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dimanche 13 novembre 2011

Des dettes d'État au franc d'État

Rudo de Ruijter,
Chercheur indépendant,
Pays-Bas

Bruxelles veut avoir les clefs des coffres d'État des 17 pays de l'euro. Il n'y a que comme ça qu'ils peuvent sauver l'euro, disent-ils. Le Traité du MES a déjà été signé. Si les parlements nationaux le ratifient c'est la fin de nos démocraties souveraines. Est-ce bien ce que nous voulons? Y a-t-il une alternative?

Pour ceux qui savent comment le système d'argent fonctionne, la solution logique des problèmes actuels est relativement simple. A la télé, du moins aux Pays-Bas, le sujet est encore tabou [1], mais si vous voulez savoir ce qu'il en est, voici une explication. (Et ceux qui savent tout déjà, peuvent passer de suite à 2. Réforme bancaire.)

1.   Le système d'argent actuel

Les banquiers ont maintenant, mondialement, un système d'argent qui est basé sur la création de l'argent du néant. Quasiment tout l'argent sur les comptes bancaires c'est du vent. Il n'y a qu'une toute petite quantité de véritable argent en circulation. Comment ça fonctionne?

Le banquier est un comptable

Chaque fois qu'un banquier fournit un prêt, il ne fournit pas d'argent, mais un avoir. Le prêt ne consiste en rien de plus que des chiffres dans la comptabilité du banquier. Présumons, que tu veuilles faire un emprunt à ta banque, Banque A.Sec. D'un côté le banquier inscrit que tu lui dois 250.000 euros et de l'autre côté qu'il te doit 250.000 euros. Tu les vois arriver sur ton compte. Tu peux les dépenser. Acheter une petite maison? D'accord, achetons une petite maison.

Supposons que tu remettes un chèque au vendeur de la maison. Celui-ci porte ce chèque à sa banque, la Banque Rougeschild. Celle-ci veut alors échanger ce chèque à ta banque, contre du vrai argent bien entendu. Rougeschild sait comment son collègue a sorti les chiffres de son chapeau et il ne se contente pas de vent.

Donc, maintenant, la Banque A.Sec doit débourser du vrai argent. Cependant, dans la pratique, la plupart du temps cela n'est pas nécessaire. C'est que la Banque Rougeschild fournit des prêts continuellement aussi. Et une partie de ces prêts sont dépensés chez des clients de la Banque A.Sec. Donc, ce qui se passe, c'est que la banque Rougeschild échange sa créance de 250.000 euros sur la Banque A.Sec contre une créance de la Banque A.Sec sur Rougeschild.

Des intérêts sur du vent

De cette façon les banquiers peuvent mettre toujours plus de prêts en circulation. Une boîte de vent est échangée contre une autre et les clients ne remarquent pas comment ils sont bernés. Car pour ces boîtes de vent, il faut quand-même payer des intérêts.

Juste, pour s'amuser, un exemple où les banquiers créent des millions, sans qu'il y ait besoin d'un seul centime de véritable argent. Dans la réalité c'est un peu plus complexe, mais quand-même.

Mettons qu'il y ait 3 banques, qui servent respectivement 20%, 30% et 50% de la population. Nous supposons que tous les trois ont le même type de clients, qui ont les mêmes besoins en emprunts et en dépenses. Il sera démontré, que tous les payements que ces banques devront faire au moment où l'emprunteur dépense son emprunt, seront compensés par les recettes de ces dépenses.

Les emprunteurs de la première banque dépensent 20% de leurs emprunts chez des clients de leur propre banque, 30% chez des clients de la Banque 30% et 50% chez les clients de la Banque 50%. Etcetera. Si nous additionnons toutes les recettes de tous les prêts, chaque banque a reçu autant qu'elle a créé. Voilà 100 millions en avoirs sur des comptes bancaires, sans qu'un seul centime de vrai argent ait été dépensé.

Lorsqu'on demande à des banquiers, s'ils créent de l'argent du néant, ils répondent généralement qu'ils ne fournissent des prêts que lorsqu'ils ont des avoirs en face. Cependant, ces avoirs accroissent tout seul par les prêts qu'ils fournissent ensemble.

Trafic des paiements

Tout le trafic des paiements va de la même façon. Si tu fais un paiement à quelqu'un chez une autre banque, c'est ta banque qui doit le payer à l'autre banque. Mais encore le même jour il y aura des paiements par des clients de l'autre banque à des clients de ta banque. Tous ces paiements interbancaires sont tout simplement compensés les uns par les autres.

Ce que les banques paient finalement les unes aux autres, se sont les petites différences entre les paquets de paiements entrants et sortants. Pour faciliter ces transferts toutes les banques ont un compte chez la banque centrale. Les montants dans ces comptes sont considérés comme du vrai argent (car, si elles le voulaient, les banques pourraient demander la totalité de la somme en billets, puis que la banque centrale est autorisée à les imprimer.)

À la banque centrale il y a une règle que chaque soir toutes les banques doivent avoir un avoir positif sur leur compte. Si un banquier est à court, (par ce qu'il a payé plus qu'il n'a reçu ce jour là), il emprunte pour la nuit à un collègue, (qui a alors reçu un peu plus qu'il n'a payé). Et lorsque les collègues ne se font pas confiance, comme ce fut le cas lors de la crise bancaire en 2008 et comme ça l'est à nouveau maintenant depuis quelques mois, alors le banquier peut emprunter à la banque centrale pour un quart de pourcent de plus.

Banquiers entre eux

Entre eux, les banquiers ont convenu des règles sur le capital minimum requis face aux risques calculés, comme ceux des prêts en cours. Ce capital est infime comparé aux risques, mais de cette façon la création d'"argent" du néant est quelque peu freinée et les banques restent davantage au pas les unes avec les autres dans la fourniture des prêts. Ceci augmente leur confiance mutuelle pour se prêter de l'argent, et leur permet à tous de pouvoir optimiser leurs possibilités de profit.

Les banquiers sont en premier lieu des banquiers entre eux. Lorsque des clients des grandes banques Néerlandaises, mécontents des paiements de bonus excessifs, portaient massivement leur argent chez Triodos (une banque connue pour investir dans des projets qui donnent bonne conscience), cet argent manquait aux grosses banques. Heureusement Triodos n'est pas la plus méchante et prêtait cet argent tout simplement à ces mêmes grosses banques. (Malheureusement des banques éthiques n'existent pas, tout au plus des banques avec des airs sympathiques. Mais avec un tel système d'argent on ne peut pas s'attendre à mieux, non?)

Mais dès que des nuages menaçants se présentent à l'horizon et qu'il y a des risques de grosses pertes pour les banques, la confiance mutuelle disparaît immédiatement. Alors, chaque banquier tente de se débrouiller tout seul. Chacun d'eux tente alors d'augmenter ses réserves de caisse et de minimiser les risques. Résultat, pendant des mois les entreprises ne reçoivent guère plus de crédits et les vagues de licenciements et faillites recommencent à ravager le pays. Et si l'orage ne bouge pas de place, cela peut même durer des années. Formidable, non? un tel système bancaire!

Les montants déménagent d'un compte à l'autre

Revenons à notre maison vendue. Donc, le vendeur dispose maintenant de 250.000 euros en vent, qu'il dépense à son tour. De cette façon ce soi-disant argent va d'un comte au suivant. Donc même si tu n'as jamais pris de crédit, il n'y a que du vent sur ton compte, que tu as reçu pour ton travail ou pour des marchandises que tu as vendues. Si, par exemple, tu étais à la banque ING, la plus grosse banque aux Pays-Bas, cette dernière ne dispose que de 3 centimes de vrai argent pour chaque euro d'avoir dans ton compte.

Toujours moins d'argent en poche

En fait, avec du vent ils ont gonflé ces 3 centimes et les ont multipliés par 33. Quand tu déposes un billet de 100 euros chez ING pour verser sur ton compte, elle fournit des prêts à hauteur de 3300 euros. Autrement dit, pour chaque euro que nous ne gardons pas dans notre poche, les banques gagnent un multiple en intérêts.

Peut-être tu comprends maintenant pourquoi les banques nous séduisent à payer de plus en plus de choses électroniquement. Les cartes de crédits, cartes bancaires, cartes des stations d'essence, cartes de prépaiement, cartes pour les transports publiques, cartes de paiement pour parkings, elles ne servent qu'à une seule chose: faire en sorte que nous n'ayons besoin d'argent comptant le moins possible.

Il y a cependant un revers à la médaille. Les réserves de caisse (les billets de banque et l'avoir échangeable à la banque centrale) ne servent pas qu'à fournir de l'argent comptant aux clients et pour régler les petites différences entre paiements sortants et entrants. C'est aussi la première réserve pour absorber des pertes. Mais, comme les revenus croissent disproportionnellement en baissant le pourcentage de réserves de caisse, la tentation est grande de prendre plus de risques. Ainsi, notre argent plastic moderne contribue au comportement-de-prêt téméraire de nos banquiers.

Regardons ce qui se passe quand on porte un billet de 100 euros à la banque pour le verser sur notre compte. Comme dit, à 3% de réserve de caisse la banque ne dispose que de 3 centimes pour chaque euro sur ton compte.

Dans la colonne de droite tu vois que les revenus augmentent disproportionnellement au fur et à mesure que la réserve de caisse diminue. Et - à l'inverse - si avec un même montant de réserve de caisse la banque voulait retourner de 3% à 4%, elle devrait réduire les prêts en cours d'un quart...

Tous les montants sont temporaires

À des moments convenus tu devras rembourser l'avoir que tu as eu du banquier A.Sec. De tout l'argent en cours, tu dois tenter d'obtenir assez pour payer ces remboursements. Banquier A.Sec écrira alors dans sa comptabilité, que le montant que tu lui dois est diminué et il diminue le montant que tu lui dois. Tu vois disparaître ce montant de ton compte. Ainsi les avoirs créés disparaissent de la circulation. Cela fait donc une diminution de la quantité d'"argent" dans le pays.

Les intérêts

Les intérêts que tu paies ne disparaissent pas de la circulation. C'est avec ça que le banquier paye tous ces frais (tels que: intérêts, assurances, personnel, entretien, factures des sous-traitants qui s'occupent des paiements via internet etc.) et le capital est rehaussé, de manière qu'il puisse prêter davantage encore la fois d'après.

La “masse d'argent” doit croître

Le risque classique pour le banquier c'est que les emprunteurs ne remboursent que partiellement ou pas du tout. Et lorsque le gage s'avère insuffisant, c'est lui qui reste avec des ennuis dans sa comptabilité, c'est à dire, avec des montants qu'il devra tôt ou tard enregistrer comme des pertes.

Pour diminuer le risque de défauts de paiement les banques prennent soin, qu'il y ait de plus en plus de prêts en cours. Car plus il y arrive de l'"argent" en circulation, moins ça vaut. C'est l'inflation bien connue. Le montant que l'emprunteur doit rembourser est fixé. Et comme ce montant diminue en valeur pendant la période du crédit, l'emprunteur peut le gagner plus aisément. S'il doit payer 6% d'intérêts et l'inflation est de 2%, la charge des intérêts est 1/3 moins. [graphique]. Ainsi le nombre de défauts de paiement est considérablement réduit.

D'ailleurs, cet avantage pour les emprunteurs correspond exactement à la diminution de la valeur de l'argent pour les usagers. En fait, en tant qu'usager de l'argent ils paient également une partie des intérêts.

Travailler toujours plus

C'est cette même inflation qui fait que nous devons travailler toujours plus. Chaque fois que plus d'"argent" arrive en circulation nous devons essayer de gagner plus, si nous ne voulons pas nous appauvrir.

Bien entendu, une banque centrale ne racontera jamais que la croissance de l'argent est une nécessité pour les banquiers. Le prétexte officiel c'est que l'inflation contribue à plus d'activité économique.

Et de là sort la croyance largement répandue qu'une économie doit croître pour être saine. Une fable extrêmement dangereuse. C'est qu'une croissance économique n'est pas possible sur une Terre limitée. Et plus nous continuons, plus nous détruisons. Ce que l'on peut dire, c'est qu'un système d'argent qui a besoin d'une masse d'argent croissante pour pouvoir fonctionner, est inapte pour une société durable.

Les dettes d'état

Notre gouvernement dispose d'"argent" par la taxation. Avec cela il finance des choses qui sont importantes pour nous tous, comme des digues, routes, ponts, écoles, hôpitaux, gendarmerie, armée etc. Régulièrement il arrive que le gouvernement fasse des dépenses avant d'avoir levé les impôts correspondants. Dans le système actuel le gouvernement devra alors emprunter de l'argent et payer des intérêts dessus. C'est la dette d'État (aussi appelée dette publique) bien connue. On en a peut-être pris l'habitude, mais en fait c'est quelque chose d'étrange. Dans la communauté des gens exécutent des tâches pour la communauté, tout le monde est payé pour sa contribution et ensuite il reste une dette. Et sur celle-ci nous payons tous - via des impôts supplémentaires - des intérêts.

La création d'argent par des banques à gestion privée

Ceci est causé exclusivement par le fait que dans le passé les représentants du peuple ont cédé la création d'argent à des banquiers privés. Ce fût au temps où l'on accordait encore beaucoup de valeur au conte de fée, racontant que seuls des banquiers pouvaient tenir la gestion monétaire en ordre. Si le gouvernement mettait l'argent en circulation, cela mènerait sûrement à un désastre!

Une démocratie sans argent propre

Le résultat c'est que nous continuons à affirmer que nous vivons dans une démocratie, tandis que l'un des attributs les plus importants de notre société, la création d'argent est entre les mains de banquiers privés. Même si en France les administrateurs de la Banque de France sont désignés par le gouvernement, ces administrateurs n'ont pas d'ordre à en recevoir. La Banque est indépendante du gouvernement. Autrefois elle déterminait également le taux d'intérêt de façon autonome, comme on disait "dans l'intérêt de l'économie". Maintenant cela est fait par la Banque Centrale Européenne (BCE), dont les 17 banques centrales de la zone euro sont propriétaires et exploitants.

Un taux d'intérêt pour tous

La BCE a relevé le défi impossible de déterminer un taux d'intérêt pour les 17 pays différents, avec des économies complètement différentes et qui ont des possibilités de productivité très différentes. Bien entendu, il est quasiment impossible de fixer un taux d'intérêt, qui ait un effet optimal pour tous les pays. Un changement du taux ne peut entraîner des effets bénéfiques que pour un ou quelques pays. Et les autres pays en portent les conséquences.

L'euro, l'expérimentation monétaire la plus chère de l'histoire

L'euro entrera probablement dans l'histoire comme  l'expérimentation la plus chère qui ait jamais existée. Depuis le commencement du projet en 1970, il était déjà connu, qu'il était voué à l'échec, mais des banquiers et des politiciens têtus l'ont poussé en avant malgré tout. Le problème c'est qu'une monnaie unique ne peut fonctionner dans une zone économique homogène. [2] [3] [4] Voici pourquoi.

Lorsque des consommateurs, dans des pays avec des possibilités de productivité plus réduites, préfèrent acheter des produits d'importation moins chers et meilleurs, la dette extérieure augmente. En même temps, la productivité dans le pays diminue. Un pays qui dispose de sa propre monnaie peut alors dévaluer cette monnaie. Cela rend les produits d'importation plus chers pour sa propre population et les produits d'exportation moins chers pour les acheteurs étrangers. Ainsi la dette diminue et la productivité augmente. Des dévaluations étaient très courantes avant l'introduction de l'euro. Aujourd'hui les pays moins productifs sont comme des rats dans une trappe. Ils ne pourront jamais sortir des dettes. C'est pour cela que la méthode qu'on applique, de combler ces pays avec des dettes encore plus élevées, est étrange et malade.

L'euro couplé à l'adhésion de l'Union Européenne

Les banquiers ont réussi à obtenir que les pays ne peuvent sortir de l'euro sans sortir de l'Union Européenne. Eh bien, ce seront "deux mouches d'un coup".

L'UE

De plus en plus de gens comprennent, que l'Union européenne est beaucoup moins démocratique et sociale que les citoyens en Europe souhaitent. Bien que cela fusse le cas depuis le départ, beaucoup ne voient que depuis peu que le Parlement Européen n'est qu'un simulacre et pas un parlement avec un pouvoir démocratique. Les gens se rendent compte de plus en plus que la Commission Européenne (CE) et la Banque Centrale Européenne tirent tout le pouvoir vers elles. D'ailleurs, pour la CE et la BCE le nouveau traité européen du MES  [5] sera la trouée pour mettre les parlements européens hors jeu. La ratification de ce traité semble être dans la poche pour elles, car la plupart des députés dorment encore ou ne peuvent pas le croire. (Ou seraient-ils complices?)

L'Union Européenne a comme principe déposé l'économie de marché libre. Presque tout le monde a compris entre-temps, que la dérégulation des banques, la privatisation des infrastructures et l'abolition des tâches gouvernementales mènent à une société dure et ravagée par des crises. Ces principes sont désuets. Les défenseurs de ces principe ne pourront les imposer qu'avec de la violence. La Grèce ne sera pas la dernière victime.

Le scénario du FMI

La CE et la BCE coopèrent maintenant avec le FMI pour écraser des pays trop endettés sous des dettes encore plus lourdes. Le scénario pour prendre le pouvoir a été appliqué maintes fois par le FMI durant ces dernières cinquante années. Cela se déroule comme ceci: on commence par manoeuvrer un pays dans des difficultés et dès qu'il se trouve endetté, on l'écrase sous des dettes supplémentaires telles, qu'il ne peut même plus payer les intérêts. Ensuite on garde le pays sous tutelle et on prend soin d'affaiblir le gouvernement le plus possible en imposant des coupes budgétaires de plus en plus grandes. Avec des mesures d'austérité, on fait saigner la population bien comme il faut. Ainsi elle sera plus rapidement satisfaite, lorsqu'on lui laissera un peu d'air. Et dès que les choses seront bien déréglées, on vendra les richesses du pays à des investisseurs étrangers et on introduira une économie de marché totalement libre.

Nous aussi

Qui réfléchit un peu, voit qu'avec le scénario des fonds de secours tous les pays de la zone euro se retrouvent endettés. Cela aussi est prévu dans le scénario criminel. Les prêts massifs servent d'abord à pouvoir mettre un pays sous tutelle. Dès que cela est un fait, ils peuvent déclarer que le pays ne pourra jamais rembourser ses dettes. En suivant, ils peuvent manoeuvrer les victimes suivantes dans les dettes. Ce sont les gouvernements qui se sont portés garants pour les prêts. Ils devront couper leurs dépenses pour payer les pertes. Et pour tous les pays le même refrain sera répété, que les gouvernements devront réduire, réduire, réduire leurs dépenses. Jusqu'à ce que quasiment rien ne reste du rôle et de la fonction du gouvernement national et que Bruxelles peut prendre le pouvoir. Bien entendu, cela s'accompagnera d'énormes troubles sociaux. Vous pouvez lire le reste dans le livre de Naomi Klein, La Stratégie du Choc (The Shock Doctrine).

2.   La réforme bancaire

Le franc d'État

La solution est simple. Au lieu de dépenser des milliards d'euros supplémentaires pour un euro qui est voué à disparaître tôt ou tard et au lieu de nous laisser prescrire des mesures d'austérité par la Commission Européenne et la banque centrale Européenne non-démocratiques, nous pouvons introduire un franc d'État.

Techniquement cela est relativement simple à réaliser. À la place de la banque centrale actuelle, il y aura une nouvelle banque centrale de l'État. Celle-ci tombera sous la responsabilité du Ministère des Finances et sera contrôlée par le Parlement. Une commission de gens bien formés veillera sur les intérêts à long terme du système d'argent.

La banque d'État sera la seule qui est habilitée à créer de l'argent. Tous les prêts seront fournis en argent d'État, que ce soit sous forme électronique ou en espèces. Il sera interdit aux banques commerciales et aux institutions financières de créer des avoirs du néant. Tous les nouveaux avoirs devront être couverts à 100% par de l'argent d'État. En ce qui concerne les prêts en cours au moment de la réforme, les banques qui les ont émis en resteront responsables jusqu'à leur remboursement par les emprunteurs. Pour autant qu'elles veuillent, les banques commerciales pourront devenir des intermédiaires entre la banque d'État et le public pour la fourniture de crédits et elles pourront gérer les comptes des clients au nom de la banque d'État. Dans ce cas, pour le public, rien ne change à leurs comptes existants. Les avoirs en euros seront transformés 1:1 en francs d'État. Comme intermédiaires, les banques ne recevront pas d'intérêts, mais une commission pour leurs services.

Émission de francs d'État

L'émission de francs d'État fournit une quantité comparable d'euros. Ceux-ci pourront être gardés par la banque d'État pour le paiement de dettes et également comme réserve stratégique gigantesque. Il ne me semble pas impensable qu'à un moment ou un autre le nouveau franc d'État puisse être attaqué sur les marchés d'échange. Nous serons à peu près le seul pays au monde qui aura son propre argent d'État et les banquiers privés puissants ne nous en seront pas reconnaissants.

Pas d'austérité

La cause des mesures d'austérité sont les prêts gigantesques que le FMI, la CE et la BCE ont chargés délibérément sur la Grèce, lorsque le pays croulait déjà sous trop de dettes. Il était prévisible qu'après la prise de pouvoir ces prêts seraient déclarés irrécupérables à un moment ou un autre et que les pertes arriveraient sur les épaules des citoyens des autres pays de la zone euro.

Il n'y a pas longtemps, le fonds de secours s'élevait à 440 milliards d'euros. C'était en moyenne1320 euros par citoyen euro. Le 27 octobre 2011 il en restait 250 milliards, lorsque les chefs de gouvernement de la zone euro ont décidé d'en faire 1000 milliards d'euros à l'aide d'un tour de passe-passe de comptabilité. (Exactement, la formule du vent.) Il va de soi, que nous sommes garants maintenant pour 1000 milliards, c'est à dire 3300 euros en moyenne pour chaque citoyen euro. Quand le prochain fonds de secours, le MES, sera ratifié par les Parlements nationaux, s'y rajoutera une obligation de 700 milliards (2100 euros en moyenne par citoyen euro). Ensuite, ce fonds MES pourra être rehaussé à l'infini sans avoir besoin d'aval parlementaire.

Donc la cause des mesures d'austérité n'est pas liée à la situation française. Bien entendu, nous avons nos difficultés avec le vieillissement, qui demandent des adaptations, mais cela n'implique pas forcément que nous devons renoncer à notre gouvernement, à nos acquis sociaux, culturels et autres.

Arrêtons l'euro, arrêtons l'UE et arrêtons les mesures d'austérité.

Caisses de retraite

Tu peux épargner de l'argent pendant ta vie pour ta retraite, mais ce que tu pourras en faire dépendra largement de la situation à ce moment-là. Déjà avant 1980 il était clair qu'aux environs de 2015 une énorme vague grise devait arriver de gens de 65 ans et plus, face à laquelle il y aurait une population active de plus en plus réduite. Les caisses de retraite ont laissé croire leurs cotisants à cette fausse idée, qu'ils disposeraient d'une retraite à valeur garantie. C'est quelque chose qu'elles n'auraient jamais dû promettre avec cette situation prévisible. Pour les générations de retraités précédentes la situation était bien différente. Grâce à un rapport très favorable entre peu de retraités et une grande population active, les retraites pouvaient, pour ainsi dire, être payées directement par les cotisations de la population active. Ces temps sont révolus.

Les caisses de retraite complémentaire ont généralement investi une partie des cotisations payées dans des obligations d'État. En fait, une partie des retraites est donc dès à présent payée par nos impôts. Une autre partie provient des investissements à l'étranger. Autrement dit, des bénéfices d'entreprises à l'étranger. Encore autrement dit, du fait que des ouvriers ailleurs sur le globe exécutent une partie de leur travail pour payer nos retraites. Donc, une sorte de colonialisme financier.

Personnellement je préfèrerais que nous prenions soin de nous-mêmes et soignons nos personnes âgées nous-mêmes. À mon avis, il y a assez de possibilités pour cela, si nous construisons notre société pas à pas sur des bases de durabilité et coopération au lieu de compétition et de gains financiers.

Système d'argent moins cher

Le système d'argent de l'État peut fonctionner de façon bien meilleur marché que le système d'argent privé que nous avons aujourd'hui. En premier lieu, tous les intérêts vont à la caisse de l'État et profitent ainsi à la collectivité. Les intérêts pourront rester plus bas, puis que la banque d'État n'a pas besoin de faire des bénéfices. (Pas de gros salaires pour les financial boys, pas de primes, pas de construction de capitaux onéreuse.)

La banque d'État n'a pas besoin d'un capital propre, puis que l'argent appartient à la collectivité. En fait, c'est nous tous qui garantissons la valeur de notre argent. Les défauts de paiement pourront être traités de la même manière que des dettes fiscales.

Argent permanent

Actuellement tout l'argent en circulation consiste de prêts en cours, qui devront être remplacés tout le temps. Pour diminuer les besoins d'emprunts, la banque d'État pourra décider de laisser une partie de tout l'argent en circulation en permanence (accompagné d'une politique fiscale appropriée). Dans ce nouveau système le gouvernement peut aisément réaliser ce fond d'argent permanent en faisant un nombre de dépenses (= mettre de l'argent en circulation) sans lever les impôts correspondants.

Inflation

En soi, le système d'argent d'État ne connaît pas de nécessité d'inflation. Il peut même continuer à fonctionner parfaitement en périodes de déflation. Les emprunteurs ne connaîtront plus l'avantage relatif de la diminution de valeur de leurs remboursements. Par contre, les frais d'intérêts pourront toujours être plus bas et pour des investissements démocratiquement voulus ils peuvent être supprimés en totalité. (Et si les taux d'intérêts bas causaient des problèmes dans le contexte international, la charge des intérêts pourrait être compensée fiscalement, totalement ou partiellement.)

Dettes d'État

La dette d'État (dette publique) actuelle a été causée par des dépenses du gouvernement pour lesquelles les impôts n'étaient pas levés d'avance. La dette d'État peut être supprimée au plus tôt avec les francs d'État nouvellement créés. Cela arrête les paiements des intérêts. Ensuite le concept de dette d'État pourra être jeté à la poubelle, puis que l'État, en cas de besoin, pourra s'adresser à sa propre banque. Pour les dépassements du budget les cas permis et les limites pourront être décrits, de même que les conditions pour des exceptions, pour lesquelles nous pouvons penser à une majorité parlementaire requise des deux tiers. Les règles pourront être ancrées dans la constitution.

Influence démocratique

La moindre influence des banquiers sur la forme de notre société laissera la place à plus d'influence démocratique. Cela offre la possibilité d'entamer la transition vers une société durable. Éclaircissement, intéressement et concertation de la population seront de grande importance pour la réaliser. Il ne me semble pas exclu que pour cela des structures démocratiques améliorées soient nécessaires.

Europe

L'Union Européenne offre chaque jour beaucoup de facilités au commerce international. Mais est-ce que le prix ne devient pas trop élevé maintenant? Est-ce que nous voulons échanger nos démocraties souveraines contre la gouvernance dictatoriale de la Commission Européenne, qui veut couper jusqu'à l'os dans tous nos acquis et transformer notre société en terrain de jeux financiers? Personnellement je pense que dans ce cas ces facilités sont payées beaucoup trop chères.

D'ailleurs, la coopération avec nos partenaires européens ne s'arrêtera pas quand nous quitterons l'UE. La coopération véritable est basée sur le commerce, l'industrie et le tourisme et sur tout qui sert des intérêts mutuels.

Notes et références:

[1]

Le 25 octobre 2011, chez "Pauw en Witteman" (programme de palabre d'une chaîne néerlandaise) l'invitée Sunny Bergman se fait fermer la bouche résolument par Ewald Engelen, qui se présente comme géologue financier et qui vient éclairer l'histoire de crise de la perspective de la presse globale. Après que EE ait présenté la misère sommairement, Sunny Bergman remarque: “Mais il est également juste de soumettre à discussion le modèle de croissance économique en soi.”
EE, comme mordu par un chien: “Oui, c'est une prise de position luxueuse. C'est vraiment à faire. Quand on roule dans une belle bagnole attrayante.." - SB: "Je n'ai pas de belle voiture." - "non, d'accord, et qu'on peut acheter de bonnes choses à manger chez Marché. Mais pour beaucoup, beaucoup d'autres gens cela est une exercice qui n'existe nulle part dans leur image du monde." (Et donc, surtout pas dans l'image du monde de cet Ewald lui-même.)

[1] Dans les études scientifiques sur le “optimum currency areas” (régions optimales pour une monnaie) nous pouvons distinguer des études centrées sur les conditions nécessaires et celles d’après 1970 (lorsque les politiciens avaient décidé qu’ils voulaient une monnaie unique), qui sont davantage centrées sur les coûts et bénéfices.

Roman Horvath and Lubos Komarek dans “OPTIMUM CURRENCY AREA THEORY: AN APPROACH FOR THINKING ABOUT MONETARY INTEGRATION” (2002)

(Traduction Française, voir en dessous.)

“It is possible to distinguish two major streams of the optimum currency area literature. The first stream tries to find the crucial economic characteristics to determine where the (illusionary) borders for exchange rates should be drawn (1960s-1970s). The second stream (1970s-till now) assumes that any single country fulfills completely the requirements to make it an optimal member of a monetary union. As a result, the second approach does not continue in the search for characteristics, identified as important for choosing the participants in an optimum currency area. This literature focuses on studying the costs and the benefits to a country intending to participate in a currency area.”

“Il est possible de distinguer deux courants majeurs dans la littérature sur les régions optimales pour une monnaie. Le premier courant tente de trouver les caractéristiques clefs pour déterminer où les frontières (imaginaires) pour des taux de change devraient être établies (années 60 et 70). Le deuxième courant (de 1970 jusqu’aujourd’hui) suppose que n’importe quel pays individuel répond entièrement aux exigences pour en faire un membre optimal d’une union monétaire. Par conséquent, la deuxième approche ne continue pas à rechercher les caractéristiques, qui ont été identifiées comme importantes pour choisir les participants dans une région monétaire optimale. Cette littérature-ci est centrée sur l’étude des coûts et bénéfices pour un pays qui a l’intention de participer dans une région [union] monétaire.”

http://wrap.warwick.ac.uk/1539/1/WRAP_Horvath_twerp647.pdf , page 7.

Friedman décrit les avantages de cours de change flexibles comme suit : « Comme on le constate habituellement, les prix et les salaires dans un pays sont relativement rigides et [ces] facteurs sont immobiles entre pays. Par conséquent, lors d’une demande négative ou d’un choc dans l’approvisionnement, le seul instrument pour éviter une plus grande inflation ou du chômage est un changement dans le taux de change flexible (ce qui veut dire réévaluer ou dévaluer la monnaie). Cela ramènera l’économie vers l’équilibre interne et externe initial. (...) Sous le régime de taux de change fixes, il y aurait toujours l’impact déplaisant du chômage ou de l’inflation. »

http://wrap.warwick.ac.uk/1539/1/WRAP_Horvath_twerp647.pdf , page 8.

[2] Yrd. Doç. Dr. Hüseyin Mualla YÜCEOL, Mersin Üniversitesi İktisadi ve İdari Bilimler Fakültesi, Maliye Bölümü, dans “WHY THE EUROPEAN UNION IS NOT AN OPTIMAL CURRENCY AREA: THE LIMITS OF INTEGRATION” (« POURQUOI L’UNION EUROPÉENNE N’EST PAS UNE REGION DE MONNAIE OPTIMALE : LES LIMITES D’UNE INTÉGRATION »)

« L’Europe n’est pas une région de monnaie optimale. Néanmoins, le 1er janvier 1999 onze pays de l’UE ont démarré une Union Monétaire Européenne en adoptant une monnaie partagée, l’euro, tandis que l’UE ne répond pas à tous le critères pour une région monétaire optimale. Aussi, joindre l’UE n’est pas la même chose que joindre l’euro, aussi bien pour les anciens et les nouveaux membres. »

http://eab.ege.edu.tr/pdf/6_2/C6-S2-M6.pdf , page 66

[3] Paul de Grauwe, parties d’un speech:

(Traduction Française, voir en dessous.)

“With up to twenty-seven members instead of the present twelve, the challenge for ensuring a smooth functioning of the enlarged Eurozone will be daunting. The reason is that in such a large group the probability of what economists call ‘asymmetric shocks’ will increase significantly. This means that some countries may experience a boom and inflationary pressures while others experience deflationary forces. If too many asymmetric shocks occur, the ECB will be paralyzed, not knowing whether to increase or to reduce the interest rates. As a result, member countries will often feel frustrated with the ECB policies that do not (and cannot) take into account the different economic conditions of the individual member countries. This leads us to the question whether the enlarged EMU will, in fact, be an optimal currency area.” (...)

“If a country is hit by negative shocks brought about by agglomeration effects, the wage cuts necessary to deal with these shocks will inevitably be very large. To give an example: If Ford Motor were to close down a plant in Belgium and to invest in Poland instead, the wage cut of Belgian workers that would convince Ford Motor not to make this move would have to be 50% or more given that the wage not feasible, then flexibility dictates that the Belgian workers be willing to move.”

« Avec vingt-sept membres au lieu des douze d’aujourd’hui, le défi pour s’assurer d’un fonctionnement fluide de la zone euro élargie sera terrible. La raison en est que dans un groupe si large la probabilité de ce que les économistes appellent des ‘chocs asymétriques’ augmente de façon significative. Cela veut dire, que certains pays peuvent avoir une hausse et une pression inflationniste, tandis que d’autres ont des forces déflationnistes. Si trop de chocs asymétriques surviennent, la Banque Centrale Européenne sera paralysée, ne sachant pas si elle doit augmenter ou réduire les taux d’intérêt. Par conséquence les pays membres se sentiront souvent frustrés par la politique de la banque Centrale Européenne, qui ne tient pas compte et ne peut pas tenir compte) les conditions économiques différentes dans les pays membres individuels. Cela nous mène à la question si l’Union Monétaire Européenne élargie sera une région de monnaie optimale. » (...)

« Si un pays est touché par des chocs négatifs causés par des effets d’accumulation, les baisses de salaires nécessaires pour gérer ces chocs seront inévitablement très importantes. Si Ford Motors fermait une usine en Belgique et, à la place, investit en Pologne, les baisses de salaires des travailleurs Belges devraient être de 50% ou plus pour convaincre Ford Motors de ne pas déménager. Et vu que de tels salaires ne sont pas faisables, la flexibilité dicte que les travailleurs Belges accepteraient de déménager. »

http://mostlyeconomics.wordpress.com/2010/06/21/were-europes-curent-problems-never-imagined/

[5]

MES, le nouveau dictateur européen (article)
http://www.courtfool.info/fr_MES_le_nouveau_dictateur_Europeen.htm

MES, le nouveau dictateur européen (vidéo, 3:50)
http://www.youtube.com/watch?v=rFTbIGahzhU

MES, un coup d'état dans 17 pays
http://www.courtfool.info/fr_MES_un_coup_d_etat_dans_17_pays.htm

traduit le 5 novembre 2011

Copyright:

La reproduction de cet article est libre, de préférence avec une mention du lien vers l'article original:  http://www.courtfool.info/fr_Des_dettes_d_Etat_au_franc_d_Etat.htm  .

L'auteur peut être contacté via www.courtfool.info/fr_contact.htm

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Encore une usine française qui ferme…

Un lecteur me fait passer cette information, un peu tard car s’il nous avait prévenu avant nous aurions pu nous battre au côté de cette entreprise française en difficulté. Hélas il est trop tard. Voici la communication que j’ai reçue:

Bonjour,
C"est la fin de Noxacool (
www.noxacool.fr)!
Noxacool cesse d'exister parce que nous n'avons pas assez de ventes pour pouvoir continuer notre activité.
C'est dommage pour l'économie en France parce que comme vous le savez sans doute, Noxacool était 100 % "Made in France" : le tissu était tissé en France et les pièces étaient fabriquées dans un petit atelier à Marseille.
C'est aussi dommage parce que c'est un excellent produit qui disparaît et c'est dommage pour toutes les femmes qui souffrent de transpiration nocturne.
Les boutiques ne prennent pas de nouvelles marques ou ne s'intéressent pas aux sueurs nocturnes et, comme beaucoup de femmes ne veulent pas acheter sur le Web, nous n'atteignons pas le nombre de ventes nécessaires pour survivre. Pourtant nous sommes une entreprise sérieuse et nos produits et notre service sont excellents...
Si vous voulez nous aider à vider notre stock et profiter d'une remise de 50 %, n'hésitez pas :
www.noxacool.fr. Cela veut dire par exemple : une chemise de nuit à 37,50 euros ou un haut à 18,50 euros.
Avec une remise pareille, on ne peut plus dire que le 'Made in France' est cher ! Pensez à vos cadeaux de Noël et passez le mot à vos proches. Et sachez que les pyjamas chemises de nuit Noxacool sont des produits incontournables pour voyager - qu'on souffre de sueurs nocturnes ou pas !
Vous pouvez aussi acheter le tissu au prix imbattable de 7,50 euros/m (pour des draps, taies d'oreiller, vêtements,..). Envoyez-nous un courriel à
info@noxacool.com pour toute commande de tissu.
Salutations sincères
Noxacool
www.noxacool.fr
info@noxacool.com

jeudi 10 novembre 2011

La folie de Standard and Poor's

 

Déjà en août 2011 le Blog Economique et social émettait des doutes sur les méthodes et les publications de Standard and Poor's. Ce jeudi l’histoire donne encore une fois raison au Blog, car S&P a encore fait une « Bourde » particulièrement étrange.

Ce jeudi soir l’agence de notation, coutumière des « bourdes » a encore frappé : elle a annoncé a certain des ses abonnés que la note de la France allait être dégradée. La rumeur a fait l’effet d’une trainée de poudre, car cet évènement est fort redouté et intervient au plus mauvais moment pour la France et l’Europe en général. Finalement, l’agence dément, mais c’est trop tard, le mal est fait sur les marchés.

Le démenti de S&P indique dans un communiqué « Ce n'est pas le cas : la note de la République française est inchangée à 'AAA', assortie d'une perspective stable, et cet incident n'est pas lié à une quelconque activité de surveillance de la note » et promet de faire toute la lumière sur cette histoire.

Comme l’indiquait le Blog Economique Et Social la semaine dernière, cette « erreur » intervient alors que la note de la France est déjà de fait dégradée, cette dernière empruntant a des taux proche de ceux auquel elle emprunterait en cas de dégradation de sa note. Information confirmée étrangement ce même jour (drôle de coïncidence ?) : l'écart entre le taux des obligations à dix ans de l'Allemagne et de la France sur le marché de la dette a atteint un nouveau record historique, au-delà des 170 points de base. Ceci indique que la France et l’Allemagne, pourtant toutes deux notées AAA, ont une forte différence de traitement par les investisseurs, la France empruntant beaucoup (et de plus en plus) cher sur les marchés que l’Allemagne. Nous pouvons ainsi dire que le AAA français est pratiquement virtuel. D’ailleurs, mi-octobre, l'agence Moody's avait annoncé qu'elle se donnait trois mois pour déterminer si la perspective "stable" de la note était toujours justifiée. Annonce qui avant forcé la France à produire son deuxième plan d’austérité.

Erreur technique, manipulation ou chantage ?

L’erreur technique invoquée par S&P ne semble pas crédible tant l’agence indique que cette erreur n’est en aucun cas liée à « une quelconque activité de surveillance de la note » ! Qui peut croire que, sans raison, un système informatique soit devenu fou, et ce, concernant la France uniquement et au pire moment pour celle-ci ?

La manipulation est surement plus vraisemblable, car, si tel est le cas, une personne ou un groupe de personnes auraient pu largement tirer profit de cette alerte en pariant à la hausse sur les taux d’intérêt de la France ou même de l’Europe en général. Pour imaginer qui se trouverait derrière cette manipulation, il suffit de regarder à qui a profité le « crime »…

Le chantage est également fort probable : nous savons tous qu’une dégradation de la note française avant l’élection présidentielle serait une catastrophe pour l’UMP et Nicolas Sarkozy. Il est donc clair que, pour le gouvernement, c’est un objectif prioritaire que de maintenir coute que coute cette note même si elle n’a plus aucune signification. C’est un symbole tabou pour le gouvernement. La note perdue nécessitera un troisième plan d’austérité avant les élections ainsi que des critiques acerbes de l’opposition sur la gestion de la crise dont se vante amplement Nicolas Sarkozy en ce moment. Pour maintenir cette note fantôme, comment le gouvernement peut-il s’y prendre ? Des accords ont-ils été conclus avec le gouvernement américain ? Avec les principales agences de notation ? Quelles en sont les contreparties ? Le séjour inhabituellement long et amical de Barack Obama est-il un indice de cet accord ? Qu’à bien put faire la France pour que l’accord saute ? Est-ce une trahison ? Est-ce un chantage et une manipulation à la fois ?

Que d’interrogations… L « environnement politique stable » dont parle S&P pour justifier qu’il s’agit d’une erreur est-il lié au maintien en 2012 de Nicolas Sarkozy ? Que penser de l’intervention fulgurante du ministre des Finances, François Baroin, seulement quelques minutes après la « bourde », qui a expressément demandé à l'Autorité des marchés financiers (AMF) l’ouverture d’une enquête ? Enquête ouverte immédiatement le soir même.

Les marchés ont le pouvoir, ils maitrisent maintenant presque tout et le pouvoir des citoyens est réduit à sa plus simple expression. Ne comptez pas de si tôt un renversement des courbes du chômage, elles sont maintenues artificiellement hautes par ceux à qui cela profite…

mardi 8 novembre 2011

Communication: Le concours Le Phare

Le 01 Novembre 2011 sera la date de l’ouverture de l’appel à la candidature du concours « Le Phare ».

ACCEDE Provence Entrepreneurs (Association d’aide et conseil en création d’entreprise pour le développement de l’emploi) est une association étudiante d’Euromed Management, Ecole de Commerce de Marseille, qui accompagne les demandeurs d’emploi et les étudiants dans leur projet de création d’entreprise.

L’association ACCEDE Provence Entrepreneurs organise depuis 14 ans Le Phare, concours de création d’entreprise ouvert aux demandeurs d’emploi et étudiants de la région Paca, Languedoc-Roussillon, Midi Pyrénées et Corse ainsi que du bassin méditerranéen.

L’an dernier les gagnants se sont partagés 25 000 euros de dotation financière ! 3 prix sont décernés par catégorie (demandeurs d’emploi ou étudiants), le grand gagnant, le prix socialement responsable et le prix de l’innovation.

Comment s’inscrire au concours ?

Les dossiers de candidature sont téléchargeables sur notre site Internet www.accede-provence.com à partir du 01 Novembre 2010. Ils devront nous être retournés au plus tard le 02 février 2011 :

· · Par courrier à :

Association ACCEDE Provence Entrepreneurs

Euromed Management

Domaine de Luminy - BP 911

13288 MARSEILLE Cedex 9

Ou par mail à l’adresse suivante : lephare@euromed-management.com

Les dossiers de candidature adressés ultérieurement ne seront pas pris en compte

(Cachet de la poste faisant foi).

Deuxième plan d'économies : le gouvernement est mort, vive le gouvernement ! (sic !)

Le nouveau plan d'économie présenté par le gouvernement ce 7 novembre 2011 est une aberration. Non pas en ce qui concerne ses fondements, mais par sa forme aussi bien que son contenu.

Premièrement, faire un deuxième plan est une idée terrible étant donné le symbole que cela constitue : il aurait fallu faire un plan réaliste et légèrement proactif dès la première fois de manière à anticiper l'aggravation de la crise et éviter ce sentiment de n'avoir traité qu'en partie le problème. La situation actuelle était pourtant prévisible, d'autant plus que la croissance 2012 avait, tout le monde le savait, été ridiculement surévaluée par le gouvernement !

Une forme est déplorable

Il est également clair que la question n'était pas de savoir si la France allait perdre sa bonne note AAA auprès des agences de notations, mais si elle allait la perdre avant ou après l'élection présidentielle... Il était donc également naturel de proposer un plan préparant l'avenir. Le gouvernement a donc plus que sa part de responsabilité dans cette situation. Ce second plan, alors que le premier est encore en discussion, fait le plus mauvais effet auprès des investisseurs puisqu'il indique que le gouvernement français n'a pas pris la mesure du problème ou n'a pas eu le courage politique de régler le problème, ce qui revient au même. Plus qu'un manque de courage : une incompétence, puisqu'en ne réglant pas le problème en une fois, il espérait que le prochain président élu en 2012 aurait la tâche ingrate de le faire ! Cette dernière hypothèse est terrible pour le gouvernement puisqu'il indique son incompétence (croire que le premier plan était suffisant jusqu'à la prochaine élection présidentielle était ridiculement peut probable), mais également le reflet d'un gouvernement privilégiant son propre intérêt politique à l'intérêt de la France (pourtant nécessaire et urgent en pleine crise économique mondiale) !

Déplorable le mot de “faillite” de la France lâché par le premier ministre pour justifier ce deuxième plan. Comme si les marchés et les investisseurs avaient besoin qu’on leur fasse peur… Quelle mouche a donc piqué Fillon pour qu’il en vienne à faire une telle “sortie” ?

Un contenu est inadapté

Quant au contenu du deuxième plan, il y a également fort à en dire ! Mesurettes aussi ridicules qu’injustes, cette poudre de Merlin-pinpin ne mérite pas d’être évoqué dans ces colonnes. Pour faire court, ce plan (comme le premier qui aurait du être l'unique !) était très facile techniquement à créer (mais difficilement politiquement) : il aurait suffi de supprimer une partie des cadeaux fiscaux faits sous l'ère Sarkozy. Deux simples mesures auraient suffi pour faire un plan I et II unique, très solide et durable : suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires (5 milliards !) et le re-fiscalisation l’exonération de l’Impôt sur les Société presque complète des plus-values à long terme de cession de titres de participation (20,5 milliards). Introduite par l’UMP dans le collectif budgétaire de 2004, cette exonération représente plus du tiers du produit net de l’impôt sur les sociétés de 2008 ! La défiscalisation des heures supplémentaire est une mesure aussi couteuse en manque à gagner que en emplois perdu.

Nous en déduisons donc deux choses : une grande partie de l'aggravation de la dette est de la seule responsabilité du gouvernement et non due à la crise ou à la "générosité sociale" française ou à l' immigration ou encore aux 35 heures comme le gouvernement essaye de nous le faire croire à longueur d'année ! La vérité c'est que depuis dix ans que la droite est au pouvoir, la dette a doublé en passant de 900 milliards à 1700 milliards. La raison en est simple : durant la gestion de droite, le pays a dépensé sans compter dans des mesures sans bénéfice notoire pour le pays tandis qu'il allégeait les impôts des plus riches.

Les économies que l’on devrait faire dans l’absolu seraient largement couvertes si l’on annulait tous les cadeaux fiscaux depuis 2007 ! Rappelons que depuis 2007 c’est 75 milliards d’euros d’allègements d’impôts et de niches fiscales qui ont été créées ! Rappelons également que l’ISF va bientôt baisser, oui, vous avez bien lu : au moment ou l’on crée un deuxième plan d’austérité, le gouvernement, en parallèle va baisser l’ISF… De qui se moque-t-on ? N’en doutons pas il y aura un troisième plan d’austérité puis un quatrième, etc… A ne pas régler les problèmes, la situation deviendra si urgente que toutes les pilules, aussi amères soient-elles, seront avalées sans broncher.

Échec d'une politique ne profitant qu'à une minorité, calculs bassement politiques, manque de clairvoyance dans un avenir pourtant tracé, incompétence, lâcheté en ne reconnaissant pas les erreurs commises, tentative de faire porter la responsabilité de la situation à une opposition qui n'est plus au pouvoir depuis 10 ans !... Le gouvernement est a bout de souffle, il touche le fond et entraine le pays entier dans sa chute...

Qu'on se le dise ! Le gouvernement est mort, vive le gouvernement !

jeudi 27 octobre 2011

Halte aux méthodes du néomanagement !

 

A lire dans Le Monde:

Dans cette époque rude et désenchantée, si la vie quotidienne de beaucoup d'entre nous se révèle de plus en plus sombre, il faut avoir conscience qu'il ne s'agit pas là d'un fait du hasard, d'une fatalité tombée du ciel.

La dureté des temps (souffrance au travail, isolement, fatalisme, dépression) est chaque jour renforcée par l'action de personnages dont la médiocrité et la terne banalité contrastent avec l'intensité du mal qu'ils font. Petits hommes gris à la Simenon, ils représentent la matérialisation finale du cauchemar imaginé par Robert Musil dans L'Homme sans qualités (Seuil, 1979). Ces agents de la tristesse opèrent dans des domaines de plus en plus étendus, mais il en est certains où leurs méfaits sont assez récents et particulièrement choquants : l'éducation et la santé en font partie.

Ils se présentent en général comme des "managers", des gestionnaires d'un nouveau genre et viennent prendre la place des "anciens" dans des établissements scolaires, des hôpitaux, des centres médico-psycho-pédagogiques, des instituts médicaux-éducatif (IME), etc.

Ordinateur et pointeuse en poche, ils ont pour mission d'apurer les comptes et de "remettre au travail" le personnel. Avec eux, plus de "feignants", d'"assistés", de "privilégiés" (certains ont dû télécharger récemment le portrait de Laurent Wauquiez en fond d'écran...). Ils appliquent le règlement, tout le règlement, rien que le règlement.

Or dans ces endroits singuliers où l'on soigne et où l'on apprend, l'essentiel se passe justement à côté du règlement. Pas contre, mais en dehors. Dans un hôpital, dans un centre psy, la qualité des soins dépend avant tout de la relation avec le patient. Elle passe par l'écoute, le dialogue, le regard, l'attention, et le pari partagé. Une minute peut valoir une heure, une heure une journée, une journée une vie. Aucun logiciel ne peut traiter ce genre de données.

Dans les centres médico-psychopédagogiques, les écoles, collèges et lycées, les objectifs chiffrés, les fichiers, les classements et catégories administratives ne peuvent cadrer avec des parcours d'élèves et patients multiples, complexes et singuliers. Ici, le travail a à voir avec le désir et le lien. Qui peut prétendre quantifier et rationaliser cela ? Nos petits soldats du management se méfient, eux, du vivant, de la complexité, de l'insaisissable. Ils haïssent cela même, car ces notions les empêchent de compter en rond. Ils n'ont qu'un mot à la bouche qu'ils répètent tel un mantra : "laloi, la loi, la loi."

Et l'on soupçonne, derrière ce formalisme, derrière leur apparente froideur, quelque chose de sombre et malsain. On connaît en psychanalyse et en psychopathologie ce phénomène d'obéissance stricte à la loi qui passe par l'effacement du sujet, définition même de la jouissance. Ces personnages, Lacan les appelait des "jouis-la-loi".

Ils ne se réfèrent qu'aux représentations réglementaires et légales du vivant ; mais la complexité du vivant, qui est la matière même de ces lieux de soins et d'éducation, n'est pas toute représentable. Par ailleurs, la loi dont ils parlent n'est pas la loi comme champ concflictuel. Ce qu'ils nomment respect de la loi n'est autre qu'une obéissance qu'ils exigent comme une simple compétence, au même titre que savoir lire ou écrire.

Plus d'espace, du même coup, pour la pensée critique et l'autonomie. Dans leur esprit, l'autonomie doit se transformer en pure autodiscipline, ce qui fait d'eux de petits soldats de la mise en place d'un pouvoir arbitraire. Dans leurs tableaux et leurs contrats d'objectif, l'essentiel leur échappe. Au point de susciter des effets "contre-productifs" - pour utiliser leurs termes.

A force de vouloir imposer de la rationalité, en contrôlant les horaires, en voulant rentabiliser chaque minute (chaque euro d'argent public dépensé...), en quadrillant les services, en instituant des rôles de petits chefs et sous-chefs, c'est la contrainte qui devient la règle, épuisant le désir et l'initiative des salariés.

Obligés de travailler dans un univers panoptique où tout est mesurable et transparent, ils perdent le goût de leur métier, s'impliquent logiquement moins, et souffrent au quotidien.

Ces méthodes de management sous la pression sont suffisamment élaborées (en provenance des Etats-Unis pour la plupart) pour savoir jusqu'où ne pas aller trop loin, éviter des dérives qui se retourneraient contre leurs auteurs. Ils savent harceler sans dépasser la limite légale.

Ces auteurs eux-mêmes, petits chefs psychorigides, médiocres et sans aucune envergure spirituelle, sont parfaitement fuyants. Il est impossible d'engager une discussion contradictoire avec eux car ils ignorent tout du funeste dessein qu'ils servent jour après jour. Ils sont les aiguilleurs d'un train dont ils ne maîtrisent ni la puissance ni la destination.

Petits hommes méprisables et benêts qui participent à un processus qui les dépasse. Ce néomanagement pour lequel l'homme devient une ressource impersonnelle et interchangeable prépare les fondements d'une société que l'on voit se dessiner chaque jour de plus en plus clairement, où les critères économiques font la loi, et où la loi écrase la vie.

Les grands changements sociaux, ceux qui vont dans le sens de la tristesse et de la restriction des libertés, ne se passent jamais du jour au lendemain, de façon soudaine, comme on franchit le Rubicon. Ces bouleversements se préparent dans la durée, lentement, discrètement. Et c'est bien de cette façon que la petite armée de ces hommes sans qualités est en train de préparer le terrain d'une société brutale et obscure.

Pour continuer notre travail, dans ces lieux vitaux, il nous faut résister. Mais résister au nom de quoi ? Comme ce pouvoir s'attaque directement à la vie, c'est la vie elle-même qui devient résistance.


Ouvrage : "Organismes et artefacts : vers la virtualisation du vivant ?" (La Découverte, 2010).

Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste

jeudi 13 octobre 2011

La taxe des hauts revenus est uniquement symbolique, c’est le modèle social qui doit être amputé ! (sic)

Pour Charles Beigbeder, du MEDEF, le retour à l’équilibre budgétaire nécessite le sacrifice de notre modèle social, car taxer les riches est ridicule et inefficace. La mondialisation vous inquiète ? vous avez grand tord car c’est une formidable opportunité pour nous et notre modèle social ! Qu’on se le dise ! 

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Ce mardi 11 octobre 2011, dans le grand journal de BFM radio, Charles Beigbeder, président de la « commission recherche et innovation » du MEDEF (et UMP convaincu) n’avait qu’un mot à la bouche : il est urgent de diminuer les dépenses sociales de 90 milliards d’euros, car il ne faut rien attendre de la nouvelle taxation sur les hauts revenus décidée par le gouvernement : elle est symbolique et dangereuse.

Analyse : Ce fut donc un festival de contrevérité et de mauvaise foi libérale pour justifier ce sacrifice. Ici, pas question d’augmenter les impôts qui ont pourtant fortement baissé pour les riches sous la présidence de Nicolas Sarkozy, mais uniquement de diminuer les dépenses sociales. En gros pas question que les riches, trivialement assimilés à des acteurs économiques dynamiques créant des « boites » et des emplois, mettent la main à la poche, c’est le social qui doit trinquer. La taxe sur les hauts revenus est symbolique (0,25 % de l’effort à faire) et ne sert à rien.

La taxe sur les hauts revenus est de 3 % pour les revenus de 250 000 à 500 000 euros et de 4 % au-delà. Pour Beigbeder, il faut trouver 90 milliards d’euros par an et que cette mesure rapportera 300 millions d’euros. D’après lui, même si l’on passait la taxe à 15 % cela ne ferait qu’un milliard soit 1 % du problème (pas tout à fait en fait, 1,11 %).

Analyse : Très bien, mais rien ne dit qu’il ne fallait pas fixer la limite à 100 000 euros de revenus annuels (déjà très confortable) et ne pas mettre une progressivité allant de 10 % à 30 %. Rien ne nous interdit de supprimer tous les cadeaux fiscaux mis en place par le président et qui nous ont mis dans cette situation.

Pour lui si cette taxe symbolique n’est pas accompagnée de mesures drastiques de réduction des dépenses cela peut être dangereux : il faut tailler dans la dépense. C’est donc un problème d’état providence « qu’il faut refonder, car on veut le sauver évidemment ». « Tout le monde doit faire un effort ».

Analyse : C’est assez fort, car si tout le monde doit faire un effort, il reconnait que les riches doivent faire un effort symbolique, mais que la presque totalité de l’effort doit être fait sur le social, c'est-à-dire : l’effort doit être porté presque exclusivement par les pauvres ! Il a même l’audace de dire qu’il faut « refonder » (donc détruire ou fortement raboter, de 90 milliards précisément) l’État-providence, et ce, « pour le sauver » « évidemment » ! l’État-providence : l’autre cheval de bataille des ultralibéraux…

D’après lui c’est par ce que nous sommes dans « un assistanat généralisé » et que « cela ne peut plus durer » que nous sommes dans cette situation, ce n’est en aucun cas à cause des banques. Cette taxe est « un message pas très positif pour les agents économiques les plus dynamiques qui créent des boites et des emplois ».

Analyse : La thèse qui veut que tous nos malheurs viennent des dépenses sociales qui ne sont que de « l’assistanat généralisé » est un grand classique de l’ultralibéralisme. Il est également très simpliste de considérer que les revenus supérieurs à 250 000 euros sont ceux des personnes qui créent « des boites et des emplois » ! Pour ma part, je dirais que c’est tout sauf cela. Mon pauvre plombier qui travaille 15 heures par jour, qui refuse des contrats et ne peut embaucher de nouveaux employés (il en a déjà quatre), car la banque ne lui prête plus et qui ne se verse que 2000 euros par mois est lui un vrai entrepreneur, un de ceux qui font l’emploi en France et il a des revenus à peine supérieurs aux SMIC ! N’oublions pas que les PME sont le premier employeur de France et que personne au gouvernement ne pense à lui. Les personnes qui gagnent plus de 250 000 euros sont des cadres de très haut vol d’entreprises du CAC40 ou pire, de purs investisseurs qui ne créent pas d’emploi, mais en détruisent régulièrement. Monsieur Beigbeder, il serait temps que vous regardiez autour de vous !

Montebourg en prend pour son grade : il s’oppose au retour des déficits sous la barre des 3 % alors, d’après Beigbeder, qu’il faudrait revenir à 0 % voir à +1 % ! Les Français ne comprennent pas la « science économique », car on ne l’apprend pas à l’école : 2/3 des importations chinoises sont réexportées, si l’on met des barrières douanières c’est toute l’économie qui s’effondre et « l’immense majorité de nos emplois qui disparaissent », un salarié sur quatre dépend de l’exportation, la mondialisation est une chance extraordinaire. Cela permet les grandes avancées technologiques de ces dernières années. Le monde est en croissance de 4 % par an certains sont à 8 % d’autres à +1 %. Il faut saisir cette chance : il y a des milliards d’êtres humains qui cherchent à améliorer leur niveau de vie, aidons-les, allons chercher ces nouveaux marchés fantastiques pour nos entreprises et on pourra financer notre modèle social.

Analyse : C’est tellement dense en contrevérité et en idéologie ultralibérale primaire que cela en devient amusant et facile à démonter :

  • Si l’on retournait à 0 % (ou même +1 %), ce que personne ne propose ni ne demande d’ailleurs à part Beigbeder, cela voudrait dire que la France n’investirait plus qu’elle ne ferait qu’accumuler des richesses. C’est comme interdire tout crédit à un ménage, nous pouvons nous en passer, certes, mais un peu de crédit bien utilisé n’a jamais fait de mal a personne bien au contraire ! C’est bien méconnaitre l’économie que de viser 0% ou +1%…
  • Dire que l’économie est une science comme il aime à le souligner est ridicule et bien évidemment faux, ceci, même pour des ignares, nous est rappelé par le nombre de crises économiques qui se succèdent et qu’on n’a pas su prévoir et empêcher. Manifestement monsieur Beigbeder n’est pas un scientifique sinon il saurait ce qu’est une science, c’est d’ailleurs bien regrettable car il est tout de même de formation ingénieur de l’école Centrale Paris !
  • Le fait que l’on réexporte une partie de ce qui est importé ne justifie rien. Si l’on prend l’exemple d’Apple aux États-Unis, nous savons que si la recherche et développement est américain, la fabrication est purement chinoise. Si l’on suit le raisonnement de Beigbeder, Apple est une bonne affaire pour les Américains pourtant on peut lire qu’Apple avec sa fabrication 100 % chinoise serait responsable pour plus un milliard du déficit commercial américain ! Ceci signifie simplement que, le réexport de produit hautement technologique n’est pas rentable et générateur de déficits commerciaux !
  • Dire que parce que l’on s’est mis dans une situation délicate qui est une impasse, il ne faut pas changer est absurde. Oui, mettre des barrières douanières n’est pas non plus une solution miracle, ce sera aussi difficile au départ, car cela bouleversera beaucoup d’équilibres, mais n’est-ce pas justement ce que nous devons faire ? Ne devons-nous pas remettre à plat le système, et ce, même si c’est difficile ?
  • La mondialisation est une chance extraordinaire seulement pour les peuples pauvres qui n’ont rien à perdre et tout à gagner, pour les Français ce n’est en aucun cas une affaire. Un homme politique et représentant du MEDEF ne doit-il pas se préoccuper uniquement des intérêts français ? S’il désire travailler pour des intérêts chinois qu’il parte en chine ou en Inde… Nous sommes en grave déficit comme Beigbeder aime le répéter pendant que les Chinois croulent sous les excédants budgétaires et Beigbeder nous propose de les « aider », c’est tout simplement surréaliste !
  • Faut-il rappeler à Beigbeder que les miettes de croissance que la mondialisation nous accorde ne sont pas de 1 %, mais très proche de 0 % comme le montre les derniers chiffres français…
  • Financer notre modèle social avec les nouveaux marchés qui s’ouvrent est une illusion ridicule : si cela marchait, nous n’en saurions pas là. Pourquoi cela ne marche-t-il pas ? Parce que les pays pauvres sont plus protectionnistes que nous : une société occidentale ne peut entrer sur le marché chinois que si le gouvernement chinois est d’accord et en général ce n’est le cas que parce qu’il y a des transferts de technologie important sur des secteurs stratégiques pour les Chinois. Rien de tout cela en Europe et la chancelière Allemande a du se fâcher, car les Chinois venaient en Allemagne acheter des PME, pillait leur savoir-faire et repartaient en Chine !
  • Vous remarquerez qu’il ne parle absolument pas des mesures nécessaires pour réindustrialiser la France, seule option pour recréer des emplois au lieu de ne vanter que les emplois d’import (et exports) qui ne sont souvent que le symbole de l’aggravation de notre déficit commercial. Ou sont ses propositions innovantes sur le sujet ? Il est vrai que Beigbeder est plus un financier qu’un industriel : Il a fondé le courtier en ligne Selftrade, le fournisseur d'électricité Poweo, le producteur agricole AgroGeneration, la société de réservation de loisirs Happytime et la société financière Audacia. Rien d’industriel dans tout cela, son seul vrai contact industrile n’a duré que peu de temps : juste après sa sortie d’école il a travaillé deux petites années chez Matra Marconi Space. Année industrielles vite oubliées.

Selon lui il faut faire « beaucoup, beaucoup de pédagogie » des réformes effectuées et de celles qui faut faire. Il ne faut pas attendre, car si l’on attend on peut doubler nos intérêts financiers. La journée d’action contre l’austérité est un échec total : 5000 personne à Marseille ce qui prouve que les Français ont compris qu’il fallait des sacrifices… D’ailleurs si nous ne faisons pas rapidement ces sacrifices, la dégradation de la note français va surement doubler les frais financiers de la dette.

Analyse : autre grande lubie des ultralibéraux : si l’on n’est pas d’accord avec eux c’est parce que nous n’y connaissons rien (nous n’avons pas été éduqués à la « science économique » à l’école) et parce que les bonnes idées ultralibérales n’ont pas été présentées avec suffisamment de pédagogie ! Vu le bilan désastreux du gouvernement, c’est pour cela qu’il faut faire « beaucoup, beaucoup de pédagogie » des réformes effectuées et, mais aussi de toutes celles qui faut que nous fassions pour satisfaire l’ogre libéral… En revanche Beigbeder a raison sur un point, un seul finalement, il faut traiter ce problème de la dette rapidement et avant l’élection présidentielle car la note de la France sera dégradée après et cela nous coutera plus cher… Mais l’élimination de la dette n’implique pas uniquement des rabotages sociaux.

Alors si, au MEDEF, c’est cela la « recherche et l’innovation », il est urgent de supprimer cette commission, car c’est de la foutaise pure et dure !

jeudi 6 octobre 2011

Tablette à 1€, le maire de Massy proteste

tablette à un Euro

Dans une lettre au ministre de l’enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, le maire de Massy (91), Vincent Delahaye, s’étonne lui aussi du choix du gouvernement d’écarter Archos et lui demande de réétudier le cadre cette offre. Le Blog Economique Et Social, qui ne manque pas une occasion de défendre la France et son industrie ne pouvait pas ne pas la publier :

“Monsieur le ministre,

La Gouvernement a décidé de lancer pour les étudiants une offre de tablette électronique à 1€ par jour.

Si je pense qu’il s’agit là d’une très bonne idée, permettez-moi de vous faire part de ma plus complète désapprobation suite au choix de l’Etat de choisir une offre mixant Apple et Samsung, au détriment d’Archos, seule société française du secteur.

Je ne comprends pas l’élimination de la seule entreprise nationale dans ce domaine.

Comme vous le savez, Archos est une PME française référente sur le marché très concurrentiel de l’électronique nomade grand public. Elle se situe derrière Apple et devant Samsung. Si elle était confirmée, cette décision serait regrettable pour le France comme pour l’Essonne. Notre département est riche d’acteurs publics et privés dans le domaine de l’innovation technologique. Il convient donc de les encourager.

A Massy et sur le Plateau de Saclay, où est installé Archos, nous sommes aux premières loges pour voir le talent français se développer dans ces domaines stratégiques.

Au moment où l’Etat réaffirme l’exemplarité de ce secteur essentiel avec l’Opération d’Intérêt National, comment comprendre une décision qui écarte l’un des fleurons nationaux d’un marché aussi important puisqu’il s’adresse à des jeunes et donc à un public en devenir.

Je vous serais donc très reconnaissant de réétudier les conditions d’accès au marché que vous venez de lancer afin qu’Archos bénéficie d’une même égalité de traitement que ses concurrents.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à mes sentiments les meilleurs.

Le Sénateur-Maire, Vincent Delahaye.”

Vincent Delahaye est Sénateur et Maire de la ville de Massy (91), président délégué du Parti Radical valoisien dans le département de l’Essonne, chargé du développement et de l’animation de la fédération et membre du comité national.

Comme nous le disions dans notre précédant article sur le sujet, Vincent Delahaye pense comme nous que cette décision est un très mauvais signe que l’Etat envoie à nos champions économiques. Mais quelle mouche a donc piqué le gouvernement ?

Discours de Steve Jobs à Stanford en 2005, hommage.

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« C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n’ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n’ai même jamais été témoin d’une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd’hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C’est tout. Rien d’extraordinaire. Juste trois expériences.
« Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université »

La première concerne les incidences imprévues. J’ai abandonné mes études au Reed Collège au bout de six mois, mais j’y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?
Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr. » Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n’avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.
Dix-sept ans plus tard, j’entrais donc à l’université. Mais j’avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de six mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j’abandonnais les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui m’intéressaient.
Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed Collège dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m’inscrire en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.
Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne possèderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.
On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains évènements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.
« Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire »
Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans.
C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes.
Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose – j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.
Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.
Pendant les cinq années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.
Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.
« Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie »
Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans la gla-ce le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement.
Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.
Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable, et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.
J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin. J’étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m’a opéré et je vais bien.
Ce fut mon seul contact avec la mort, et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n’ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité.
Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.
Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog , l’une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d’idées épatantes.

Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog . Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit d’aventure. Dessous, on lisait : « Soyez insatiables. Soyez fous. » C’était leur message d’adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.
Soyez insatiables. Soyez fous.
Merci à tous.
»

mardi 4 octobre 2011

Quand le gouvernement “enfonce” l’industrie française

La semaine dernière, une annonce ridicule du gouvernement n’a choqué personne pourtant il y a fort a dire sur l’annonce de tablettes tactiles à 1 € par jours pour les étudiants.

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La semaine dernière, le gouvernement annonce la disponibilité d’une offre d’une tablette à 1 € par jour pour les étudiants avec abonnement données 3G compris.

Une bonne affaire ?

En fait, il y a obligation d’abonnement durant 24 mois soit 365*2=730 euros au total. Sachant que par exemple la Galaxy Tab 8,9 pouces et 3G coutent 449 € sur Internet cela signifie que l’abonnement est finalement vendu à 11,7 € par mois. Ce tarif est à cheval entre le tarif 200Mo de données par mois d’orange pour 8 €/mois et le forfait à 1 Go (1000Mo) pour 28 € par mois, mais seulement 18 € par mois pour une utilisation sur iPad (difficile à comprendre !). Nous voyons bien que suivant les conditions en terme de débit ce n’est pas forcément une bonne affaire. Or, le ministre de l'Enseignement supérieur Laurent Wauquiez, a que l’opérateur "finançait la différence" (le cout de la tablette) et que cela ne coutait "rien au contribuable". Si c’était vraiment le cas l’abonnement reviendrait à 30,4 € par mois ce qui est un abonnement plutôt haut de gamme : 2Go par mois coutent chez Orange 32 € par mois. Est-on bien dans ce cas ? Pas du tout ! L’offre proposée par Orange et le ministre est de 1Go par mois ! Ceci veut donc dire que la tablette pourrait, en fait, être facturée plus cher que ce qu’elle coute (si l’on prend l’offre 1Go iPad) ! Ce n’est pas illogique en soit puisque Orange avance (prête) l’argent correspondant au cout réel de la tablette durant presque deux ans. Mais nous voyons que c’est loin d’être une super affaire même si les tarifs nébuleux d’Orange ne permettent pas vraiment de comparer.

L’offre s’adresse-t-elle au plus grand nombre ?

L’offre est valable pour toute personne s'engageant dans des études après le baccalauréat, au sein d'établissements publics ou privés, "sans aucune restriction, ni d'âge ni de ressources", a précisé Laurent Wauquiez. Vu sous cet angle cela parait très séduisant, mais nous apprenons un peu plus loin qu’il visait 10 000 étudiants pour que sont offre soit une réussite. Cela me parait bien peu. Est-elle limitée à 10 000 personnes comme l’indiquent de nombreux journaux? D'ailleurs, la tablette est proposée "sans aucune restriction, ni d'âge ni de ressources". Est-ce vraiment intelligent d’aider ceux qui peuvent déjà se payer une tablette haut de gamme ? Mais comme l’offre n’est pas une si bonne affaire, il aurait mieux valu l’ouvrir a tout le monde, même aux salariés, et avec un prix plus attractif vu le volume plus grand espéré par Orange.

L’offre est-elle judicieuse ?

L’idée de mettre une tablette tactile à disposition d’étudiants n’est pas une très bonne idée. A titre de comparaison un Netbook de grande marque et souvent plus puissant et travaillant sous Windows est largement plus pratique pour prendre des notes, car il a un clavier et peut faire marcher la suite bureautique de Microsoft, enregistrer le son d’un cours, car il a un (gros) disque dur (alors que les tablettes n’ont que 16 Go de donnés) et enfin il coute presque deux fois moins cher ! Les tablettes sont plus réputées pour l’écoute facile de la musique et des films ainsi que le surf sur Internet que pour le travail des étudiants. D'ailleurs, le ministre le sait puisqu’il "souhaite que soient développées des applications utiles pour les étudiants, tant sur le plan pédagogique que pour leur vie quotidienne". C’est dire s’il sait que son offre est faible ! N’aurait-il pas fallu faire développer des logiciels pour étudiants et proposer ensuite cette offre plutôt que l’inverse ? Il est donc clair que le ministre surf sur la mode du moment (les tablettes), mais ne prend pas en considération les véritables besoins des étudiants.

Le choix de l’IPad et de la Galaxy Tab est-il bon pour la France ?

Ici se situe le pire de cette affaire, c’est que le gouvernement pour cette offre ridicule (prix, tablette au lieu de notebook, seulement 10 000 élus…) est le choix des fournisseurs : Apple (R&D américaine, fabrication totalement Chinoise) et Samsung (R&D et fabrication en partie Coréenne). En effet, c’est oublier tous les autres fabricants et en particulier Archos marque française et qui possède ses bureaux de recherche et développement en France ! Archos propose de nombreux modèles de tablettes dont certains biens moins chers (250 €) que ceux d’Apple ou Samsung. Les tablettes Archos existent de longue date et sont bien connues dans le monde entier. Ces tablettes sont déjà commercialisées avec des offres 3G chez Bouygues ou SFR ou bien encore sans abonnement. Rare groupe d’électronique grand publique en France, Archos se dit victime d’une sorte de discrimination de la part du gouvernement et d’Orange qui ne veut pas distribuer ses tablettes. Pour contrattaquer le groupe français se dit prêt à lancer une offre pour moitié prix soit 0,5 € par jour avec la connexion 3G ! D’après le PDG de l’entreprise, cette offre permettrait de diminuer les couts de distribution de sa tablette de 30 % rendant l’offre facile à commercialiser. En retours le ministre indique que les tablettes Archos ne seraient pas au point techniquement… «Si Archos est prête à proposer une offre, on l'étudiera. Mais je suis là pour les étudiants, ma priorité est qu'ils soient équipés de matériel au meilleur prix, je ne suis pas là pour faire le VRP des constructeurs », tout est dit !

Il est donc nécessaire de se demander si le gouvernement travaille vraiment pour la France ou pour Apple et Samsung. Car s’il a écarté Archos, seul constructeur national, il dénigre également de manière grossière et injuste ses solutions techniques ! Quelle portée va avoir ces propos dans les ventes futures d’Archos ? Voila le seul effet tangible de “l’observatoire de Made in France” lancé en grandes pompes par le gouvernement puis discrètement et immédiatement abandonné. Dans quel pays vit-on ? Pour qui “roule” le gouvernement ? Qui s’occupe encore des emplois en France si le gouvernement organise la déconfiture du peu d’industrie qui reste encore dans le pays ?