) Pole de financement

La création d’un " fonds pour le développement industriel et l’emploi ", juridiquement proche des fonds d’investissement à but non lucratif qui subventionnent parfois l’économie sociale en Suisse, au Québec ou aux USA, permettrait d’adapter le financement du projet aux contraintes de l’UE.

Ce fonds serait fondé à recueillir les capitaux propres et les subventions destinées au financement de la création d’emploi et du développement de l’entreprise.

2) Pole pour l’emploi et la formation

Ce pole RH (ressources humaines) et formation, identifierait les savoir-faire industriels manufacturiers de biens de consommation pouvant encore être incarnés par les personnels licenciés d’usines en difficulté, liquidation judicaire ou récemment fermées. Ainsi des anciennes employées de façonniers, sous-traitants et marques réputées retrouveraient un travail et transmettraient leurs connaissances aux plus jeunes.

Pour exemple, l’entreprise aurait repris le site d’Yssingeaux de Lejaby et sauvé le savoir faire en maintenant une partie de l’effectif à la fabrication de corsetterie et lingerie. Au fur et à mesure du développement des ventes d’une nouvelle ligne de lingerie, le personnel affecté provisoirement à la confection de vêtements aurait ensuite retrouvé son ancien poste de travail.

3) Pole de développement

Des ingénieurs et gestionnaires issus de l’industrie étudieraient la faisabilité de chaque projet de fabrication, redéfiniraient des processus de production et mettraient en adéquation ressources humaines régionales et potentialités de commercialisation des produits.

Afin d’orienter également la production de l’entreprise vers des produits d’avenir, un département R&D (recherche & développement) serait créé et des projets externes seraient intégrés et développés.

La mise en œuvre du projet global et le développement de l’entreprise s’appuieraient sur le projet de 95 pages sur lequel nous travaillons depuis 5 ans et que nous avons présenté plusieurs fois aux pouvoirs publics.

4) Pole de production

L’entreprise produirait beaucoup de biens de consommation à faible valeur ajoutée et créateurs d’emplois, mais pourrait également fabriquer des produits technologiques, de "croissance verte" et autres produits innovants à forte valeur ajoutée pour notamment compenser les marges souvent faibles des produits issus d’industries plus traditionnelles et ainsi élargir l’offre globale au plus grand nombre de consommateurs.

De même, dans le domaine du prêt à porter, une marque de luxe, principalement orientée vers l’international, permettrait d’augmenter la marge moyenne afin de pouvoir proposer des vêtements "1er prix " plus accessibles.

5) Pole de commercialisation

L’enseigne consacrée principalement à l’habitat, vendrait uniquement des articles fabriqués en France, réalisés en interne ou provenant de fournisseurs extérieurs.

Un réseau de magasins physiques et un circuit de distribution par internet commercialiserait la plupart de nos biens de consommation à des prix raisonnables (meubles, salons, électroménager, literie, luminaires, sanitaires céramique, cheminées, décoration, linge de maison, vaisselle, articles de loisirs et sports, bagages, jouets etc.)

Un réseau spécifique au prêt à porter, doté de magasins physiques et d’un circuit internet, vendrait surtout des vêtements pour femmes et jeunes femmes mais aussi pour enfants et quelques articles pour hommes, principalement sur le marché hexagonal, premier marché d’Europe avec 41 milliards d’euros de dépenses d’habillement annuelles selon la FEH (Fédération des enseignes de l’habillement) mais probablement 45 ou 50 milliards d’euros si l’on ouvrait les millions de conteneurs importés.

Ainsi, le textile habillement, constitue certainement le secteur le plus important des biens de consommations en France.

Aujourd’hui, les plus grandes enseignes suédoises, espagnoles, américaines, anglaises et japonaises nous inondent de vêtements jetables "made in China" et se disputent joyeusement ce marché que nous avons abandonné.

En effet, les états généraux de l’industrie voulus par Nicolas Sarkozy ont éradiqué l’existence de l’industrie du textile habillement au profit de l’industrie du luxe et de la création qui crée pourtant peu d’emploi en France. Dogme du libre échange ? Favoritisme envers les groupes du luxe ?

Une enseigne identifiée "made in France disposant d’un outil de distribution performant, proposant des articles "mode" ou basiques à prix abordables, bénéficiant d’une image positive et sachant établir une relation particulière avec sa clientèle, pourrait récupérer une part importante de ce gigantesque marché.

VIABILITÉ

Pour exemple, la confection de la plupart de nos vêtements, pulls, pantalons, robes, jupes ou chemisiers, ne nécessite en moyenne que 15 à 40 minutes de travail, toutes opérations comprises dont coupe et assemblage.

Dans notre étude, le cout salarial horaire moyen d’un atelier avoisine 20 euros par employé, (hors intéressement), soit un coût de confection hors tissu ou étoffe, de 5 euros pour une robe 1er prix, moins pour l’assemblage d’un tee-shirt ou un peu plus pour un beau pull.

En optant pour le modèle économique de l’intégration verticale, de la fabrication du produit à sa vente directement au consommateur et en appliquant des taux de marge raisonnables, nous parviendrions à proposer une offre attractive et concurrentielle.

Alors oui nous pourrions à nouveau fabriquer une part importante de nos vêtements et autres biens de consommation en France car depuis qu’ils sont produits dans les pays à bas coûts nos dépenses n’ont guère diminué.

Aujourd’hui, nous achetons des produits le plus souvent jetables que nous renouvelons sans cesse pour le plus grand bonheur des distributeurs qui ne baissent pas leurs prix mais augmentent toujours leurs marges bénéficiaires.

UNE POLITIQUE DE DISTRIBUTION DES RÉSULTATS POUR REVALORISER L’EMPLOI INDUSTRIEL

L’objet de l’entreprise ne serait pas l’optimisation de rendement du capital de l’actionnariat, mais le développement industriel pour créer de l’emploi et sauvegarder le savoir-faire.

80 % des bénéfices de l’entreprise seraient consacrés à l’intéressement des salariés et au développement dont jusqu'à 40 ou 45 % aux salariés pour attendre le niveau de motivation indispensable au développement de l’activité. Par ailleurs, plus les revenus de ces salariés seraient importants plus ils généreraient d’emplois induits régionaux qui redonneraient vie à des régions exsangues.

20 % permettraient de rembourser les crédits externes directs ou indirects, contractés pour créer l’entreprise et investir aux cotés des pouvoirs publics.

Afin de se prémunir des risques de délocalisation, la société ne serait pas gouvernée par une assemblée d’actionnaires et ne posséderait pas de conseil d’administration. Elle serait dirigée par un directeur général qui animerait un comité exécutif composé d’un collège de cadres dirigeants de l’entreprise, impliqués dans la plupart des décisions et agissant uniquement pour la pérennité de l’entreprise et le maintien de l’emploi.

En outre, l’entreprise disposerait d’un commissaire aux comptes, s’entourerait d’experts lors des prises de décisions financières importantes et s’appuierait également sur des audits externes de gestion. Compte tenu du taux important de redistribution, de l’objet de l’entreprise et du risque que cela représenterait pour l’emploi des salariés, celle-ci n’aurait évidemment pas vocation à s’introduire en bourse.

UN COUT PAR EMPLOI CRÉÉ 18 A 80 FOIS INFERIEUR !

Une entité unique directement financée et subventionnée par l’état optimiserait les moyens mis à sa disposition. Chaque emploi industriel, indirect et induit créé pourrait à terme, ne coûter que 25 000 euros à 33 000 euros au lieu des 600 000 euros à 2 millions d’euros par emploi créé du plan de relance !

UN COÛT NUL POUR LA COLLECTIVITÉ ET A TERME UNE ÉCONOMIE DE 50 MILLIARDS PAR AN

Chaque année l’état dépense plus de 100 milliards d’euros de DPE (dépenses pour l’emploi). Le coût par chômeur estimé à 14 980 euros en 1995 est passé à 26 555 euros en 2003 et au moins 33 000 euros en 2011.

La création d’1 million d’emplois représenterait 33 milliards d’euros d’économie de DPE par an, rapporterait 12 à 15 milliards d’euros de cotisations aux régimes de protection sociale et encore plusieurs milliards d’euros de recettes fiscales.

UNE VOLONTÉ POLITIQUE INDISPENSABLE

L’état a déjà eu recours a des sociétés privées pour lutter contre le chômage : en 2006, le gouvernement s’était inspiré de l’agence pour l’emploi britannique et avait confié le placement de chômeurs à des sociétés privées (parfois britanniques), subventionnées et rémunérées pour assurer cette mission de service public qui incombe pourtant habituellement aux services de l’état. Hélas, cette initiative, n’avait pas permis de placer beaucoup plus de chômeurs que l’ANPE. .

Lorsqu’ils le veulent, les pouvoirs publics peuvent financer de grands projets de sauvegarde ou de création d’emplois sans se soucier de l’avis de l’Europe : En 1984, Laurent Fabius alors premier ministre, avait donné prés de 2 milliards de francs à Bernard Arnault, repreneur du Groupe Boussac (Dior, Conforama, Peau douce, Le Bon Marché et La Belle Jardinière) en échange de la promesse de ne pas licencier les 16 000 salariés, employés surtout dans les usines textiles.

Finalement, le groupe Boussac a été démantelé et la quasi-totalité des salariés a été licenciée mais nous devons reconnaitre que le premier ministre a quand même essayé de sauver ce qu’il restait du premier groupe textile d’Europe et ses 16 000 derniers salariés.

Néanmoins, grâce à ces fonds publics, le groupe rebaptisé plus tard LVMH (Louis Vuitton, Moët Hennessy) est devenu le numéro un mondial du luxe.

L’Union Européenne ne pourrait objectivement s’opposer à notre projet.

Effectivement, elle ne peut reprocher à la France son déficit public dû principalement à son manque d’activité industrielle et à son chômage et en même temps lui interdire de produire à nouveau en France pour créer des emplois.

UNE EUROPE PEU LÉGITIME QUI AGGRAVE NOTRE DETTE

Devant la gravité extrême de la crise à laquelle nous sommes confrontés et devant l’urgence de lutter contre un taux de chômage au plus haut, un gouvernement voulant réellement sortir notre pays de l’ornière, privilégierait nos impératifs économiques au lieu de suivre avec zèle les règles de l’UE encadrant le financement public des entreprises et la création d’emploi.

En effet, la pauvreté, la précarité et l’exclusion s’installent durablement dans notre pays et la reconstruction de notre industrie est, nous semble t-il, plus urgente qu’une stricte application des règles édictées par Bruxelles.

D’autre part, rappelons-nous que nous avons refusé en 2005, le transfert de souveraineté que nous imposait le traité de Lisbonne et la légitimité du traité ratifié contre notre volonté et en catimini par les parlementaires en 2008, peut sembler très discutable dans un régime démocratique où en théorie, le peuple est souverain.

Au moment où notre économie est menacée, pourquoi devrions-nous plier à toutes les règles d’une UE en pleine déliquescence qui modifie sans cesse le traité initial sans consultation du peuple et qui se montre elle-même peu scrupuleuse : non-conformité des traités présentés à l’Irlande et au parlement français ou constitution du fonds de secours aux pays en difficulté, interdit par le traité de Lisbonne, mais qui coutera néanmoins, plusieurs dizaines de milliards d’euros aux contribuables français. L’acharnement de l’UE a fragilisé notre pays et aggravé notre dette.

RECRÉER DES EMPLOIS MAINTENANT

Notre modèle de croissance basé sur la consommation est obsolète depuis que la plupart des produits que nous consommons sont importés des pays à bas coûts et nous devons fabriquer à nouveau en France une part importante de nos biens de consommation pour résorber le chômage.

Les dirigeants des plus grandes entreprises délocalisent chaque jour un peu plus et ne veulent plus créer d’emplois en France mais 88 % des français plébiscitent le retour de notre industrie (sondage IFOP pour Usine Nouvelle, octobre 2011)

Afin de pallier à la démission des entreprises, les pouvoirs publics devraient, avant que notre industrie manufacturière des biens de consommations et son savoir-faire ne disparaissent définitivement, permettre la mise en œuvre du seul projet concret, viable et structurant pour cette industrie. En outre, les objectifs et résultats en matière d’emploi, seraient clairement visibles et identifiables.

Les gouvernements successifs, entourés d’économistes néolibéraux se sont fourvoyés pendant 35 ans en préconisant une économie entièrement fondée sur la technologie, les produits innovants et les services.

Rappelons que les récentes réussites américaines souvent citées en exemple par nos élites, ont créé peu d’emploi aux États-Unis. Les produits d’Apple, deuxième capitalisation boursière mondiale et incarnation du High-tech, n’ont créé que 43 000 emplois. Tyler Cowen, professeur d'économie à l'université George Mason, considéré comme l’un des économistes les plus influents et auteur de "La grande stagnation", doute de l’impact social de l’innovation technologique sur le sol américain : "Prenez l'omniprésent iPod, il a engendré moins de 14 000 emplois aux États-Unis. Tout Google, c'est 20 000 emplois, Twitter, 300 au plus" ou lorsqu’il évoque Facebook : " On n’a pas besoin de beaucoup de monde pour programmer Facebook.".

Qui peut toujours honnêtement prétendre après l’échec de la politique qui a ruiné la France, que l’invention de quelques produits innovants à forte valeur ajoutée souvent produits hors de France ou seulement destinés à des niches, suffirait à sauver l’économie, l’emploi, la protection sociale et le service public d’un pays de 66 millions d’habitants ?

A l’heure où les pays émergents d’hier sont devenus des pays en développement qui possèdent maintenant les technologies et les savoir-faire que nous leur avons transmis, disposent de laboratoires de recherche, forment chaque année 1.5 million d’ingénieurs, construisent des avions, des TGV et fabriquent des ordinateurs, le discours suffisant et élitiste selon lequel nous devrions fabriquer uniquement des produits à haute valeur ajoutée est aussi irréaliste que dépassé.

Qui accorde encore crédit à la rhétorique néolibérale européiste et mondialiste selon laquelle nous devrions renoncer définitivement aux industries manufacturières traditionnelles qui fournissaient des millions d’emplois industriels, indirects et induits, pour investir uniquement sur d’hypothétiques industries de demain qui n’offriraient qu’un nombre très limité d’emplois souvent très qualifiés.

Les derniers ouvriers devraient-ils aujourd’hui se résigner à disparaitre socialement avec leurs usines en attendant que l’on invente de nouveaux produits ?

Les gouvernements, de Droite ou Gauche, ont-ils, au nom du dogme du libre-échange, le droit de refuser de relancer l’industrie manufacturière traditionnelle et de laisser des millions de nos concitoyens croupir dans des banlieues et régions exsangues ?

Alors peut-être conviendrait-il, maintenant que le rêve d’une France sans usines prend fin et que chacun affirme regretter notre défunte production manufacturière des biens de consommation "made in France", de recréer tout de suite de vrais emplois disponibles immédiatement pour des personnels souvent peu qualifiés, au lieu de croire qu’une France dépourvue d’ouvriers et d’industrie, pourrait sauver son économie et conserver son modèle social.

Francis JOURNOT

Mouvement associatif RENDEZ NOUS NOTRE INDUSTRIE !

www.rendez-nous-notre-industrie.com et www.vetements-made-in-France.com sont des associations citoyennes indépendantes et sans appartenance politique. 

mercredi 15 février 2012

MES, c’est urgent !

Avec la procédure accelérée pour faire voter l’Assemblée Générale sur la ratification du traité du MES (le 21 février 2012, soit en moins d’une semaine) il n’y a guère le temps pour informer les citoyens et d’organiser des débats publics.

Les députés auront à voter pour ou contre le MES, autrement dit pour le transfer de pouvoirs vers Bruxelles ou pour le maintien de la souveraineté du pays et un frein à la folie Bruxelloise. (On peut faire tous les beaux discours que l’on veut, mais cela ne changera pas que la zone euro est beaucoup trop hétérogène pour une seule monnaie. A cause de la monnaie unique tous les pays avec de moins bonnes conditions de productivité (en gros tous les pays du Sud) finiront automatiquement endettés sans possibilités de s’en sortir. L’euro est voué à l’échec.) [Explication : http://www.courtfool.info/fr_MES_les_votes_des_deputes.htm ]

Il est plus que probable, qu’avec des discours alarmistes les députés seront mis sous une pression énorme pour ratifier le MES. D’un autre côté les députés savent aussi, qu’aux prochaines élections législatives ils auront besoin des votes des citoyens pour garder leur siège.

Ce que l’on pourrait donc faire, c’est d’établir une liste avec tous les noms des députés sur laquelle on marquerait qui a voté pour ou contre le MES. On informerait les députés dès maintenant, qu’on va établir une telle liste et que l’on la publiera où que nous pourrons pour que les citoyens apprennent comment ils auront voté. Cela aura au moins pour effet qu’ils réfléchiront deux fois avant de voter. S’il faut craindre qu’une partie des députés soient prêts à se laisser impressionner par les discours alarmistes, un appel au bon sens et à la responsabilité individuelle ne me semble pas inutile.

Qui veut participer ?

Personnellement je n’ai pas les moyens de faire une telle liste et d’informer tous les députés tout seul. Je trouve aussi, qu’une telle liste aurait plus d’effet si elle était organisée par des Français. Il y a plusieurs tâches à répartir. D’abord, qui veut et peut établir la liste des députés ? Pour que cette liste soit facile à consulter, il faudrait qu’elle comporte les noms des députés, le département et, si possible, la ville et le parti politique. Ensuite, il faudrait plein de volontaires pour recueillir les informations sur comment chaque député a voté (à moins que quelqu’un sache si une liste avec le vote de chaque député est établie lors du vote à l’Assemblée Générale et comment on pourrait l’obtenir.) Joint à la liste, on pourrait également publier les prises de position sur le MES des différents partis politiques. Là aussi il faudrait des volontaires pour envoyer des photocopies d’articles de journaux ou des liens vers des articles sur l’internet. (Les données doivent être vérifiables !) Quels sont les sites internet qui acceptent de publier cette liste au moins jusqu’aux prochaines élections législatives et de la mettre à jour régulièrement (c'est-à-dire de la copier régulièrement d’une liste mère sur mon site ou un site à définir) ? Bien entendu, nous offririons aux députés la possibilité d’indiquer eux-mêmes comment ils ont voté et de rectifier d’éventuelles erreurs. Finalement, qui est disponible et capable de prendre en main l’organisation générale d’un tel projet ?

Je viens d’ouvrir une page où les résultats pourront être publiés : http://www.courtfool.info/fr_MES_les_votes_des_deputes.htm

Envoyez-moi s.v.p. au plus tôt, si possible dès aujourd’hui, vos réactions en indiquant avec quoi vous pourriez aider.

Merci d’avance !

Rudo de Ruijter

www.courtfool.info

lundi 13 février 2012

MES, ratification accélérée en France

Par Rudo de Ruijter,
Chercheur indépendant

le 13 février 2012

Le 2 février 2012 la nouvelle version du Traité du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) a été signé par les représentants légaux (Ambassadeurs de CoRePer) des 17 pays de la zone euro. [1]

Déjà Alain Juppé à déposé une loi en procédure accélérée pour faire ratifier ce traité par l'Assemblée Nationale [2].

La séance de ratification est prévue le 21 février 2012

Fin du pouvoir suprême du parlement

Comme j'ai dénoncé dans mes articles sur le MES, ce traité met fin à la souveraineté nationale des pays membres et réduit de façon significative le pouvoir des parlements nationaux, en particulier leur pouvoir suprême, celui de décider du budget de leur pays. Le traité qui sera associé au MES réduira encore davantage les possibilités des gouvernements nationaux pour gérer leur pays et pour faire face aux problèmes.

S'engager financièrement sans connaître les conditions

Si les pays de la zone euro ratifient le traité du MES [3], ils s'engagent à contribuer financièrement. Cependant, ils ne pourront pas bénéficier des contreparties, car celles-ci seront conditionnées par un autre traité qui n'est pas encore définitif (et donc ni signé, ni ratifié.) Curieux? Oui. Cette contribution financière n'est pas qu'un petit montant. Avec les chiffres actuels il s'agirait, au démarrage, d'un montant assez comparable aux impôts sur les revenus annuels. Le montant est dû en cinq tranches annuelles. Mais il est déjà prévu, que seulement quelques jours après la ratification française, au mois de mars, les nécessités financières pour le MES seront réévaluées. Des montants plusieurs fois supérieurs ont déjà été annoncés.

Procédure accélérée, information incomplète

En raison de la procédure accélérée on a toutes les raisons de craindre que les députés n'aient pas assez de temps pour prendre connaissance de quelques informations essentielles, qu'on leur a cachées.

En particulier on peut craindre que la plupart des députés ignorent toujours,

1. que l'euro ne peut pas fonctionner dans une zone si hétérogène;

Voici la raison:

Rien n'empêche les consommateurs dans des pays à faible productivité de préférer des produits meilleurs et moins chers venant de pays à plus forte productivité. Cela entraîne un flux permanent d'euros des pays faibles vers les pays forts. Il en suit, que les pays faibles manquent en permanence d'euros et doivent emprunter toujours plus pour pouvoir disposer d'euros. (Avant l'euro, ces pays pouvaient dévaluer leur monnaie de façon à rendre les produits d'importation plus chers pour leurs habitants et rendre les produits d'exportation moins chers pour les acheteurs étrangers. Cela freinait les importations, augmentait les exportations et rétablissait la productivité du pays.)

Dans la zone euro les pays participants ont beaucoup trop de différences dans les conditions qui déterminent la productivité, comme par exemple le climat local, la situation géographique, la fertilité du sol, le volume d’eau douce disponible, la présence ou non de sources d'énergie, les distances à couvrir et les difficultés de transport. Ces conditions déterminent en grande mesure l’échec ou la réussite d’activités économiques. La Grèce, l'Italie, l'Espagne, le Portugal (pour n'en mentionner que quelques uns) ne ressembleront jamais à l'Allemagne.

En outre, la Banque Centrale Européenne ne dispose que d'un seul taux d'intérêt pour 17 économies différentes. Un changement de ce taux, dont on a toujours dit qu'il est si important pour guider l'économie, ne peut que profiter à certains pays, tandis que les autres devront en subir les conséquences. Monétairement cette zone n'est pas gérable.

2. que la méthode des "fonds de secours", qui consiste à charger plus de dettes sur des pays qui en ont déjà trop, ne rime à rien;

Les projets que les prêteurs financent ne profitent pas à la population dans les "pays bénéficiaires". Ces projets sont généralement exécutés par des entreprises étrangères, qui viennent le plus souvent avec leur propre personnel. L'argent n'entre même pas dans ces pays, mais va à ces entreprises étrangères. Et comme l'argent n'est pas dépensé dans ces pays, ces pays ne disposent pas de cet argent et donc ne pourront pas le rembourser. En fait, les pays "bénéficiaires" ne se noient que davantage dans les dettes.

3. que le MES, en tant que traité international, a priorité sur la législation nationale, ce qui veut dire, en particulier, que le parlement ne dispose pas d'un droit de véto lors des rehaussements de capital du MES;

Il convient de lire très soigneusement l'article10, qui est rédigé de telle façon qu'un ignorant peut croire que les "procédures nationales applicables" signifient un droit de véto. Cependant, même si cela était le cas, ne pas accepter les hausses du capital du MES signifierait sortir du MES, et par définition sortir de l'euro, et par définition sortir de l'Union Européenne. (Bruxelles, dans son insolence, a ficellé tous les traités ensemble pour vous faire peur de dire non. Le Général De Gaulle n'est plus là, alors qui ose?

4. que les coupes budgétaires détruisent inutilement l'économie et les acquis sociaux;

La discipline budgétaire n'a rien à voir avec une quelconque nécessité pour chaque pays pris individuellement. Aucun des pays membres de la zone euro n'avait des problèmes insurmontables au moment de son adoption de l'euro, malgré ses dépassements budgétaires et malgré ses dettes.

Dans tous les états membres le gouvernement est à la base de beaucoup d'activité économique. Les coupes budgétaires réduisent cette activité et mettent les gens au chômage. Apparemment, ces têtes du Troïka pensent que miraculeusement ces chômeurs trouveront un emploi plus productif. Au contraire, le plus prévisible sera, qu'on devra soutenir des millions de gens en détresse avec une population active de plus en plus réduite. Viendront s'y rajouter tous les expatriés des autres pays en difficulté, qui espèrent trouver un emploi - même mal payé - dans les pays réputés plus riches.

5. qu'il existe une solution saine qui rapporte gros...

Vous connaissez l'alternative, qui consiste à retourner au franc d'antan. C'est une possibilité. Comme la création de francs ne coûte quasiment rien et qu'on les échange contre tous les euros en circulation dans le pays, cela fait une jolie cagnotte d'euros. L'histoire qui dit que quitter l'euro coûte cher est archi-fausse. Il en va de même pour les histoires effrayantes que la coopération européenne s'arrêterait, si l'on quitte l'euro.

Réintroduire le franc c'est un bon pas. Mais si l'on veut éviter que les crises financières continuent à ravager notre société, il faudra aller un pas plus loin. La cause profonde de ces dérapages du monde financier, c'est la croissance démesurée et exponentielle de la masse d'argent. Elle est causée par la multiplication de l'argent par les banques privées. Les banques privées créent de l'argent sous forme d'avoirs chaque fois qu'elles émettent des prêts. Et plus elles émettent des prêts, plus elles gagnent des intérêts.

La solution est donc de créer une Banque Centrale de l'État (il ne faudra pas l'appeler BCE, mais Banque de l'État Français), qui sera seule habilitée de créer de l'argent. (C'est d'ailleurs la façon dont la majorité des gens pensent que cela fonctionne, ce qui hélas! n'est pas le cas actuellement.) Dans ce nouveau système, les banques privées actuelles n'auront plus le droit de créer de l'argent du néant et elles pourraient - si elles veulent - devenir des guichets de la Banque d'État. Elles ne recevraient plus d'intérêts, mais, à la place, un dédommagement pour leurs services. Si elles acceptent, les usagers pourraient même garder leurs comptes actuels.

Pour une explication facile, lisez l'article Des dettes d'État au franc d'État.

Parlementaires sous pression

Normalement les représentants du peuple doivent pouvoir voter librement et sans être mis sous pression. Si l'on juge les informations très subjectives et alarmistes qui leurs sont données et le peu de temps qui leur est laissé pour s'informer plus correctement, il y a un risque évident que le vote du 21 février 2012 ne respecte ni l'éthique, ni les règles démocratiques. Il en va de même pour l'absence de référendum pour connaître l'opinion du peuple sur le transfert de souveraineté vers le MES.

Et si l'on refuse le MES?

Si nos représentants refusent le MES, nous devons quitter l'euro. Va-t-on perdre des marchés? Non, au contraire, on devient plus compétitif sans les coûts démesurés de l'euro. Est-ce que cela met fin à la coopération européenne? Bien sûr que non, l'Europe ne peut pas se passer d'une forme de coopération et cela continuera, quel que soit la monnaie de ces membres.

Vive l'Europe

Si l'Europe veut être une communauté de gens qui travaillent ensemble en respectant les différences de chacun, elle ne devra plus laisser le monde financier détourner ses aspirations. Nous n'accepterons pas une dictature Bruxelloise, ni sous prétexte qu'il faut sauver l'euro, ni sous prétexte qu'il faut sauver les banques, ni sous quelque prétexte que ce soit.

Références:

[1] Texte du nouveau Traité du MES (du 2 février 2012)
http://www.european-council.europa.eu/media/582863/06-tesm2.fr12.pdf  (si pas disponible, copie ici)
video de 3'51'': http://www.youtube.com/watch?v=rFTbIGahzhU

[2]. Projet de loi d'Alain Juppé en procédure accélérée pour la ratification française du traité.
http://www.assemblee-nationale.fr/13/projets/pl4336.asp

[3] Selon l'article 48 du traité il n'y a pas besoin que tous les pays membres ratifient le traité. Il suffit que ceux qui détiennent ensemble 90% des souscriptions du capital se déclarent d'accord. Le nombre de souscriptions par pays est dans le tableau II sous le texte du traité. (Ils ont donc déjà tenu compte de l'éventualité que la Grèce et/ou un autre petit pays quitteraient l'euro ou refuserait de se rendre.)

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Cet article peut être publié librement dans des journaux, magazines ou sites web.

Contact:

L'auteur, Rudo de Ruijter, peut être contacté via courtfool@orange.nl

vendredi 10 février 2012

Attaque généralisée sur les libertés

Si les révolutions arabes pouvaient donner l'impression d'un vent de liberté dans les bastions les plus fermés des dictatures orientales, les dernières nouvelles du monde ne sont pas bonnes du tout pour les amateurs de libertés. Démonstration des changements discrets et généralisés que nous subissons.

Difficile de dire quand le mouvement a vraiment commencé, mais l'on peut considérer comme fait marquant et sorte de go dictatorial le Patriotic Act voté aux États-Unis suite au 11 septembre. Cette date a été l'occasion pour tous les dictateurs en herbe de serrer la vis de la démocratie avec une très belle excuse : lutter contre le terrorisme. Il est clair que ce n'ai qu'un prétexte, car le système Échelon, grandes oreilles des États unis sur toutes les communications de la planète était souvent justifié par un besoin de se défendre contre des attaques terroristes. Or, il se trouve que l'attaque du 11 septembre n'a pas été empêchée par les écoutes d'Échelon, bien au contraire, si ce système s'est avéré redoutable pour des missions pour lesquelles il n'était pas prévu (comme, par exemple, espionner les communications d'Airbus afin de donner l'avantage à Boing sur de juteux contrats commerciaux), il s'est révélé incapable de repérer les échanges des terroristes. Comme toujours ce genre de loi et d'outil ne protège pas le peuple d'individus malfaisants, mais les expose à toutes sortes de dérives politiques et démocratiques. Lesdits malfaisants étant très bien renseignés, ils évitent les pièges de ces systèmes et lois, ce qui n'est pas le cas du citoyen lambda.

Le cas d'école du “Patriot Act”

Ainsi, le Patriot Act est de cette veine : restreindre la liberté des Américains pour de fausses raisons de sécurité intérieures. Votée le 26 octobre 2001, à peine un mois après l'attentat du 11 septembre, ce texte de 132 pages permet aussi bien des choses en apparence inoffensives pour un citoyen américain et liées au terrorisme que de « Easter Eggs » étonnants : discrètement, le texte permet des « Sneak and peek warrant » soit des perquisitions pouvant être menées sans la présence de l'intéressé et même dans le cadre de simples délits. Il est clair que nous nous éloignons fortement de l'aspect terroriste de la loi. Cette partie du Patriot Act a été jugée, plus tard comme anticonstitutionnelle et a donné lieu a un scandale ou un innocent a été pris a tord par le FBI pour un terroriste. Le Patriot Act instaurait également des NSL, des mandats directement délivrés par le FBI sans nécessité d'un juge qui donnait accès au FBI à toutes les bases de données du territoire (fournisseurs internet, sites web, entreprises...). Le NSL interdit également l'information des personnes concernées par cet accès à des données personnelles par le FBI. Bien qu'il aurait dû être assez exceptionnel, le recours au NSL s'est très vite installé dans le volume avec 70 000 demandes par ans de 2003 à 2006. Y a-t-il autant de terroristes potentiels ? En 2003 les données acquises par le NSL sont autorisées à être stockées par le FBI lui permettant de se constituer une gigantesque base de données de la population américaine, innocente ou non. Pire, l'accès à cette base fut étendu aux gouvernements locaux, à l'état et à de mystérieuses « entités appropriées du secteur privé » ! Dénomination floue permettant tout simplement d'abolir la notion de vie privée... Plaintes et scandales suite à des abus aidant (par le FBI et le département de la Défense), le NSL fut abandonné en 2008... Toujours dans le Patriot Act, il était prévu de grandes facilités sur les écoutes téléphoniques et les accès aux fichiers personnels. Les demandes de données devaient être satisfaites par toutes les entreprises américaines même si lesdites données se situaient physiquement en Europe. Le FBI pouvait également perquisitionner, en plus des particuliers, les entreprises, les cabinets médicaux, les écoles et universités, les bibliothèques, les librairies sans recourir à un Juge. Les effets néfastes sur les libertés du Patriot Act ont été réduits grâce à des actions comme celles de l'association de défense des droits de l'homme (ACLU) et par des résistances locales (360 villes américaines ont boycotté cette loi).

Dans cet exemple, il est clair comment une mesure justifiée devient vite une mesure de contrôle de la population digne de 1984 de G. Orwell.

Le SOPA

Le Stop Online Piracy Act (H.R.3261) est une loi visant à lutter contre la violation du droit d'auteur aux États-Unis. Par cette loi un site suspecté d'enfreindre le droit d'auteur peut se voir privé de ressources publicitaires, voir ses payements PayPal supprimés, se voir déréférencé des moteurs de recherches et enfin débranché purement et simplement de l'internet. La SOPA interdit également le streaming d'oeuvres protégées (diffusion en continu de vidéo) qui deviendraient un crime. La SOPA permet de réclamer des sanctions judiciaires contre des sites situés hors des États-Unis et soupçonnés d’enfreindre ou de faciliter la violation de copyright. Pour satisfaire à ces obligations, il serait nécessaire de mettre en place des techniques d'espionnage massifs (Deep Packet Inspection, voire plus loin) rendant illusoire toute vie privée sur internet. Heureusement, si certains bénéficient de la SOPA d'autres verront leurs intérêts financiers menacés, c'est ainsi que Google, Facebook, Yahoo, eBay, AOL, Twitter, LinkedIn, Mozilla et Zynga ont cosigné une lettre ouverte contre le SOPA. L'application sauvage de la SOPA éliminerait une grande partie des logiciels libres et sonnerait le glas de l'innovation sur internet et des startups. Ainsi, une journée générale de fermeture des sites web américains a eu lieu le 18 janvier 2012 en signe de protestation contre SOPA et PIPA (voir ci-après). Ce jour-là de nombreux services prestigieux étaient indisponibles et affichaient une page de protestation. La presse aussi faisait écho de ces problèmes comme le montre cet éditorial du magazine Fortune : « une fois encore, le Congrès se contente d’adjuger les enchères de puissants lobbyistes — en l’occurrence, Hollywood et l’industrie musicale. Ce serait franchement banal si la législation proposée n’était pas si draconienne ». La bataille a déjà eu des répercussions financières : une liste des entreprises supportant la SOPA a circulé sur internet et l'hébergeur Go Daddy, partisan de cette loi a perdu son client Wikipédia et a dû affronté une campagne de boycott le forçant ne plus supporter cette loi.

La PIPA

Dans la même période que la SOPA, une autre loi similaire faisait débat : la PROTECT IP Act (PIPA, Preventing Real Online Threats to Economic Creativity and Theft of Intellectual Property Act of 2011, ou S. 968). Comme la SOPA, le but est de donner des outils au gouvernement américain et aux ayants droits pour limiter l’accès aux sites dédiés au piratage et aux contrefaçons, avec une emphase sur les sites hébergés hors des États-Unis... PIPA est donc complémentaire de SOPA.

Depuis, le Sénat américain a décidé de suspendre le projet PIPA, puis le projet SOPA dans l'attente d'un accord plus large... Tout un programme.

L'anecdotique, mais terrifiant UEFI

L'Unified Extensible Firmware Interface est une simple norme définissant le successeur du BIOS (logiciel qui démarre votre ordinateur avant de passer la main à Windows ou Linux). Jusque-là rien d'extraordinaire. Pourtant, l'UEFI permet de protéger les systèmes d'exploitation installés sur la machine par l'usage de signatures numériques certifiant le système d'exploitation. Un système non autorisé (non signé) serait interdit de démarrage. Problème : Linux n'est pas signé et pourrait tout simplement disparaitre des PC de demain supportant l'UEFI ! Mais surtout le système pourrait éliminer tous les logiciels gratuits du monde, non signés ils ne pourront pas fonctionner ! Nous pouvons aller plus loin : imaginez que vous écriviez un texte déplaisant pour un gouvernement ou une grande entreprise. Une fois publié sur internet, le texte pourrait se voir instantanément interdit sur tous les ordinateurs de la planète par la simple inscription du fichier sur une liste noire ! L'outil idéal des dictatures et des grandes entreprises.

Google, Twitter, Skype et leurs impacts sur les autres pays

Depuis de nombreux autres exemples américains sont à déplorer. L'affaire Wikileak et tous les ennuis étranges de son non moins étrange dirigeant. Comme les accusations de viols arrivent au bon moment... Comme son extradition vers les États-Unis est proche... Que penser également de l'assaut militaire sur le patron de MegaUpload ? Pourquoi ne pas utiliser des moyens judiciaires plus normaux ? Et cela soulève toujours la même question : un fournisseur d'accès est-il responsable de l'usage fait par ses utilisateurs ? Accuse-t-on le fabricant du couteau lors d'un meurtre ? MegaUpload supprimait-il rapidement les contenus illicites lorsqu'on les lui signalait ? Si c'était le cas que reproche-t-on à ce service ?

Autres exemples récents : ces dérives ne concernent pas que le FBI, le département de la Défense et le gouvernement, mais également les entreprises privées. Nous ne parlerons pas des nombreuses dérives et provocations du réseau social Facebook, mais un fait récent est tout de même « frappant ». Google a discrètement annoncé que les requêtes d'accès aux blogs hébergés par l'entreprise seraient redirigées vers des serveurs locaux. Cette phrase anodine révèle en fait que cette mesure technique permettra à Google une plus grande coopération avec les pays tiers. En clair : le respect des souhaits de censure de chaque pays sera respecté, quels qu'ils soient. Si Google s'était fait remarqué à l'origine par sa résistance à la censure Chinoise, résistance qui li avait valu un exil à Hong Kong, le mot d'ordre de Google a bien changé depuis cette époque, l'heure étant à la coopération avec les gouvernements. Ainsi, en France, jusqu'à présent Google présentait les statistiques des requêtes en accès aux données personnelles ou aux demandes de retrait su gouvernement (mauvais chiffres en forte hausse dans le cas de la France), nous sommes en droit de nous demander si cette transparence va continuer. Pourquoi un tel retournement ? Les raisons sont surement complexes, mais la principale étant surement d'ordre financière. En s'inscrivant dans les lignes politiques et législatives des pays, Google est en mesure d'attendre, moins de représailles, une plus grande ouverture aux marchés internes de ce pays et donc un bond dans ses résultats financiers. Google un fait isolé ? Pas du tout ! Skype propose également un filtrage des communications suivant le pays d'usage du logiciel. Ainsi en Chine, les conversations mentionnant le Dalai-Lama sont censurées. Twitter suit exactement le même chemin. Raison officielle : Se mettre en conformité avec les lois locales. La vérité est que les filtrages parfois complets de ces services par certains gouvernements ont représenté un manque à gagner flagrant. Au diable la démocratie et vive le bizness, cela en dit long sur l'éthique associée. Il est probable que lorsque le grand public s'en rendra compte (parfois trop tard), l'image de marque et la sympathie envers la marque seront fortement écornées, mais en attendant faisons du bizness. Triste, lorsque l'on sait le rôle que certaines de ces technologies ont eu lors des révolutions arabes. Il est probable qu'elles joueront, à l'avenir, un rôle inverse... Plus une technologie se démocratise, plus les censeurs veulent la contrôler.

La France n'est pas à la traine sur le sujet...

Tout cela n'est qu'un délire américain me direz-vous ? Pas tout à fait puisque les nouvelles politiques de Google, Twitter, Skype et consorts impactent fortement tous les autres pays, y compris le nôtre. De plus, comme nous le verrons, la France n'est pas en reste sur le sujet. Depuis l'élection de Sarkozy, un vent liberticide a soufflé. Il y a eu la trop méconnue loi Loppsi puis la Loppsi II, l'Hadopi et l'Hadopi II.

Loppsi et Loppsi 2

Grâce à ces lois, les officiers de police judiciaire avec autorisation d'un magistrat peuvent accéder directement à des fichiers informatiques à distance par voie télématique/informatique et y prendre les informations qu'ils désirent. De plus la rassembler les fichiers de données existants (STIC, fichiers de police, JUDEX, gendarmerie) au sein d'une même base appelée ARIANE permettant de croiser les informations sur un individu.

LOPPSI 2 va beaucoup plus loin : Création du logiciel Péricles permettant de faciliter l'accès aux bases de données réunies. Elle prévoit l'extension des droits des policiers municipaux, elle facilite l'usage de caméra vidéo sur la voie publique et autorise la police à installer des logiciels-espions discrètement sur les ordinateurs des citoyens ! Elle permet la surveillance des informations circulant sur internet et la conservation durant une année de données liées à l'usage d'internet : adresses IP (signature d'un internaute), pseudonymes, matériels utilisés, coordonnées, logins et mots de passe et tout autre identifiant ! Cette loi se rapporte de la tentative chinoise d'installer en standard des logiciels espions sur le PC chinois (tentative annulée vu le tollé en Chine).

Enfin, la France s'est tristement illustrée en Libye, officiellement nous aidions les opposants à vaincre un régime totalitaire (noble position!) et officieusement (mais indirectement) nous étions les fournisseurs de logiciel d'espionnage redoutable des opposants libyens : avec les logiciels de Deep Packet Inspection qui retrace tous les échanges quelque soit leur format (mail, chat, site web, recherches sur internet...), leur fréquence et leur date afin d'espionner automatiquement et de manière exhaustive et homogène de tous les citoyens d'un pays, on parle alors de « surveillance massive ». Par la fourniture de ces logiciels, nous aidions indirectement ce régime dictatorial à identifier et surveiller ses opposants afin de les arrêter ! Bien sûr ce que nous disions sur MegaUpload est aussi valable pour AMESYS, l'entreprise n'est pas responsable de ce qu'en font ses clients. En revanche, la vente de logiciel aussi sensible, considéré comme une arme, implique forcément une autorisation de vente au plus haut niveau de l'état. Le fait est que le logiciel a été vendu en Lybie et qu'il a donc reçu toutes les autorisations de ventes nécessaires. C'est là qu'intervient la responsabilité de la France dans cette affaire. Il est étonnant de constater que la France est un des leadeurs de cette technologie DPI via la filiale de Bull nommée AMESYS, considéré comme une arme de guerre électronique. Ce marché est évalué à 5 milliards de dollars et a débuté en 2001 (encore...). La presse révèlera que le logiciel, vendu à de nombreux pays, dont des dictatures notoires, a permis de surveiller de nombreuses personne et entités (poètes, journalistes, écrivains, historiens, intellectuels, ONG, des groupes de communication comme Al Jazeera ou la banque de Ben Ali...) et que le logiciel est également utilisé en France pour la surveillance quotidienne des Français !

Hadopi 1 et 2

Dans la même veine, l'Hadopi était contestable puisqu'il se basait sur des données non fiables (adresse IP) pour incriminer tel ou tel citoyen de téléchargement illégal. Principal visé : le moyen de téléchargement peer to peer qui fut, du coup, délaissé pour d'autres technologies non traitées par l'Hadopi (streaming, direct download...). Depuis l'annonce de l'Hadopi 2, nous savons que les prochaines cibles ne seront plus seulement la technologie "peer to peer" mais toutes les autres. Cela n'avait pas encore été fait non pas par négligence, mais parce que c'était plus difficile à tracer. Or avec la technologie DPI que nous avons évoquée ci-dessus, c'est un jeu d'enfant. Aussi, la mise en place de l'Hadopi 2 signifie officiellement l'usage massif du DPI en France, et ce, avec toutes les dérives que permet une technologie aussi puissante. Les premières victimes ne seront pas celles que l'on croit, ce sera ceux qui ne savent pas se protéger, ceux qui ne sont pas spécialistes soit, nous tous. Les dérives existent, aux USA, mais aussi en France (écoute téléphonique illégale), soyez certains braves gens que cette nouvelle technologie (et toutes les autres évoquées ici et ailleurs) se retournera contre d'honnêtes citoyens un jour, ce n'est qu'une question de temps.

Loi du Secret des Affaires

Après des années de négociations parlementaires menées par le député UMP Bernard Carayon, l’Assemblée nationale a adopté, lundi 23 janvier 2012, un texte qui sanctionne la violation du secret des affaires comme un délit.

Problème, le texte est suffisamment flou pour empêcher toute révélation de scandales futurs : « Sont qualifiées d'informations à caractère économique protégées, les informations ne constituant pas des connaissances générales librement accessibles par le public, ayant, directement ou indirectement, une valeur économique pour l'entreprise, et pour la protection desquelles leur détenteur légitime a mis en œuvre des mesures substantielles conformes aux lois et usages, en vue de les tenir secrètes. ». La révélation d'une fraude financière, sociale, fiscale, écologique constituerait une révélation d'information non "librement accessibles par le public" et "ayant, directement ou indirectement, une valeur économique" ! Cette loi du secret des affaires est une protection contre la divulgation de magouilles. Il est légitime de se demander si le laboratoire Servier aurait-il pu utiliser un tel dispositif juridique pour empêcher ou sanctionner les fuites sur le Mediator ? Idem pour les scandales PIP et de l'amiante. Une loi anti-Wikileak et anti-lanceurs d'alertes en quelque sorte... Pas sûr que la démocratie en sortira plus grande, mais il est certain que de futures catastrophes sanitaires seront systématiquement payées par les contribuables...

Le fichier des gens honnêtes

La semaine dernière, l’Assemblée Nationale à adopté la proposition de loi « relative à la protection de l’identité » : il s’agit de la création d’un fichier national qui regrouperait les données biométriques de tous les citoyens français. Le fichage par cette loi est global et on ne peut s’empêcher de penser au Nazisme et à toutes les dérives possible. De plus le fichier, comme n’importe quel autre fichier, peut être piraté. La biométrie n’est pas une science parfaitement exacte même si l’on essaye de nous le faire croire, il y a toujours quelques pourcent d’erreur possible.  La proposition de loi émane du GIXEL qui est le groupement français des industries de composants et de systèmes électroniques. Encore l’intérêt particulier qui prévaut sur l’intérêt général…

En Europe : Le secret ACTA

Passé dans un silence organisé par ses défenseurs, le Anti-Counterfeiting Trade Agreement a été signé par l'EU le 26 janvier 2012. Le rapporteur du projet au Parlement européen, Kader Arif, a démissionné le même jour traitant l’ensemble du processus ayant abouti à la ratification de l’accord définitif de "mascarade". Il fit part des menaces que ce texte fait peser sur la société civile, de la surdité aux revendications du Parlement européen concernant les atteintes aux droits individuels, ainsi que de manœuvres pour que le traité soit adopté avant que l’opinion publique ne soit alertée. L'absence de transparence dans les négociations avait fait débat. Remarquez bien qu'en France la presse n'en a pratiquement pas parlé. Wikileak avait averti de ce projet dès 2008, est-ce aussi pour cela qu'on s'est acharné sur cette organisation ?

De quoi s'agit-il ? Officiellement l'ACTA vise les pays émergents comme la Chine, la Russie et le Brésil qui ne respectent pas le droit d'auteur et son une source de contrefaçon importante. Sur le principe l'ACTA permet l'obtention de toute information détenue par une personne ou une organisation sur une potentielle violation du droit d'auteur. Précisément : les autorités compétentes auront le pouvoir d’ordonner aux fournisseurs d'accès à internet qu’ils livrent aux ayants droit l’identité de leurs abonnés suspectés de piratage. Les fournisseurs d'accès seraient également tenus de surveiller leur réseau afin de prévenir de tout trafic de contrefaçon. Ils seraient alors ramenés à de super gendarmes surveillant toutes les communications de leurs clients. L'ACTA prévois également l'interdiction de protéger ses communications par exemple par un chiffrage. Or nous savons bien que dans les pays totalitaires, le chiffrage des communications est la seule échappatoire pour les dissidents... Pire, l'ACTA impose des mesures susceptibles de bloquer la circulation de médicaments génériques au nom de la lutte contre la contrefaçon ! Une tendance déjà en place : en février 2009 des médicaments contre le sida achetés par Unitaid furent bloqués pendant un mois par les autorités douanières d’Amsterdam. Avec ACTA, ces mésaventures seront légendes et plus graves. L'ACTA prévoie également l’obligation de sanctionner le contournement des protections numériques (DRM) ou la mise sur le marché (gratuite ou payante) d’appareils/logiciels permettant ce contournement : il s'agit tout simplement de la fin de la copie privée ! Transformer un CD en MP3 pour l'utiliser dans son baladeur ou son autoradio devient un acte de contrefaçon !

Il ne fait absolument aucun doute que l'ACTA est demandé par les mêmes entreprises que les lois SOPA et PIPA américaines. Les conséquences pour l'innovation et la liberté d'expression seront les mêmes et aboutissent aux mêmes solutions d'espionnage massif de l'internet.

Conclusion

Patriot Act, PIPA, SOPA, UEFI, ACTA, HADOPI, LOPPSI I & II, DPI, Secrets d'Affaires, loi relative à la protection de l’identité et bien d'autres dont nous n'avons pas parlés ici ne sont pas un hasard. Certes c'est le résultat de lobbys puissants et généreux vis-à-vis des politiques, mais pas uniquement. Il est bien difficile de ne voir, dans ces attaques très bien coordonnées, qu'une simple volonté de protéger les ayants droits. Le marteau-piqueur est trop gros pour écraser une si petite noisette. À vous de vous faire une opinion, mais pour moi cela ne fait aucun doute : la démocratie est largement attaquée en occident.

Comme souvent, les luttes contre une minorité provoquent au mieux des privations ou au pire des abus pour tous les autres. Cette idée du risque zéro est ridicule, car elle est impossible (nous l'avons vu, la technologie n'a pas empêché le 11 septembre et n'en empêchera pas un autre), il est même difficile de dire que grâce à elle le risque est diminué et de combien. En revanche pour le citoyen lambda, elle est source de tous les risques, de tous les abus et symbolise le chemin discret, mais bien réel que prennent nos démocraties : le totalitarisme. Il est difficile ou impossible de supprimer une dictature (regardez les problèmes actuels des pays du printemps arabe), mais maintenir une démocratie est encore plus difficile. Il y a toujours un groupe d'hommes qui ont du pouvoir et de l’argent et qui en veulent inéluctablement beaucoup plus. Le pouvoir pour la gloire, le pouvoir pour le garder, le pouvoir pour gagner plus d'argent. Oui, ce qui est pénible avec les vraies démocraties c'est que les scandales se savent un jour ou l'autre et qu'elles sont de vraies empêcheuses de magouiller en rond... Corrigeons cela ! (Sic !)

PS: La liste complète des attaques en France contre la liberté est trop grande pour être évoquée ici mais nous pouvons tout de même noter également (merci à Sylvie ARCHAMBAULT):

- Août 2007 : loi sur les peines plancher
- Février 2008 : loi sur la rétention de sureté
- Septembre 2008 : fichier Edvige
- Octobre 2008 : fichier base élèves
- Décembre 2008 : Le fichier ELOI
- Juin 2009 : décret anti-cagoules
- Novembre 2009 : création des milices "citoyennes"
- septembre 2011 : Compteur Linky EDF obligatoire
- Janvier 2012 : fichier des « gens honnêtes » voté à l'assemblée

Et ne parlons pas de l'affaire Tarnac montée de toutes pièces, de la multiplication des caméras de video surveillance, du record historique d'entassement dans nos prisons, des manifestations dispersées avec violence, des fadettes, des cambriolages chez les journalistes et le politiciens. "C'était encore possible de résister mais ils n'ont rien fait"dit Serge Portelli dans ce magnifique plaidoyer pour notre liberté : Paroles de Résistance

mardi 7 février 2012

«Un salarié allemand coûte plus cher qu'un français», estime l'économiste Philippe Askenazy

A lire sur 20minutes.fr:

ECONOMIE - Il répond aux questions de 20minutes.fr sur les différences de coût du travail...

La France est moins compétitive que l’Allemagne car le coût du travail y est plus élevé. C’est en substance l’une des conclusions du rapport de l'institut Coe-Rexecode, remis ce jeudi au ministre de l'Industrie, Eric Besson.

Directeur de recherche au CNRS, l’économiste Philippe Askénazy* explique à 20minutes.fr pourquoi la question est, selon lui, mal posée.

La compétitivité entre la France et l’Allemagne est-elle liée à un coût du travail plus élevé?

Il y a un différentiel de compétitivité entre les deux pays: l’économie allemande a réussi à être très exportatrice contrairement à l’industrie française.

Lié à la position du Medef, il n’est pas étonnant que l’institut Ceo-Rexecode explique cet écart par le coût du travail. Mais dans les faits, un salarié allemand coûte aujourd’hui plus cher qu’un salarié français.

Pourquoi les chiffres du rapport affirment-ils le contraire?

Ces chiffres proviennent de l’enquête Ecmoss sur le coût de la main d'œuvre et la structure des salaires en Europe. Cet outil d’analyse n’est cependant pas pertinent pour la France: il ne prend pas en compte la spécificité des 35 heures.

Quand un Allemand a marqué «40 heures» sur sa fiche de paie, il travaille effectivement 40 heures environ. Un cadre français au forfait, officiellement à 35 heures, va dans les faits travailler 45 heures. Et Ecmoss ne tient pas compte de ces «heures annuelles effectives».

Pourquoi y-a-t-il autant de différences sur le coût du travail entre les études statistiques?

Les enquêtes ne prennent jamais en compte les mêmes critères. Sur la tendance, je suis cependant d’accord avec le rapport: depuis 2000, le coût du travail a plus augmenté dans notre pays qu’en Allemagne. Mais c’est l’économie allemande qui est une anomalie, non la France!

L’Allemagne a fait un effort particulier pour réduire son coût du travail, contrairement à la France, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Les salaires ont été gelés et la TVA sociale créée. De l’autre côté, les entreprises allemandes ont beaucoup augmenté leur productivité.

Un salarié allemand coûte-t-il donc moins cher qu’un salarié français?

Si l’on se base sur les comptes nationaux, qui agrègent un maximum de critères, notamment la productivité, le coût du travail est plus élevé en Allemagne qu’en France. Et la raison est simple: les salariés allemands sont mieux payés.

Est-ce pertinent de lier le débat sur la compétitivité en France au coût du travail?

La question est mal posée. Une économie avec un coût du travail élevé mais des entreprises innovantes sera toujours plus compétitive que l’inverse.

L‘Allemagne s’en sort mieux car, contrairement à la France, elle a beaucoup investi dans l’innovation et s’est spécialisée sur des secteurs en croissance.

Pour combler ce différentiel, la France a donc deux solutions. Elle peut soit continuer à se développer dans des secteurs peu productifs et baisser son coût du travail, soit rendre ses entreprises plus innovantes et donc plus productives. C’est un choix politique.

Propos recueillis par Elsa Meyer

jeudi 12 janvier 2012

Quand les Sarkozy concilient intérêt et austérité

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La fin du textile

L’exemple du textile, secteur emblématique du phénomène de délocalisation, est révélateur de la proximité entre certaines entreprises, organisations professionnelles, patronales et pouvoir politique. Les premières délocalisations du textile habillement ont débuté il y a plus de 30 ans mais la chute du secteur s’est précipitée au cours des dix dernières années.

En 2002, Guillaume Sarkozy, fervent partisan des délocalisations, Président de l’UIT (Union des industries textiles), Vice-président du MEDEF et dont le frère, Nicolas Sarkozy occupait alors le poste de ministre de l’Economie, déclarait "Je suis fier d’être un patron industriel qui délocalise, assez de faux semblants : la perte d’emploi, la déstabilisation industrielle, c’est normal, c’est l’évolution" (L’expansion 28/11/02).

Conflits d’intérêts

Apres avoir coulé l’industrie textile française et déposé de bilan de son entreprise en 2006, Guillaume Sarkozy, devient Président du conseil d’administration ainsi que Directeur général du groupe Malakoff-Médéric fusionné en juin 2008, et bénéficie 6 mois plus tard, à la faveur de la mise en place du dispositif "mutuelle obligatoire employeur ", des souscriptions des contrats d’assurance des 50 000 employés de Pôle emploi et des 120 000 employés de la Sécurité sociale.

En juillet 2009, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, le taux de TVA de la restauration était réduit de 19.6 % à 5.5 %, offrant ainsi un cadeau annuel de 2.4 milliards d’euros aux CHR (cafés hôtels restaurants).

Encore fort opportunément, 18 mois plus tard, c’était justement le groupe d’assurance dirigé par Guillaume Sarkozy, qui remportait le marché des CHR et engrange 800 000 contrats d’assurance.

En octobre 2010, le député André Guérin (PCF) brocardait le projet de partenariat contre nature de Malakoff-Médéric avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP assurances), 1er assureur de personnes en France mais également filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), "Groupe public au service de l’intérêt général et du développement économique".

Guillaume Sarkozy, frère ainé du président de la république, devait assurer la fonction de Président du conseil de surveillance de ce nouveau fonds d’investissement spécialisé dans la retraite par capitalisation et fondé à capter une part importante d’une épargne évaluée, selon le Conseil d’orientation sur les retraites, entre 40 à 110 milliards d’euros en 2020.

Le projet a été rejeté par l’Autorité de contrôle prudentiel, mais le 17 décembre 2010, Guillaume Sarkozy affirmait aux salariés de Malakoff-Médéric, que le projet de coentreprise pourrait être de nouveau présenté en juin 2012 pour un lancement au 1er janvier 2013.

Depuis plusieurs années, Nicolas Sarkozy prépare les français à une diminution de leur prise en charge par les régimes de retraites par répartition au bénéfice de l’assurance retraite par capitalisation. Gageons que le groupe dirigé par Guillaume Sarkozy sera le principal bénéficiaire de cette politique de fossoyage de l’assurance retraite et maladie, menée aujourd’hui au nom de l’austérité.

Francis JOURNOT

Mouvement associatif RENDEZ NOUS NOTRE INDUSTRIE !

www.rendez-nous-notre-industrie.com et www.vetements-made-in-france.com sont des associations citoyennes indépendantes et sans appartenance politique.

jeudi 15 décembre 2011

Sarkozy: Pourquoi prône-t-il le fabriquer français mais pas d’acheter Français ?

Hier, au journal de 20 heures de France 2, un sujet révèle que l’état, les collectivités locales et les entreprises publiques sont les derniers de la classe en ce qui concerne l’achat de produits français. Ceci nous amènera a nous demander pourquoi Nicolas Sarkozy parle de fabriquer en France, mais pas d’acheter Français.

L’état est présenté comme le dernier élève du patriotisme industriel Français :

  • La Poste vient d’acheter 3000 scooteurs Taiwanais au lieu des Motobécane et Peugeot qu’elle achetait auparavant.
  • La Carte Vitale sera maintenant fabriquée en Inde au lieu de la Dordogne (300 000 euros par an qui quitteront les emplois français)
  • L’Armée achète déjà sa garde-robe en Europe de l’Est, parfois au Maghreb ou au Sri Lanka
  • La Police : ne roule plus depuis longtemps en Citroën, mais en Ford ou en Subaru. Depuis 2004 le pistolet officiel de la Police est un Sig Sauer (d’origine germano-suisse) au lieu de l’Alsacien Manurhin basé à Mulhouse. L’entreprise a dû se reconvertir dans la fabrication de munitions et se séparer de la moitié de ses effectifs…
  • Les Pompiers n’achètent plus de véhicule français depuis longtemps, mais des Fiat par exemple.

Pourtant, l’état, s’il doit veiller au meilleur usage des fonds publics, doit surtout respecter la législation européenne qui impose aux pays européens de passer des appels d’offres. C’est donc toujours le moins cher qui gagne même s’il est étranger. Le problème est que l’abandon d’un fournisseur national implique des couts cachés : perte de savoir-faire, licenciements, couts d’assurance chômage, manque à gagner pour les impôts, … Le bilan pour l’état (et pour la France) n’est donc pas si simple que cela.

Encore une fois, les lois européennes ont été taillées sur mesure pour un capitalisme ultralibéral qui non seulement ne tiens plus compte du bienêtre de tous, mais ignore même les lois les plus basiques de l’économie. Voilà comment, pour le respect du dieu ultralibéral, nous sacrifions chaque jour nos emplois.

Yves Jégo interrogé sur cette aberration est gêné : pour lui cette situation justifie pleinement la mission que lui a confiée le gouvernement il y a deux ans. Pourtant, en deux ans justement, on ne peut pas dire qu’il a été très productif : un rapport et un label regroupant… 15 marques françaises seulement ! Comme je le faisais remarqué dans un précédent article, le label est certifié par le bureau Véritas et coute 3000 euros, une grosse somme pour nos PME.

D’après Yves Jégo nos entreprises profitent aussi des appels d’offres étrangers et donc il ne faut pas tomber dans le patriotisme et c’est pourquoi Nicolas Sarkozy incite à fabriquer en France, mais pas à acheter français ! Nous pouvons tout de même nous demander s’il croit vraiment à ce qu’il dit. Nous voyons bien que lorsque l’on ne vend plus dans son propre pays, il est très difficile de vendre à l’étranger pour les mêmes raisons ! D'ailleurs, la balance commerciale étrangère témoigne de cette idée fumeuse : elle est de plus en plus déficitaire.

Cette histoire inventée par le gouvernement qu’il ne faut pas forcément acheter en France, mais faire fabriquer en France est non seulement ridicule, mais suspecte. Ridicule, car il ne suffit pas de claquer des doigts pour que les usines reviennent surtout si personne en France n’achète français ! Suspecte, car il est légitime de se demander d’où sort cette idée saugrenue et pourquoi malgré son ridicule évident elle nous est tout de même proposée ? Est-ce pour couper l’herbe sous le pied du FN et d’une manière générale de tous ceux qui prônent l’achat français ? Est-ce pour dépoussiérer l’idée du Made In France et paraitre moderne ? Est-ce parce que les amis du président sont au CAC40 et n’ont donc pas du tout intérêt à ce que l’on achète français, car cela fait des années qu’ils ont délocalisé ?

La suite du sujet est taillée sur mesure pour faire plaisir au gouvernement : il s’agit d’un long reportage sur le vin français qui s’exporte en masse à l’étranger et en particulier en Chine. L’année prochaine ce secteur rapportera10 milliards d’euros. Voilà bien un des rares secteurs avec le luxe qui s’exporte bien. Mais aussi juteux que soient ces domaines, cela ne change rien au fait de la balance commerciale est largement déficitaire !

Le journal continue sur la polémique du jour qualifiée « d’explosive » (sic !) lancée par le gouvernement : la notation des professeurs non plus par des inspecteurs de l’éducation nationale, mais par les chefs d’établissement eux-même. C’est la nouvelle ânerie du gouvernement, bien pratique pour faire oublier la crise et les licenciements boursiers aux Français tout en supprimant en douce le métier d’inspecteurs…

mercredi 14 décembre 2011

Made in “pipo”

Le gouvernement et Nicolas Sarkozy se sent soudain concerné par le made in France, mais ce n’est qu’une nième stratégie pour retrouver de la crédibilité en vue des élections de 2012. Démonstration.

 

Devinant le marasme qui attendait la France, le Blog Economique Et Social proposait en janvier 2010 la création d’un marquage obligatoire des produits vendus en France afin d’indiquer précisément le pourcentage de conception française (recherche et développement), le pourcentage d’assemblage en France et enfin le pourcentage d’emballage en France. Ce n’était qu’une idée modeste et perfectible, mais certainement visionnaire, car a cette période si les difficultés étaient plus ou moins prévisibles, personne n’en parlait. Bien évidemment, l’idée n’était pas neuve, loin de là. Mais jamais à ce moment précis de 2010, nous n’avions eu autant besoin de ce label aussi imparfait soit-il. En même temps, cette tâche est devenue de plus en plus complexe : que veut vraiment dire un « made in » en 2010 ? Exemple : Les Echos ont révélé que dans une voiture fabriquée en france, il y a 36 % de composants étrangers ! Bien que complexe, le marquage n’en est pas moins indispensable et néanmoins faisable.

Label indispensable, évidemment ? En mai 2010 paraissait l’intéressant rapport “En finir avec la mondialisation anonyme” d’Yves Jégo. En mars 2010, Nicolas Sarkozy semble prendre le problème en compte : il s'engage à accroître de 25% la production industrielle française, en mettant notamment en œuvre une politique de filières, qui a fait le succès du modèle allemand. Pourtant, il faut attendre juillet 2010 pour que le gouvernement lance l’idée puis finalement annonce en fanfare en septembre 2010 la création de l’observatoire du made in France. Le gouvernement aurait-il lu le Blog Economique Et Social (sic !) ? Objectif ? Composé de trois indicateurs, il permettra de suivre l'évolution de la production industrielle réalisée en France, et notamment la part de composants français qu'elle utilise. «Fabriquer en France, ce n'est pas assembler en France des composants importés de l'étranger à bas coûts», indique Christian Estrosi. La publication annuelle des indicateurs devait permettre de suivre le redressement du secteur. Dans la foulée, Christian Estrosi annonce également la création d'un label «marque France». Ouf !

Nous sommes en décembre 2011 et quel est le bilan de tout cela ? Le bilan, comme nous pouvions nous en douter est catastrophique. Ce fut principalement un effet d’annonce, comme d'habitude, et les 25% d’accroissement de la production industrielle française auquel s’était engagé Nicolas Sarkozy se sont transformé en une hécatombe dont nous n’avons même pas les chiffres. L’observatoire du made in France ? Il n’a jamais publié ses indicateurs englués dans « Une mission administrative [qui] travaille actuellement, en lien avec Yves Jégo, sur l'élaboration de textes législatifs et règlementaires sur la transparence et la traçabilité ». Mêmes fausses promesses que la notation des ministres immédiatement enterrée. Le label Made in France ? Il a été péniblement créé sans grande conviction. Nous n’avons toujours pas de marquage obligatoire sur les produits, pire, une petite PME qui voudrait utiliser ce label doit payer 3000€ au bureau Veritas pour certifier qu’elle mérite le label, tarif inaccessible et investissement important pour un retour sur investissement inconnu. Encore une fois, les PME ont été sacrifiées…

Enfin, rappelons l’annonce de la disponibilité d’une offre d’une tablette tactile à 1 € par jour pour les étudiants avec abonnement données 3G compris qui, en fait, était une subvention pour Apple et Samsung, oubliant le constructeur de tablette français, Archos, comme le signalait le Blog Economique Et Social en octobre. Pire, sous le feu des critiques, le ministre dénigre le fabricant français laissant entendre que ses produits n’étaient pas au point techniquement… « Si Archos est prête à proposer une offre, on l'étudiera. Mais je suis là pour les étudiants, ma priorité est qu'ils soient équipés de matériel au meilleur prix, je ne suis pas là pour faire le VRP des constructeurs » persiffle Laurent Wauquiez, tout est dit ! Voilà comment le gouvernement s’occupe de l’industrie française : elle ne la consulte même pas et la dénigre en public…

Alors, lorsque cette semaine, le gouvernement et Nicolas Sarkozy, nous reparle du made in France (« Notre politique, c'est d'encourager les entreprises à produire en France, qu'elles soient françaises ou étrangères »), je ne peux que hurler à la grossière manipulation politique. Si le gouvernement, et la droite en général, s’occupait de l’industrie française, cela se saurait depuis dix ans qu’ils sont au pouvoir, d’ailleurs, le résultat, nous le voyons tous…

mardi 13 décembre 2011

Rendez-nous notre industrie !

Rendez-nous notre industrie pour recréer les millions d’emplois que vous avez détruits, sauver nos régimes de protection sociale, réduire notre déficit public et nous soustraire de l’emprise des marchés financiers.

Photo Elysée

La trahison de nos dirigeants

Parmi tous les pays d’Europe, la France est le pays qui s’est le plus vite désindustrialisé car depuis 35 ans, nos gouvernements successifs ont volontairement détruit l’industrie française par allégeance économique au dogme néolibéral du libre-échange et pour servir les  intérêts de grands groupes.

La délocalisation de l’industrie n’est pas une fatalité et plusieurs articles du traité de fonctionnement de l’Union Européenne dont les articles 32 et 63 du TFUE, encouragent la désindustrialisation de la France.

L’article 32 préconise plus d’échanges commerciaux et de compétitivité et, conformément à cette recommandation, les entreprises ont pu délocaliser leur production dans les pays à bas coûts avec la bénédiction de l’Europe et de l’Etat français. L’article 63 interdit les restrictions de capitaux et de paiements entre les pays membres mais aussi les pays tiers comme la Chine ou l’Inde. En libérant les mouvements de capitaux à destination et en provenance de la Chine ou de l’Inde, l’Union Européenne a largement contribué au démembrement de l’industrie française, à l’augmentation de la dette publique de la France et au déclin de notre pays.

Nos dirigeants nous ont contraints à obéir aux directives européennes sans tenir compte de notre rejet du traité de Lisbonne lors du referendum de 2005. Ils sont aujourd’hui responsables de notre appauvrissement et de notre endettement.

Nicolas Sarkozy nous trahis une fois de plus, en voulant maintenant brader notre indépendance à la Chine et en nous imposant plus de soumission à une politique Européenne qui ruine de plus en plus de travailleurs mais enrichi toujours davantage les financiers et les grands groupes.

En endettant et en désindustrialisant la France plus rapidement qu’aucun chef d’état ne l’avait fait avant lui, Nicolas Sarkozy nous livre pieds et mains liés au pouvoir de la finance et au bon vouloir des pays émergents.

Il est probable que la France soit aujourd’hui plus en danger de perdre son indépendance qu’elle ne l’a jamais été au cours de son histoire et peut-être conviendra t-il de juger un jour  nos dirigeants pour leurs infractions politiques, lourdes de conséquences pour l’avenir de notre pays.

Francis JOURNOT

Mouvement associatif  RENDEZ-NOUS NOTRE INDUSTRIE !

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mercredi 7 décembre 2011

Nouveau traité européen : l’arme atomique pour détruire les avantages sociaux

La passion soudaine de Nicolas Sarkozy pour le respect et la mise en place d’une règle d’or via un nouveau traité européen est pour le moins surprenante surtout étant donné qu’il été largement participé à l’aggravation des déficits. Comme nous le verrons ce n’est pas innocent et correspond au premier coup de pioche d’une longue série dans les avantages sociaux européens.

Lundi 5 décembre 2011, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont annoncé vouloir un « nouveau traité » de l'Union européenne à 27 ou à 17. Le point saillant de ce nouveau traité sera la mise en place de « sanctions automatiques en cas de non-respect de la règle du déficit inférieur à 3% » du produit intérieur brut (PIB) ». Afin d’éviter que le déficit ne soit caché, Nicolas Sarkozy indique la nécessité de l'instauration d'une « règle d'or renforcée et harmonisée au niveau européenne », afin que les cours constitutionnelles de chaque pays puissent vérifier que les budgets vont « vers le retour à l'équilibre ».  La Cour de justice européenne devra dire si « les règles d'or nationales correspondent à un vrai engagement de retour à l'équilibre budgétaire », a affirmé la chancelière allemande, approuvée par Nicolas Sarkozy.

Etonnante mesure…

Cette déclaration est étonnante à plus d’un titre, comme nous allons le détailler :

  • La crise actuelle est mondiale et certainement pas limitée à 17 ou même 27 pays européens, cette proposition ne pourrait répondre qu’à une toute petite partie du problème actuel
  • La crise actuelle en Europe n’est pas limitée à la question des déficits. Ainsi, la proposition ne règle pas des sujets important comme le chômage, les délocalisations, la définition d’une stratégie économique claire et de long terme, le traitement des dérives de la finance, etc…
  • L’intérêt soudain de Nicolas Sarkozy pour l’équilibre budgétaire de la France est étonnant à plus d’un titre. D’abord, depuis que la droite est au pouvoir, et en particulier depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir, des réductions massives d’impôts ont eu lieu pour tous les ménages (mais principalement les riches) ainsi que pour les entreprises (mais principalement les grosses). La cour des comptes chiffrait ces cadeaux à plus de 172 milliards comme je l’indiquais dans « Mon troisième plan et dernier plan d’austérité indolore ». Ce décompte ahurissant ne tenait pas compte de la réforme de la taxe professionnelle qui, à elle seule aggrave le manque à gagner de presque 23 milliards supplémentaire comme le révèle Marianne : « Réforme de la Taxe pro: le cadeau à 23 milliards d'euros pour les entreprises ». Encore une fois ce sont les grosses entreprises qui en bénéficient : « 850 000 petites et très petites entreprises figurent parmi les perdantes de cette reforme pourtant hyper-généreuses » qui aura permis aux entreprises de toutes tailles confondues de réduire leur fiscalité de 31 % avec cette réforme.

Cette annonce n’est qu’une réponse inadaptée et étrange à la crise économique que le monde subit. Elle ressemble plus à une réponse à l’annonce de l’agence de notation S&P qui indiquait une possible dégradation des notations des pays européens. Dégradation qui ne changerait pas grand-chose pour la France étant donné que les marchés ont déjà intégré le fait que la note française et allemande, bien qu’identique sur le papier, ne l’ait pas en réalité avec des taux d’intérêt très différents entre les deux pays.

Alors, quel est le véritable but de cette annonce ?

Pourquoi ce nouveau traité est sur urgent et doit être ratifié au mois de mars ? Pourquoi Nicolas Sarkozy déclare « Il nous faut aller vite et les ratifications auront lieu après ces rendez-vous politiques français importants que sont les présidentielles et législatives » ? Pourquoi les origines de la crise ne sont plus le capitalisme qu'il faudrait moraliser et la dérégulation dont la population ressent les ravages, pas plus que les agences de notations accusées de ne pas avoir vu venir la tempête, mais le fait que l'Europe soit coupables de ne pas imposer « le travail, l'effort et la maitrise de nos dépenses » comme l’a indiqué Nicolas Sarkozy lors de son discours de Toulon le 1er décembre dernier ?

La réponse est triste et simple. L’état pitoyable des finances publiques ne peut plus être ignoré, Nicolas Sarkozy le sait. Il sait donc que s’il est réélu, il devra gérer ce dossier. Comme il ne pourra pas défaire tous les cadeaux fiscaux qu’il a faits ces 5 dernières années, il faudra faire payer les classes moyennes et les pauvres. Comme ce ne sera pas facile, il faudra un prétexte pour raboter fortement les avantages sociaux (sécurité sociale, assurance chômage, droit du travail, retraite, assurance maladie…) : la règle de 3% surveillée par l’Europe sera le prétexte idéal. Chaque rognage sera demandé par l’Europe au nom du respect des 3%, ce ne sera pas à cause du président…

La preuve ?

Elle est dans la suite du discours de Nicolas Sarkozy à Toulon : « la retraite à 60 ans et les 35 heures ont été des fautes graves dont nous payons aujourd'hui lourdement les conséquences et qu'il nous a fallu réparer », a-t-il martelé. Évidemment, nous ne payons pas les presque 180 milliards d’euros de cadeaux fiscaux fait par le même Nicolas Sarkozy !

Évidemment, la solution des euro-obligations n'est en aucun cas une solution à la crise : « L'Allemagne et la France, nous sommes tout à fait d'accord pour dire que les eurobonds ne sont en aucun cas une solution à la crise, en aucun cas », a dit le chef de l'État. « Comment convaincre les autres de faire les efforts que nous sommes en train de faire nous-mêmes si on mutualise les dettes dès maintenant? Tout ceci n'a guère de sens », a-t-il ajouté.

Les choses sont claires, maintenant. Le social va trinquer et quant au chômage qui ne cesse de grimper, il faut se dire que la seule solution (sic !) sera de faire travailler plus les Français et bien sûr, en aucun cas, le partage du travail devenu plus rare grâce aux gains de productivité des entreprises et des délocalisations : « Ce n'est pas en choisissant une politique de partage du travail qui a échoué partout dans le monde que la France tirera le meilleur parti de ses ressources » ! Du grand Sarkozy.

Conclusion

Ce nouveau traité est un piège social pour la France, mais également pour l’Europe, l’accepter c’est accepter que les cadeaux fiscaux faits aux plus riches soient compensés – ou plutôt payés - par une annulation généralisée de tous les avantages sociaux acquis pendant le dernier siècle. La durée du travail augmentera et le chômage explosera. Ce bilan catastrophique sera uniquement de la faute des erreurs socialistes (d’il y a 20 ans, donc !) qui ont conduit aux déficits abyssaux que nous connaissons, mais pas du tout à la gestion des dix dernières années de la droite ! Comme le dit le président « la retraite à 60 ans et les 35 heures ont été des fautes graves dont nous payons aujourd'hui lourdement les conséquences et qu'il nous a fallu réparer »…