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mercredi 10 octobre 2012

Sanofi et Montebourg: Zéro pointé !

Le Blog Economique Et Social avait déjà dénoncé l’attitude d’Arnaud Montebourg concernant le plan social de Sanofi, nous pensions, bêtement, que le ministre porterait une plus grande attention à l’avenir sur ce dossier, mais il n’a fait que de sauver les intérêts de son parti politique ! Incroyable !

Rappel des faits : début juillet, nous apprenions la possibilité de 1000 à 2000 suppressions de postes chez Sanofi d’après les syndicats. Scandale ! Car Sanofi se porte très bien avec un bénéfice de 5 milliards. Sanofi est un grand habitué de ce procédé, déjà entre 2009 et 2011, le troisième laboratoire mondial a supprimé près de 4000 postes en France. Cette affaire apparait donc comme le prototype d’un licenciement boursier. Or, cette fois, Sarkozy n’est plus au pouvoir, ce sont les socialistes qui sont aux commandes. Que vont-ils faire ?

Début septembre, le gouvernement monte au créneau : « Le ministre n'a pris aucun engagement concret, mais a affirmé que le plan était inacceptable », a dit lors d'une conférence de presse improvisée devant le ministère, Thierry Bodin, coordonnateur CGT et l'un des porte-parole de l'intersyndicale CFDT, CGT, CFE-CGC, SUD et FO.

Finalement, le 23 septembre, nous apprenons que le plan ne concernera finalement « que » 900 emplois en France. Le Blog Economique et Social fait alors remarquer que la performance du ministre, sur ce dossier, n’est pas au rendez-vous. Pire, sa prestation est scandaleuse : « Quand une entreprise fait cinq milliards de profits, comme c’est le cas dans Sanofi (…) elle a le droit de se réorganiser », indique alors le ministre du Redressement Productif lors de l’émission Capital. C’est vrai que cela nous change de Sarkozy… Puis, un peu plus tard, le ministre indique : « Je note qu'ils (Sanofi) ont suivi les recommandations du gouvernement ». Mais qu’a donc recommandé exactement le gouvernement ? 900 licenciements ? Est-ce bien cela ?

Pourtant, nous faisions remarquer que les clients de Sanofi sont les Français et la sécurité sociale, donc le gouvernement. Or c’est le gouvernement qui décide quels médicaments sont remboursés par la collectivité et ceux qui ne le sont pas. Le gouvernement avait donc un levier de négociation par comme dans le cas de PSA…

Piètre prestation pour un ministre du Redressement Productif donc. Nous aurions été en droit d’espérer que le ministre fasse profil bas à l’avenir sur ce dossier. Peine perdue ! Il vient de se glorifier de ce qu’il n’y aurait aucun licenciement sec, mais seulement 900 départs volontaires. Mieux, le site de Toulouse ne serait pas fermé: « Je tiens à remercier Sanofi d'avoir renoncé à l'usage des licenciements et d'avoir décidé de préserver Toulouse », a dit M. Montebourg lors d'un point presse à l'Assemblée nationale. Pas trop mal en apparence… Mais en apparence seulement car :

  1. Cette annonce avait déjà été faite fin septembre par Sanofi, le ministre a donc un train de retard et par la même occasion se moque bien de nous.
  2. En apparence, car si le site de Toulouse est sauvé, le nombre de départs n’a pas changé. Ce sauvetage se fera donc aux dépens des autres sites ! Rien de miraculeux donc.
  3. Mais surtout, là où Montebourg se moque vraiment de nous, c’est que le maire de Toulouse, très remonté contre ce licenciement boursier, est en fait un maire du… Parti Socialiste ! On sert les copains, tant pis pour les autres…

Ainsi, Montebourg est plus le ministre du Redressement Productif du PS que le ministre du Redressement Productif de la France. Incompétence ? Collusion avec Sanofi ? Dans tous les cas pour Montebourg c’est zéro pointé !

jeudi 27 septembre 2012

Le facteur 12 - pourquoi il faut plafonner les revenus

Livre de Gaël Giraud et Cécile Renouard, Carnets Nord, Parution : jeudi 29 mars 2012, ISBN : 9782355360602, 260 pages, 18 €

Facteur12

Le livre Facteur 12 de Gaël Giraud et Cécile Renouard a retenu mon attention, car il donne quelques clefs aux raisons du marasme économique actuel et milite pour une limitation des écarts de revenus d'un facteur 12.
La nécessité d'une société plus équitable, le choix du chiffre 12, les impacts sociaux, écologiques et économiques d'une grande disparité des revenus y sont détaillés et analysés avec l'aide de nombreux chiffres, études et exemples passionnants.
La lecture de ce livre révèle combien nous avons été endoctrinés par les médias et les libéraux afin d'écarter d'office certaines solutions en les ridiculisant ou par répétition de leur impossibilité.

Je ne peux que vous recommander chaudement ce livre qui vous aidera à penser par vous-même sur ces sujets d'actualité.

Bilan des écarts de salaires en France et dans le monde

Le revenu moyen après impôts des 10 % les plus riches est en France environ neuf fois plus élevé que celui des 10 % les plus pauvres. Les pays nordiques ont un écart de 1 à 6, tandis que les États-Unis ont un écart de 1 à 16 ! Mais « le revenu moyen des 0,01 % les plus riches était de 108 SMIC à temps plein en 1998 » précisent les auteurs. Dans le cas des pays nordiques, le dernier décile 9 de la population a maintenu un bien meilleur niveau de cohésion sociale que celui de la France et le Forum de Davos a placé la Finlande en tête de tous les pays du monde en termes de compétitivité pendant plusieurs années. Pourtant, « les inégalités s'accroissent même au sein des pays riches les plus égalitaires, c'est-à-dire les pays du Nord de l'Europe, en particulier en Suède où le coefficient de Gini est passé de 0,21 à 0,26 en vingt-cinq ans » [le coefficient de Gini vaut 0 pour une égalité parfaite, et 1 une inégalité parfaite].

Surtout, « les 0,01 % des foyers les plus riches ont vu leur revenu réel croître de 42,6 % entre 1998 et 2005, contre 4,6 % pour les 90 % des foyers les moins riches ». Dix fois plus vite ! De même « Entre 2003 et 2010, la rémunération – nette de l'inflation – des PDG des entreprises du CAC 40 a augmenté de 20 % alors que celle des salariés de ces mêmes entreprises augmentait de 1 % ». Si l’on détaille encore : « Selon le magazine Capital de novembre 2008, les rémunérations moyennes, stock-options comprises, des 50 premiers patrons, représentaient 310 fois le SMIC. Mais en tête de peloton, on atteint ou l'on dépasse 1 000 SMIC, soit plus de 2 000 RMI. Et si l'on y ajoute les dividendes perçus, on crève le plafond avec plus de 20 000 SMIC pour chacun des trois patrons français les plus riches ».

En fait, ce sont les PDG qui sont à la tête d'entreprises de plus de 2 000 salariés qui se sont le plus récompensés, la rémunération brute moyenne des patrons des entreprises du CAC 40 (salaires et valeur estimée des stock-options attribuées annuellement) était de 6,47 millions d'euros en 2003, soit l'équivalent de 444 SMIC annuels bruts. C'est en cumulant ces avantages que l'on constate que certains patrons se voient octroyer jusqu'à 20 000 SMIC par mois. Ainsi en 14 ans de temps, le PDG du groupe Peugeot Citroën est passé d'un salaire de 35 fois le SMIC à 166 fois le SMIC en 2002 pour Jean-Martin Folz.

Quant à l'éducation, la plupart des grandes écoles publiques n'exigent plus, aujourd'hui, « le remboursement de leurs frais de scolarité aux élèves qui ne remplissent pas leur contrat décennal de service pour l'État. Pourquoi, dans ces conditions, les contribuables devraient-ils financer les études de ces jeunes étudiants, issus, pour la majorité, des couches les plus favorisées de notre société ? »

Le livre remarque encore : « Le fait que ces écarts financiers soient très souvent liés – et parfois pour toute la vie professionnelle – au niveau de la grande école dont on est issu, renforce cette aristocratie à la fois salariale et sociale et ne favorise pas le travail coopératif ». C'est en effet une grande tare de la France que l'on voit tous les jours dans les grandes entreprises : l'école d'origine décide de la carrière et pas la performance réelle sur le terrain, comble de l'iniquité et de l'inefficacité. Combien de points de croissance gagnerions-nous si nous changions cette pratique ridicule ? Combien les entreprises de notre pays seraient plus performantes ?

Cette situation n’est pas cautionnée par les Français qui préconisent en majorité un écart de 1 à 10 (sondage CSA réalisé en septembre 2011).

Un nouvel impôt sur le revenu remplaçant un grand nombre de taxes existantes, notamment la contribution sociale généralisée (CSG), l'actuel impôt sur le revenu (IRPP), le prélèvement libératoire, la prime pour l'emploi, le bouclier fiscal.

Les écarts actuels de salaires ne sont justifiés par rien

Le salaire des cadres dirigeants ne s’explique pas par la loi de l’offre et de la demande. En réalité ils fort peu mobiles. Peu de grands patrons français se font embaucher dans une grosse entreprise étrangère à cause de l'obstacle de la langue et le difficile transfert des compétences d'un pays à l'autre. C’est d’ailleurs justement le contraire : c’est parce que « nos cadres dirigeants ne sont pas réellement mis en concurrence avec leurs alter ego chinois qu'ils peuvent se voir octroyer des revenus mirobolants, là où les salaires des techniciens sont contraints par le dumping salarial de leurs concurrents asiatiques. » Tout est dit.

D’ailleurs, pour tuer définitivement cet argument du marché, le livre note que, contrairement à ce que nous entendons régulièrement sur certains médias économiques, les marchés partiellement dérégulés et soumis à des euphories et des dépressions auto-réalisatrices provoquent des équilibres entre l'offre et la demande qui sont presque toujours très inefficace, c’est connu des économistes depuis les années 1980.

Les dirigeants ne sont donc pas soumis aux règles du marché, mais poussent fortement pour que le reste des employés y soient soumis : si nous répondions favorablement à la demande pressante « de toujours plus de flexibilité sur le marché du travail, les salaires seraient alors soumis aux mêmes aléas que ceux que connaissent les cours de la bourse. » Une partie essentielle de nos problèmes d’emploi « n'est pas le manque de flexibilité des prix et des salaires, mais, au contraire, leur excessive volatilité ». Le marché du travail, pour éviter les écueils, travail au ralenti. Ce ralentissement prudent, auquel toute l'économie est contrainte face à l'excès d'incertitude sur l'avenir, se traduit très exactement par du sous-emploi chronique.

L’argument de la fuite des « cerveaux » en cas de limitation des écarts de revenus ne tient pas non plus : si cet argument était pertinent, « les pays nordiques n'auraient depuis longtemps plus aucun cadre supérieur ou dirigeant. Ils n'ont pourtant pas connu ce phénomène. ». En revanche, en Grande-Bretagne, pays pourtant fortement libéral et, où les rémunérations ne sont pas limitées, « un diplômé britannique sur six quitte la Grande-Bretagne pour aller travailler à l'étranger, taux le plus élevé parmi les pays occidentaux. »

Notons également que la réduction des inégalités est très loin de provoquer la fuite des meilleurs, mais est au contraire un excellent moyen de les garder. Le SMIC en 2005 était de 8,03 euros bruts de l’heure ou 6,2 euros nets tandis qu’en « Suède (où il n'y a pas de salaire minimum national, mais des conventions de branche), les bas salaires dans ce secteur étaient en 2005 de l'ordre de 9 à 10 euros nets de l'heure. Pour comparaison, le salaire minimum fédéral américain était de 5,15 dollars ».

Autre explication de la situation actuelle : La théorie des incitations. Les fortes rémunérations sont en fait une incitation à la loyauté et à la performance pour les cadres dirigeants. Cette théorie conduit directement à « la dépossession de pouvoir d'une partie des actionnaires au profit du management des entreprises ». Au « lieu de fournir les moyens d'une organisation de l'entreprise “efficace” [elle] formalise la défiance des uns envers les autres (des actionnaires envers les patrons, des patrons envers les salariés, des assureurs envers les assurés, des banques entre elles…) ». Le salaire minimum d'un fonctionnaire français est de 1 149 euros net, soit à peine plus de 200 euros au-dessus du seuil de pauvreté. Si l'on suit la théorie des incitations, cette situation signifie-t-elle qu'un fonctionnaire n'a pas besoin d'incitation salariale pour travailler ? Puisque nous parlons des fonctionnaires, il est intéressant de remarquer l'écart salarial au sein de la fonction publique française est de l'ordre de 1 à 11, pas si loin de notre facteur 12...

« Une part considérable de ce que je “produis” m'a été donnée par d'autres ». La réussite de l'un est la somme des réussites de toute l'entreprise et même du pays. De même, il a été démontré que de fortes rémunérations impliquent un usage plus important des prestations sociales. L'exemple est donné d'une entreprise textile du nord de la France dans laquelle, le patron avait reçu une rémunération de 23 millions d'euros en 2008, « bon nombre des salariés étaient payés au SMIC ou un peu plus – ce qui leur donne le droit de bénéficier de 50 à 200 euros mensuels au titre du RSA ». La question qui se pose est alors : est-ce à l'état de compenser les faibles salaires volontairement versés par de riches patrons ? D'une manière générale, cet exemple pose la question de la justification des rémunérations délirantes. La performance supposée des uns ne se justifie souvent par la performance l'entreprise entière. Que ferait un génial patron sans aucun employé, ou avec de très mauvais employés ? Lorsque Renault a pris le contrôle de Dacia en Roumanie, leurs espoirs de rentabiliser l'investissement dans le temps imparti s'est rapidement évanoui. Les usines étaient plus vétustes que prévu, mais surtout les ouvriers avait pris les habitudes classiques des anciens pays communistes, les maigres salaires versés obligeaient les salariés à travailler « à côté »: ils avaient un rendement abominable et parfois ne venaient pas travailler certains jours. Renault a réussi à relever la situation, mais cette réussite incombe-t-elle seulement aux dirigeants ?

Cet exemple nous amène à l'autre point important : la performance des cadres dirigeants est liée aux efforts cumulés par le pays entier durant des décennies : l'entreprise utilise les moyens de communication (routes, aéroports, internet, poste...), le système législatif, les avantages du système social (avoir des collaborateurs en bonne santé), mais aussi le système éducatif (disposer d'une main-d'oeuvre formée), etc. Ces moyens plus ou moins performants n'ont pas été payés par l'entreprise, mais par tous les impôts des uns et des autres durant des décennies. Lorsqu'une entreprise gagne de l'argent en France, elle a une responsabilité envers ce pays.

Si nous étions rémunérés à hauteur de notre apport et notre utilité pour la société, l'échelle des salaires serait complètement bouleversée. Que ferions-nous sans les routiers, les transports en commun, le personnel médical, etc. ?

Pourtant, selon Thomas (1995), « une politique budgétaire ciblée en faveur de l'appareil productif, financée par prélèvement sur le patrimoine des ménages fortunés, permet de réduire significativement l'inefficacité du marché du travail et, partant, de réduire le chômage. » Tout semble donc lier les inégalités et le chômage. Pourtant, le livre note que « réduire les inégalités ne résoudra pas tous nos problèmes. Mais les laisser se creuser dans les proportions inouïes que nous connaissons est certainement un bon moyen de les aggraver » en précisant « Un esclave corvéable à merci coûtera toujours moins cher qu'un salarié éduqué, bénéficiant de la sécurité sociale et d'une retraite. »

Des dangers de l'accroissement des inégalités

“L'accroissement des inégalités économiques est en partie responsable des grands déséquilibres économiques de la planète. Elle fait gonfler les dettes, privées et publiques, de façon insoutenable. Une société inégalitaire pénalise aussi les riches en augmentant les problèmes sanitaires et sociaux de toute la nation”.

Cette situation intenable ne tient que par un engrenage subtil. Les délocalisations invisibles (l'investissement représente 20 % du PIB des pays émergents contre 10 % dans les pays du bassin Atlantique Nord) sont « compensée par l'afflux de produits toujours meilleur marché de sorte que le pouvoir d'achat de ces classes moyennes ouest-européennes n'a pas diminué (sauf en Allemagne) jusqu'en 2010 ». C’est là qu’intervient le crédit à la consommation qui « vient alors se substituer à la faiblesse des salaires ». Ceci à une conséquence : les excédents commerciaux chinois étant libellés en dollars, Pékin est contraint de racheter de la dette publique américaine. « Les ménages nord-américains peuvent donc continuer de vivre au-dessus de leurs moyens ». Mais le système est pervers : les pays émergents revalorisent leurs salaires « afin de substituer des consommateurs du Sud aux consommateurs défaillants du Nord ». La situation est aggravée par les devises de la plupart des pays émergents qui restent largement sous-évaluées, comme le yuan chinois. Les pays émergents savent que leurs exportations bas de gamme ne leur permettront pas de durer, aussi, ils commencent à produire également du haut de gamme. Ainsi, « en dix ans, la part du haut de gamme est passée de 21 % à 33 % dans les exportations chinoises ». Autrement dit, il ne faudra plus compter non plus sur les exportations vers la Chine pour nos produits de luxe dans les décennies qui viennent. D'où une nécessité de redynamiser notre marché intérieur, et pour cela, le rendre plus égalitaire. En effet, là où les classes moyennes dépenseront la majorité de leurs revenus de pour vivre, les riches n'en dépenseront qu'une fraction et épargneront le reste. Une fraction d'autant plus petite qu'il est riche. Épargne qui ira se placer sur les marchés immobiliers rendant l'achat et les loyers inaccessibles pour les classes moyennes, qui, de fait, dépenseront moins.

Dans son livre Chemins de traverse, Faber, vice-président de Danone calcule qu'en redistribuant 30 % du salaire du centile le mieux payé de sa société aux 20 % de ses salariés les moins bien payés, cela permettrait de doubler leur salaire. « Généraliser l'opération “Faber” à l'ensemble de l'économie permettrait d'éradiquer la pauvreté en France ! »

Pour les grandes entreprises, c'est le même problème que pour leurs PDG : le taux d'imposition effectif moyen des entreprises du CAC 40 est de… 8 % (contre 13 % pour les PME) et plusieurs des « poids lourds » du CAC 40 ne paient rigoureusement aucun impôt sur le sol français!

Environ 45 % des propriétaires de comptes secrets suisses seraient des résidents de la zone euro. « Si l'on tient compte de cette richesse dissimulée, l'Europe redevient créditrice nette vis-à-vis du reste du monde, comme le Japon. Et l'ensemble des pays riches du Nord redevient à son tour créditeur net à l'égard de la planète. »

Les 10 dernières années ont été le théâtre de la réduction de la fiscalité sur les hauts revenus avec pour conséquence 80 milliards d'euros de manque à gagner chaque année depuis 2000 en France. Ce supplément de revenu des riches est allé à l'épargne qui a été empruntée par ceux qui en avaient besoin, moyennant un taux d'intérêt. Ceci concerne les entreprises, les collectivités territoriales, les États et les particuliers.

Mais les réductions d'impôts n'expliquent pas tout : la décision, adoptée en 1974, de rendre la banque centrale « indépendante » a eu pour conséquence d'ôter le pouvoir de création monétaire des mains des instances démocratiquement élues pour le confier à des experts. De fait, le pays est condamné à se financer auprès de créanciers privés. Ainsi, « tous les intérêts de la dette payés depuis 1974 représentent, en France, près de 1 200 milliards d'euros, sur les 1 650 milliards de dettes publiques ». « Sans eux, notre dette s'élèverait à 25 % du PIB français ».

L'annulation des taux d'intérêt et des cadeaux fiscaux suffirait donc à annuler entièrement le poids de la dette publique !

Les riches détruisent la planète

L'explosion des revenus d'un tout petit nombre (le centile le plus favorisé de la population) induit, de la part des bénéficiaires, un mode de vie extrêmement énergivore et destructeur de l'écologie planétaire.

Nous n'en avons pas conscience, mais ce qui fait fonctionner la machine industrielle mondiale, c'est avant tout l'énergie, et non le travail des hommes. La croissance du PIB est due à l'augmentation de la productivité des hommes, environ 1 %. À cette croissance est venue s'ajouter celle due à l'énergie fossile. Ainsi, la Révolution industrielle a été construite essentiellement sur la substitution de l'énergie (fossile) à l'énergie humaine, ce qui supposait une augmentation massive de notre consommation d'énergie fossile. Mais aujourd'hui nous savons que nous ne pouvons plus consommer davantage de pétrole chaque année, ce qui réduit notre croissance des deux tiers, soit un faible 1 %. Il est donc idiot de croire en une croissance et en des rendements de 15 %. « Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » Kenneth E. BOULDING, économiste américain (1910-1993).

Ainsi, il est difficile d'obtenir globalement des rendements de plus d'un pour cent. Pour obtenir plus, il est nécessaire de rendre la bourse volatile, avec des variations subites et en partie dues à des effets d'annonces, du « bruit », sans réalité matérielle.

En définitive, cette situation nous enseigne que les pays qui disposent des ressources énergétiques seront les grands gagnants de la bataille industrielle internationale. Les solutions qu'on nous propose souvent, la montée en gamme des produits, l'augmentation des services n'ont guère de chance de réussir, car les pays émergents montent également en gamme et « les services sont, eux aussi, extrêmement gourmands en énergie ». La stratégie chinoise d'adopter une approche protectionniste pour les biens complexes est couronnée de succès, car elle a contraint les entreprises chinoises à les produire.

Nous n'avons pas d'autre solution que de nous orienter vers la fabrication de produits écologiques et « bio » alors que la concurrence continue de vendre, moins chers, des produits « sales ». Malheureusement, la consommation des ménages ne pourra pas s'orienter vers les produits « verts » utilisant moins de pétrole et plus d'énergies renouvelables, tant que seront disponibles des produits bradés venus des pays émergents. Car produire propre conduira, au moins dans un premier temps à produire plus cher. D'où l'importance de redistribuer correctement les richesses dans notre pays, afin d'absorber cette hausse. Quant aux produits sales, il nous revient de les pénaliser avec une taxe douanière, ce qui diminuerait leur attractivité. Le traité de libre-échange de Genève en 1994 a eu des effets globalement négatifs.

Un argument est souvent avancé lorsque nous parlons de barrières douanières : les possibles « rétorsions » auxquelles nous aurions droit. Le fait est que celles-ci existent déjà largement aujourd'hui. Si de nombreux pays ne jouent pas le jeu comme la Chine, l'Europe est le seul continent à vouloir « jouer » le jeu libre-échangiste. « Cessons d'avoir peur du reste du monde : il a aussi besoin de nous ». De plus « si chacun attend que l'autre soit d'accord pour mettre en place une telle taxe, nous en discuterons encore dans trois décennies »...

Le livre révèle qu'un « chef de famille est cadre supérieur présentera ainsi un bilan annuel moyen de 8,5 tonnes de CO2, contre 6,7 pour les employés. Davantage de loisirs et surtout un usage de l'avion accru – 38 % des émissions des transports d'un cadre supérieur contre 18 % pour la moyenne des ménages – sont les principaux postes de pollution. Les ouvriers prêtent aussi davantage attention à la consommation d'énergie ».

Il est clair dans l'esprit de tous que plus nous sommes riches plus nous polluons. Et même si les riches sont minoritaires « Dans une société inégalitaire, la dilapidation écologique des très hauts revenus sert d'exemple à toute la société. » En effet, chaque classe sociale prend pour exemple la classe sociale qui lui est supérieure. Ainsi, le comportement des riches aspire tous les autres. Or les problèmes écologiques ne peuvent se résoudre uniquement par un comportement plus responsable des riches : tout le monde doit contribuer et réduire le train de vie des riches y contribuera.

L'impact du revenu sur la pollution est modéré pour l'alimentation, mais « significatif pour les services, le logement, l'achat de biens et sont énormes pour la mobilité (la voiture, surtout) ». « Conclusion : outre le plafonnement des revenus, une mesure comme la mise en place de taxes substantielles sur les voitures haut de gamme et sur le transport en avion serait un bon instrument de justice écologique ». L'impact écologique de l'épargne des hauts revenus est elle difficile à calculer, mais aggrave encore le bilan.

Nous savons que nous devons réduire d'un rapport quatre nos émissions de gaz à effet de serre. Le livre nous explique que le facteur 12 est également un élément essentiel pour parvenir au facteur 4 écologique.

La réduction de la dette nous est présentée comme un impératif à mettre en place rapidement. Pourtant si tout le monde vend des actifs pour payer ses dettes, la valeur de ces actifs va diminuer. Si cette baisse est plus rapide que le désendettement des acteurs les plus lourdement endettés, l'effet inverse va se produire : plus on se désendette, plus le poids de cette dette augmente… En revanche, si une masse critique de débiteurs renoncent à rembourser leurs dettes, l'économie repartira. « C'est pour cette raison que, n'en déplaise aux créanciers, l'annulation des dettes est un bon moyen de permettre à une économie de ne pas se désintégrer ».

Est-ce immoral ? Il faut savoir que « les banques commerciales créent la plus grande part de la monnaie qu'elles prêtent ». « Créer cette monnaie ne leur coûte (presque) rien. Lorsque la société des débiteurs est au bord de l'implosion, est-ce donc si immoral de renoncer à rembourser un argent qui n'a (presque) rien coûté à personne ? »

Le fait est que l'argent injecté par les banques centrales n'irrigue pas l'économie : les centaines, voire milliers, de milliards que la BCE accorde aux banques commerciales depuis 2008 sont absorbées sans la prêter à l'économie réelle (un effet qui s'appelle le « credit crunch »). Dans notre situation de désendettement, il est vital de ne pas diminuer les revenus des acteurs endettés qui seraient susceptibles de consommer. Vital de prêter aux entreprises qui veulent investir. D'où la nécessité de réformer radicalement le secteur bancaire européen, qui ne joue plus son rôle.

Tout le problème est que l'état se trouve dans l'obligation de nationaliser les dettes privées tandis que les profits restent fortement privés. L'exemple d'AIG est frappant : l'assureur avait vendu la promesse d'une compensation de 80 milliards de dollars en cas de faillite de Lehman Brothers. « Lorsque Lehman a finalement fait faillite le 15 septembre 2008, AIG s'est retrouvée dans l'incapacité de s'acquitter de sa promesse ». « Pour éviter la faillite d'AIG, la puissance publique américaine a renfloué l'assureur de 80 milliards, financés évidemment par le contribuable. »

Les inégalités ne favorisent pas la démocratie

Une société moins inégalitaire est plus démocratique, car elle facilite l'accès au débat politique du plus grand nombre tandis qu'elle réduit l'une des sources importantes du sentiment d'injustice et de la défiance qui aujourd'hui découragent beaucoup d'Européens. Mieux encore : tout indique que les citoyens d'une société égalitaire se portent mieux (y compris les plus riches !) et sont plus heureux…

Pourquoi cet état de fait? Seule une minorité refuse d'admettre cette situation mortifère, et c'est celle qui détient le pouvoir économique, les positions politiques d'influence, le contrôle des médias…

Le livre remarque que « la croissance joue peu en faveur des pauvres dans les pays les plus inégalitaires » et que « Plusieurs travaux montrent la corrélation entre le manque de confiance dans la société et la sous-performance économique des pays ». D'où la défiance des Français envers leurs institutions depuis les années 1980. De fait, une amélioration du dialogue social et du service public sont nécessaires dans notre pays.

Remarquons que PIB et bonheur d'un peuple ne sont pas entièrement liés. Depuis1970 et les enquêtes d'Easterlin 20, il est établi que le bonheur n'augmente pas de manière linéaire avec le PIB moyen par habitant. Mais nous savons également que la peur du déclassement social à un impact important. Le passage que nous avons vécu dune entreprise État à une entreprise-projet rend possible l'explosion des salaires de certains : puisqu'il n'y a plus de grille salariale stable. La part variable dépend de la performance du cadre et non de celle de son entité, elle accroît la pression sur lui et « l'incite à adopter un comportement agressif afin de remplir ses objectifs plutôt que de travailler avec d'autres à la réalisation d'objectifs communs ».

La rémunération est-elle la seule solution pour récompenser, fidéliser et attirer les talents ?Nombre d'entreprises qui ont des difficultés à embaucher des talents ont déjà répondu à la question : « les conditions de travail et la convivialité, l'utilité, la satisfaction et le sentiment d'accomplir une activité professionnelle qui a du sens ». D'où le développement de conciergerie dans les entreprises par exemple.

Si nous y regardons de près : « Dans la tranche des 0,01 % des salaires les plus élevés pour 2007, nous trouvons près de 40 % de salariés de la finance, 20 % de chefs d'entreprise et 10 % de sportifs ». Pourtant, une enquête auprès des Français indique que « quasiment deux tiers des Français – 64 % – fixent ce revenu maximal à moins de 10 000 euros » soit un « écart acceptable en France entre le plus bas et le plus haut revenu est de 1 à 11. »

Limiter les écarts de salaire permet de sortir de la l'idéologie individualiste et donc contre-productive pour la collectivité du « travailler plus pour gagner plus ». Nous pourrions travailler autrement et mieux, tout en répartissant mieux le travail dans la société afin de réduire le chômage. Et ce, tout en favorisant de nouveaux équilibres de vie au niveau individuel. Le bon fonctionnement des entreprises repose sur la mise en œuvre de relations spontanées, et à une certaine forme de gratuité. La construction de liens est essentielle à la production de biens. Steve Jobs l'avait bien compris, puisqu'il a fait construire un siège social pour Apple avec une architecture telle que tout le monde est obligé de se croiser dans la journée malgré la taille du bâtiment.

Comme le résume le livre, « C'est l'interrogation sur la finalité de la sphère économique qui manque souvent aux chantres du “laisser-faire” »

Les solutions

Le plafonnement des écarts de salaire à un rapport 12, au lieu de plafonner uniquement les niveaux, fournit en effet une incitation très forte aux hauts revenus à ce que les revenus les plus faibles augmentent, car les leurs augmenteront douze fois plus vite (pour les plus élevés).

L'État pourrait aussi faire du facteur 12 une condition nécessaire d'éligibilité pour les appels d'offres publics et les partenariats publics/privés. Il pourrait imposer ces conditions aux entreprises qui bénéficient de l'aide publique directe, jusqu'à ce qu'elle ait remboursé ce qu'elle doit à l'état.

L'idée de plafonner ou de réduire les écarts de salaires peut paraître dogmatique tant les libéraux ont fait tout leur possible pour rendre une telle idée ridicule. Pourtant, il faut se rappeler que cela n'est pas si ridicule dans l'absolu et que même les États-Unis sont passés par cette étape. Le plafonnement des revenus remonte à Platon et fut reprise par l'Américain Felix Adler, philosophe et fondateur du National Child Labor Committee, propose en 1880 une fiscalité allant jusqu'à 100 %. Roosevelt institue une taxe de 79 % sur les revenus supérieurs à 5 millions de dollars. En 1944 le Congrès américain adopte une taxe de 94 % sur les revenus supérieurs à 200 000 dollars. Des taux avoisinant 90 % sont maintenus jusque dans les années 1960, et passent à 70 % au moment de la présidence de Lyndon Johnson (1963-1969). En octobre 2008, en Allemagne, a été décidée la suspension des bonus et des dividendes et un plafonnement des salaires annuels à 500 000 euros dans les banques aidées par l'État. Ce qui revient, grosso modo, à un facteur 60.

Contrairement à ce que l'on demande ici ou là le livre prône pour une augmentation de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers). Évidemment, prise seule, cette mesure serait fatale pour les plus pauvres des Français, mais il faut la voir dans un cadre plus global.

Comme nous l'avons vu, la suppression des niches et cadeaux fiscaux accordés depuis 2000 rapporterait entre 80 et 100 milliards d'euros annuels.

« À court terme, une monétisation partielle des dettes publiques par la BCE, accompagnée de l'émission d'eurobonds, eux-mêmes adossés à une convergence budgétaire des États, permettrait de ralentir la progression de l'incendie des dettes ».

Le livre prône également « une taxe exceptionnelle levée une seule fois sur l'ensemble du capital national (actifs financiers, fonciers et immobiliers des résidents français, soit 12 500 milliards d'euros) qui garantirait le remboursement d'une part significative de notre dette publique nationale ».

Il est urgent de revaloriser les salaires européens en vue de constituer une demande solvable capable de rendre rentables de nouveaux investissements industriels sur le sol européen.

La grande réforme fiscale que promet chaque président et que personne ne fait réellement (Hollande y compris) est pourtant nécessaire : mettre en place un impôt sur le revenu remplaçant un grand nombre de taxes existantes, notamment la contribution sociale généralisée (CSG), l'actuel impôt sur le revenu (IRPP), le prélèvement libératoire, la prime pour l'emploi, le bouclier fiscal.

Les parachutes dorés et les retraites chapeaux doivent être encadrés par des lois. Exemples frappant : « Patrica Russo et Serge Tchuruk ont quitté Alcatel, laissant cette entreprise en grande difficulté, avec 6 millions [d'euros] chacun ». « Pierre Richard, l'ex-patron de Dexia et l'un des principaux responsables de la faillite de la banque qui a coûté plusieurs milliards d'euros aux contribuables français, perçoit aujourd'hui une retraite annuelle de 600 000 euros ».

samedi 14 juillet 2012

PSA : le déclin de l’industrie française est-il une fatalité ?

L’annonce de 8000 postes supprimés et de la fermeture de l’usine d’Aulnay relance les discours sur toutes les radios de 2008 sur la fin de l’automobile française. Pourquoi l’industrie française est-elle dans un si mauvais état ? Que doit-on faire ?

Il faut d’abord dire que si la crise ne favorise pas les ventes automobiles, elle défavorise surtout les voitures moyennes-gamme. Le bas de gamme se porte pas trop mal, mais ne rapporte pas grand-chose et, de fait, nécessite des couts de production bas, à l’étranger. Ainsi, les petits véhicules et les véhicules bas de gammes sont plus ou moins condamnés à être délocalisés. À ce petit jeu, Renault a devancé PSA : il ne produit que 23 % de ses voitures en France contre 44 % pour PSA.

Échec du haut de gamme PSA et du développement international

Dans ces conditions il ne reste que le haut de gamme pouvant être produit en France. Concernant ce point nos constructeurs nationaux ont encore tout faux. Renault a réussi ses véhicules Dacia bas de gamme, mais n’a rien investi dans le haut de gamme, la Vel-Satis étant sa dernière et lointaine tentative. PSA a tenté l’aventure du haut de gamme, mais sans le succès des constructeurs allemand. Pourquoi ? Pour vendre du haut de gamme il faut que les produits soient haut de gamme techniquement, mais aussi du point de vue de la qualité. Ce dernier pari n’a été que partiellement réussi. Mais il faut surtout savoir vendre ses véhicules là où les riches achètent : ce pari-là est complètement raté pour PSA. Prenons l’exemple de la Chine : arrivé dans ce pays en 1985, PSA n’y a écoulé que 380 000 véhicules en 2011 tandis que Volkswagen en a vendu 1,7 million alors qu’il s’est installé en 2010 ! Si vous avez l’occasion de voyager en Chine vous constaterez l’abondance des voitures allemandes et, dans une moindre mesure, japonaises. Il est possible de ne rencontrer qu’une voiture française en un mois de voyage en Chine… L’échec de PSA en Chine n’est pas seulement commercial, mais industriel : PSA proposait aux Chinois de fins de série, quand Volkswagen adaptait ses produits au gout local ! Cet échec est donc de la responsabilité de la direction qui à traité avec un certain mépris ses clients chinois.

La direction de PSA est-elle en cause ?

Semi-échec du virage qualité, échec du virage haut de gamme, échec du développement international, le bilan n’est pas fameux pour l’actuel PDG. Renault, si l’entreprise parait en meilleure forme, est également sur la sellette. Il est clair que la stratégie uniquement bas de gamme ne permettra pas longtemps à l’entreprise de survivre dans un monde ou le milieu de gamme se vend mal. Après l’annonce de PSA, devrait donc suivre une annonce de Renault dans les mois qui viennent. Cette comparaison ne permet pourtant pas d’excuser la direction de PSA. L’entreprise ayant raté la plupart de ses challenges pour l’avenir.

De 2007 à 2009, l’ère Christian Streiff annonce pourtant des perspectives rassurantes et le bon cap : le plan stratégique « CAP 2010 » prévoit une forte croissance à l'international et une baisse des frais de structures, une plus grande différentiation des deux marques, et une augmentation des synergies internes qui permettrait une remontée de la rentabilité aux environs de 6 %. Dès 2007, les ventes progressent, au niveau mondial, de 3,8 %, dont plus 30 % par exemple au Brésil et en Argentine. Le paquebot PSA semble prendre la bonne route. L’année suivante, au 1er semestre 2008, PSA continue sa croissance des ventes mondiales avec une hausse de 4,6 %, le cap est toujours maintenu. Mais ce n’est pas suffisant, la crise de 2008 rattrape le groupe et il finit l’année avec une perte nette de 343 millions d’euros et un chiffre d’affaires en recul de 7,4 %.

Ces faibles résultats provoquent l’éviction de Streiff au profit de Philippe Varin, encore aujourd’hui à la tête du groupe. Mais ce dernier ne fait qu’aggraver la situation du groupe : en 2009 la note de PSA est dégradée de « BBB-/A-3 » à « BB+/B », c’est un coup dur pour l’entreprise qui devient un support d’investissement dangereux. L'année se termine avec une perte nette de 1,16 milliard d'euros. Varin tente alors de combler un autre problème du constructeur : le manque d’alliance avec un concurrent et il tente de s’allier avec Mitsubishi Motors. Échec de cette alliance. Le renforcement en Asie est décidé et commence à porter ses fruits : 2010 est l’année du bond de 16,8 % des ventes par rapport à la sombre année 2009. Pourtant, cette embellie n’est que passagère : durant l’été 2011, le groupe annonce 6000 suppressions de postes en Europe, dont 5000 en France. Ce n’est qu’en février 2012 que l’association PSA General Motors est annoncée. La décision a surpris toute la profession tant les deux groupes n’ont que peu de synergies possibles. C’est à cette période que le groupe décide de fermer Aulnay-sous-Bois en 2014 même si des documents internes évoquaient ce projet en Juin 2011. Le directoire de PSA a attendu la fin de l’élection présidentielle pour annoncer le plan. La soudaine chute des résultats de PSA est principalement due à l’embargo avec l’Iran qui aurait fait perdre 10 % de sa production. Ce dernier point est étrange puisque PSA s’est privé de lui-même de la clientèle de l’Iran ! La raison n’est pas claire : justification politique ? Liens de PSA avec General Motors ? Autre raison ? Quoi qu’il en soit, l’entreprise n’a pas assez diversifié ses clients et se retrouve dans une situation délicate.

Autre point : PSA a versé un dividende de 2001 à 2007 puis en 2010 à ses actionnaires. Etait-ce réellement indispensable en 2010 et dans le contexte actuel ?

Pourquoi Aulnay-sous-Bois ?

L’histoire de l’usine y est pour beaucoup. Construite en 1973, c’est la dernière usine du groupe PSA créée en France ! Elle vient alors en remplacement de l’ancienne usine d’ile de France, trop petite et vétuste. À cette période Aulnay-sous-Bois est le fleuron de PSA : gigantisme et modernisme sont les maitres mots. L’usine aura ses années de gloire avec des effectifs en croissance. L’implantation de l’usine n’est pas anodine, certes, elle est à la croisée de deux autoroutes et proche d’un aéroport, mais elle est aussi implantée dans un département sinistré avec une immigration forte et un fort taux de chômage. L’usine a donc à sa disposition une main-d'œuvre abondante et peu chère. Pourtant, au fur et à mesure que l’usine monte en puissance, une force syndicale (surement la plus importante du groupe PSA) prend place à Aulnay dans les années 80. Les syndicats gênent la direction qui fait sien l’objectif de « casser » ces forces syndicales qu’elle ne contrôle plus. Le climat social n’a cessé de se dégrader et certains disent que l’usine n’est plus aussi rentable et que les couts de non-qualité ont explosé.

Autre point : les abords de l’usine sont depuis, devenus très encombrés, ce qui perturbe la réception des pièces et les départs de véhicules. L’usine ultramoderne de 1973 est devenue un « boulet » faute d’investissement et de dialogue social. D'un autre côté, la construction d’une usine automobile est un investissement de 30 ans. Le site d’Aulnay est donc rentabilisé depuis longtemps et à bout de souffle. Il fallait donc l’éliminer.

Depuis les effectifs de l’usine n’ont cessé de chuter. Lorsque l’on parle d’Aulnay, on parle souvent de surcapacité. C’est surement vrai dans un contexte ou l’entreprise vend moins. Mais ce n’est pas la seule explication : comment expliquer dans ce cas les créations d’usines dans le low-cost Européen au même moment où l’on supprimait des lignes de production à Aulnay ? Aulney, qu’on le veuille ou non a été progressivement délocalisée, car la direction n’a pas su assurer un dialogue social et désire augmenter ses marges. Lorsqu’il ne restait plus « que » 3000 salariés à Aulnay, la direction a jugé que c’était « liquidable » d’un seul tenant. Facile de supprimer ce site, vu la proximité d’une autre usine de production en région parisienne et socialement plus calme : Poissy.

Petits et grands mensonges

Aulnay a été abattue et ce n’est pas uniquement à cause de surproduction, mais par une volonté de se débarrasser des sites de production français. C’est aussi pourquoi Rennes et même Poissy perdront des emplois dans le plan des 8000 suppressions d’emploi. C’est pour cela que l’ont lis, ici, et la, que ce plan n’est peut-être pas le dernier. Lorsque PSA indique qu’il n’y aura pas de licenciement sec, il faut se méfier. Une des solutions évoquées par la direction est le reclassement sur Poissy. Mais dans ce cas, pourquoi supprimer également 700 emplois à Poissy si le site va accueillir des employés d’Aulnay ? L’autre piste évoquée par la direction est les départs volontaires, mais qui peut croire que 3000 personnes quitteront le groupe volontairement en pleine crise économique mondiale ? Des contacts ont-ils été pris avec d’autres groupes industriels pour reclasser du personnel ? Possible.

Varin s’exprime sur RTL : « Nous avons le cout du travail le plus cher en Europe et nous produisons 44 % de notre production en France, donc il faut baisser les charges qui pèsent sur le travail de manière massive. » C’est assez faux. Dans une une enquête sur la question, l'Insee a publié au printemps 2012 des chiffres forts intéressants : « Dans l’industrie automobile, le cout horaire allemand est le plus élevé d’Europe. Il est en particulier supérieur de 29 % à celui observé en France : 43,14 euros contre 33,38 euros. L’écart se montait à 49 % en 1996 et a donc diminué depuis. » Oui vous avez bien lu : 29 % plus chers en Allemagne ou même moment où les constructeurs de ce pays vendent plus et avec plus de marge. Le cout du travail ne serait donc pas la bonne explication. Dans ce cas pourquoi Varin en parle ? Simplement parce que c’est une bonne explication pour la liquidation d’Aulnay, parce que ce patron répète les messages de son syndicat (le MEDEF) et bien sûr par ce que les industriels ont intérêt à ce que ce cout baisse. C’est également parce que cette explication toute faite masque les insuffisances de la gestion de l’entreprise ces 20 dernières années. Baisser les couts ne sert à rien, car, vouloir concurrencer les pays low-cost est tout simplement impossible et utopique.

Comment interpréter ces propos sur le cout du travail alors qu’en 2010, monsieur Varin avait quadruplé son salaire qui avait atteint le sommet de 3,25 millions d'euros ? Comment justifier un salaire de presque 200 fois le SMIC (hors avantages divers et primes !) avec de si mauvais résultats ? Comment demander à ses employer de partir lorsque lui, reste sans baisser fortement son salaire ?

Le gouvernement ne peut rien faire, mais comme c’est un gouvernement de gauche, il se doit de faire semblant, pourtant des indiscrétions indiquent que le gouvernement n’a pas l’intention (ni le pouvoir) de sauver Aulnay. C’est ainsi qu’une étude sera menée pendant quinze jours (sic !) par un expert mandaté par l'État…

Peut-on encore produire de petits modèles en France ?

Mais considérons maintenant un contrexemple de taille : Toyota investit 8 millions d’euros dans son usine de Valencienne en juin 2012. Pire, il sera produit des Yaris pour le marché américain. La raison : le cout de l’électricité au Japon, la fiscalité lourde et le cout du travail trop important dans son pays et un taux de change avantageux et stable. L’usine de 4200 personnes produit plus de 1000 véhicules par jour dont 90 % sont exportés. Cet exemple contredit de nombreux commentaires que nous lisons un peu partout : Le cout du travail n’est pas si élevé que cela en France. Il est avantageux de produire en France et d’exporter aux États-Unis. Il est possible de produire de petits véhicules de manière rentable en France. Enfin, la fiscalité française des entreprises n’est pas si lourde. Une question se pose : si Toyota réussit et y trouve son intérêt, pourquoi n’y arrivons-nous pas ? La réponse est surement complexe et passe par un défaut de management, de stratégie et par une gourmandise des actionnaires de PSA et Renault.

Le cas de Toyota n’est pas isolé, dans le même temps Daimler projette d'investir 200 millions d'euros dans son usine Smart d'Hambach en Moselle ! L’usine, construite en 1997, a reçu en 2012 un trophée pour sa « logistique particulièrement efficace » remis par le magazine L'Usine nouvelle.

Produire en France avec succès est possible, et il est également possible de produire de petits modèles.

Comment expliquer les échecs de PSA et Renault ?

Comme nous l’avons vu, les échecs français ne sont pas dus à un cout du travail trop important, ne sont pas expliqués complètement pas le positionnement moyen/bas de gamme des Français. La crise a fragilisé des entreprises françaises déjà fragilisées, mais n’est en aucun cas une cause racine. Le positionnement qualité inférieur aux constructeurs allemands n’est pas à notre avantage, mais n’explique rien. La tendance générale aux délocalisations que n’auraient pas su faire les Français n’en est pas non plus la cause. Alors que se passe-t-il ? L’explication est triste et simple : la France à un mauvais climat social avec un dialogue rompu entre le patronat et les syndicats, ces derniers sont trop peu représentatifs et ne sont pas, comme en Allemagne, des partenaires, mais des opposants. Le patronat français est « old-fashion », il privilégie trop la classe sociale et l’école plutôt que l’expérience et le mérite. Du cout il considère les relations sociales sont l’angle de la lutte des classes alors que la plupart des Français considèrent ses notions comme obsolètes. Trop franco-français, le patronat n’est pas capable d’attaquer avec succès les marchés étrangers. Leur incapacité à conduire une politique industrielle avec succès montre leur inaptitude.

Que faire pour l’industrie ?

  1. La France doit réformer ses élites et les grandes écoles qui les forment. Ces dernières inculquent trop une autosatisfaction et un narcissisme des élites qui conduisent à un dialogue social grippé, à une panne de l’ascenseur social et à une déconnexion de la réalité.
  2. La France doit rénover le dialogue social et transformer les syndicats en partenaires plus qu’en opposants.
  3. Ces derniers doivent se remettre également en question, car ils sont inadaptés. Il me semble urgent que les grands groupes français se dotent de patrons étrangers durant cette période de transition.
  4. La bureaucratie a envahi les grandes entreprises et la gestion par indicateurs (vantée jusqu’à Nicolas Sarkozy) est un véritable échec. De gros progrès d’efficience doivent être réalisés.
  5. Le système allemand du compte épargne temps doit être mis en place : lorsque l’entreprise à plus de travail les heures supplémentaires sont comptabilisées et restituées dans les mêmes proportions sous forme de congés payés lorsque la charge baisse.
  6. La France se doit d’amorcer un virage high-tech, haut de gamme et qualité, car il ne faut pas compter vendre plus cher des produits à peine meilleurs.
  7. Le gouvernement doit mettre en place une véritable politique industrielle de long terme en favorisant, par exemple, les énergies vertes et les véhicules électriques.
  8. Il faudrait cesser de diffuser en boucle dans les médias les bêtises habituelles : compétitivité, cout du travail, baisse des salaires, flexibilité du travail, réductions drastiques des dépenses de l’état, abandon du secteur industriel au profit des services (sic !), etc.… Ces thèmes libéraux viennent du MEDEF et ne servent en rien les intérêts du pays, mais ceux d’une minuscule partie de la population française tout en occultant les vrais débats et réformes.
  9. La France a besoin également d’une véritable réforme fiscale et d’une simplification des démarches administratives et légales. Les lubies des gouvernements précédant ont entamé la productivité des entreprises : il est incroyable de voir le temps perdu par les grosses entreprises pour faire semblant les satisfaire (exemple : séance d’informations, enquêtes et mesurettes sur le mieux-être au travail engendrées par l’affaire France-Télécom).
  10. La France et l’Europe doit protéger ses industries par de mesure de protectionnisme, car il est aberrant de constater comment des pays comme la Chine (mais pas seulement) se protègent alors que nous débattons des graves risques (sic !) que nous courrions si nous faisions de même !
  11. Il semble important que la France réduise ses inégalités, car nous sommes dans un cercle vicieux : les chômeurs et les pauvres n’achètent pas de voiture tandis que les riches n’achèteront pas plus de voitures s’ils deviennent encore plus riches. Le pouvoir d’achat donné aux plus modestes est injecté directement dans l’économie tandis que celui des plus riches va directement dans l’épargne.
  12. Enfin, même si ce n’est pas l’essentiel, il faudrait que les français soient plus patriotiques et achètent français : passez la frontière et vous verrez comment les allemands sont équipés de voitures allemandes ! Si nous ne sommes pas capable d’acheter français, ne nous plaignons pas, dans ce cas, de la situation actuelle…

La France est malade, le secteur automobile en est le thermomètre. Si nous ne faisons rien, tous les secteurs seront dans le même état. Une grande partie vient de la faillite de nos élites, de notre incapacité à nous réformer.

vendredi 4 mai 2012

Duel : Sarkozy 14% plus compétent mais 365% plus menteur que Hollande

Le principe même d’une campagne électorale force les candidats à faire quelques arrangements avec la réalité. Certaines erreurs relèvent plus de l’incompétence et d’autres plus de la démagogie. Comme indiqué lors de l’émission, les inexactitudes et les erreurs seront repérées après le débat. Chose faite par de nombreux articles de presse, je vous propose un résumé et une comptabilisation. Instructif.

Le mensonges de Sarkozy

  1. Il « n’y a jamais eu de violence » pendant son quinquennat : « Il n’y a pas eu de division, il n’y a pas eu d’émeute. » La vérité : En novembre 2007, des émeutes éclataient pourtant à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), après la mort accidentelle de deux jeunes. Et en juillet 2010, des violences éclataient à Grenoble. Soyons juste c’est un demi-mensonge : 0,5 point de démagogie.
  2. « Quel est le seul pays qui n'a pas eu un trimestre de récession depuis 2009? La France. » La vérité : faux, la France a été peu en récession, mais elle a été en récession de -2,73 % en 2009 (données de la Banque mondiale). 1 point de démagogie.
  3. L’Allemagne et les États-Unis ont été plus touchés par la récession. La vérité : c’est globalement vrai, mais le président oublie que la reprise de la croissance a été plus rapide dans ces deux pays et que la bonne tenue de la France est aussi due a son paquet social plus protecteur, paquet que Sarkozy n’a cessé de vouloir diminuer et attaquer. C’est une demi-vérité : 0,5 point de démagogie.
  4. Il « ne viendrait jamais à l’esprit à un syndicat en Allemagne de soutenir un candidat ». La vérité : C’est faux, les syndicats Allemands sont globalement proche d’un parti : le SPD, le parti social-démocrate. 1 point d’incompétence.
  5. La défiscalisation des heures supplémentaires a permis une augmentation du pouvoir d’achat. La vérité : difficile a établir, mais ce que l’on sait c’est qu’une étude de la Dares publiée le 7 juillet 2011 indique que 16 % des salariés estiment que les mesures d’allongement du temps de travail ont permis d’augmenter leur revenu et 14 % déclarent avoir effectué des heures supplémentaires sans compensation. 0,5 point de démagogie.
  6. La France a la fiscalité la plus lourde d’Europe. La vérité : faux, le rapport 2011 de la Commission Européenne sur la fiscalité en 2011 indiquait que la France était en septième place européenne pour son taux de fiscalité rapporté au PIB. 1 point de démagogie.
  7. Sarkozy contestait que la France ait « Plus de pauvres et des riches de plus en plus riches ». La vérité : Hollande dit vrai, évidemment : plus de onze-millions de personnes se trouvent aujourd’hui en situation de pauvreté, selon le dernier rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion de mars 2012. 1 point de démagogie.
  8. Sarkozy contestait que via le bouclier fiscal, le Trésor Public avait fait des chèques aux grandes fortunes de France. La vérité : Hollande a évidemment raison, nous en avions déjà parlé dans ces colonnes. L’exemple qui avait fait scandale : Liliane Bettencourt a touché un chèque de 30 millions d’euros. 1 point de démagogie.
  9. Sarkozy réfutait avoir participé à la soirée des donateurs de l’UMP à l’hôtel Bristol. La vérité : C’est pourtant vrai, un article du Parisien en avait fait le récit et il existe même une photo. 1 point de démagogie.
  10. Hollande conteste le fait que Sarkozy a inventé la taxe sur les transactions financières: « Vous avez rétabli l’impôt de Bourse. ». La vérité : vrai. La taxe de 0,3 % sur les opérations de Bourse existait en France, supprimée en 2008 par Sarkozy, puis réactivée. Rien à voir avec une taxe sur les transactions financières, car elle ne concerne pas toutes ces transactions. 1 point de démagogie.
  11. Augmenter les impôts ferait fuir les entreprises de France. La vérité : Partiellement faux, la fiscalité est un des points que les investisseurs regardent. Le patron de Microsoft France indiquait récemment que la décision d’investissement dans un pays comprenait 35 points chez Microsoft. Ce qui n’a pas empêché son entreprise de baser un important centre Européen près de Paris. Dans l’industrie, un salarié sur trois travaille dans une entreprise détenue par des capitaux étrangers. 0,5 point d’incompétence.
  12. « La France a le taux d’encadrement le plus élevé de l’OCDE. ». La vérité : Faux, c’est en fait le plus faible à 6,1, contre 9 dans d’autres pays européens comme la Suède. 1 point d’incompétence.
  13. Sarkozy réfute une augmentation de la dette publique de 600 milliards d’euros. La vérité : de la fin 2006 à la fin 2011, on est passé de 1152,2 milliards d’euros à plus de 1713 milliards. Soit une augmentation de 560 milliards, plus proche de 600 milliards que le chiffre de Sarkozy de 500. 0,5 point d’incompétence.
  14. Sarkozy affirme que candidat socialiste veut fermer les centres de rétention. La vérité : Plutôt faux, Hollande promet de lutter, lui aussi, contre l’immigration illégale et la lettre citée par Sarkozy de Hollande à l’association France Terre d’Asile ne prévoit de fermer les centres de rétention, mais d’y trouver des alternatives. Hollande veut y mettre fin pour la rétention pour les enfants et leurs familles. 0,5 point de démagogie.
  15. Sarkozy indique que l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) a audité les centrales après Fukushima. La vérité : vrai, mais les résultats de cet audit sont parfois inquiétants : pas sensibilisés au risque sismique, pas de procédures pour une gestion de crise dans la durée, protection des inondations à être améliorée, nécessité de réévaluer les risques induits par les autres activités industrielles… 0,5 point de démagogie.
  16. Le problème de Fukushima, c’est le tsunami, pas le nucléaire. La vérité : faux, lors de l’accident les spécialistes du nucléaire ont été surpris par la possibilité de perdre en même temps l’électricité et la source de refroidissement. Toutes les centrales du monde ne seraient pas résistantes à cette double défaillance. 0,5 point de démagogie.
  17. « Fermer Fessenheim, c’est 8 000 éoliennes ». La vérité : difficile à évaluer, mais les experts estiment une équivalence entre 1200 et 6000. 1 point d’incompétence.
  18. Sarkozy s’estime irréprochable sur les nominations, il a réformé le mode de nominations des hauts fonctionnaires et patrons des grandes entreprises publiques. La vérité : vrai, mais le pouvoir de blocage des parlementaires est très limité : les nominations ne sont rejetées que si les voix « contre » réunissent une majorité des 3/5e. La liste des postes attribués par simple décision du président est sans contrôle et longue. 1 point de démagogie.
  19. Sarkozy rappelle que Martine Aubry était surnommée « la Zapatera », contesté par Hollande « Les spécialistes corrigeront. ». La vérité : Hollande la connait bien : ce fut Ségolène Royal qui fut surnommée « la Zapatera ». 0,5 point d’incompétence politique.
  20. Hollande sur la renégociation du Pacte budgétaire européen est tournée en dérision par le camp présidentiel. La vérité : Hollande est plutôt dans le sens du vent, son discours sur la nécessité de ne pas enfermer les économies européennes dans le tout-austérité est devenu crédible, ne serait-ce que par les contre-exemples espagnol, néerlandais, grec... 0,5 point d’incompétence.
  21. « M. Berlusconi n'est pas dans mon parti ». La vérité : faux, la formation politique de l'ancien président du Conseil italien est bien membre du PPE, le Parti populaire européen, prolongation de l'UMP. 1 point de démagogie.
  22. « Votre état-major n'est composé que de socialistes ». La vérité : Faux même si les socialistes ont la part belle, Jean-Michel Baylet et Christiane Taubira, élus du Parti radical de gauche. 0,5 point de démagogie.

Le mensonges de Hollande

  1. Le chômage a fortement augmenté sous la présidence de Sarkozy bien que ce dernier promettait 5 % de chômeurs à la fin de son quinquennat. La vérité : Jusqu’à la crise l’engagement est tenu il passe de 8,8 % à 8 % de la population en 2007, puis descend à 7,4 % en 2008. Durant la crise c’est autre chose. Le bilan global est donc assez négatif. Un million de demandeurs d’emploi en plus sur cinq ans. C’est donc une demi-vérité : 0,5 point de démagogie.
  2. Le prix du gaz a augmenté de 60 % depuis 2000 : c’est presque de 70 %. Il s’est donc trompé de chiffre bien que le vrai aille dans le sens de son discours ! 0,5 point d’incompétence.
  3. Les iPad distribués aux collégiens de Corrèze sont pour Nicolas Sarkozy la démonstration de l’incapacité de son adversaire à maitriser les dépenses. La vérité : vrai bien que relativement négligeable. L’opération coute 1,5 million d’euros par an, dans un département avec une dette supérieure à 345 millions d’euros ! 1 point d’incompétence.
  4. Hollande conteste l’affirmation de Sarkozy que le bouclier fiscal a été inventé par le socialiste Michel Rocard. La vérité : vrai. 1 point de démagogie.
  5. Hollande dit que seulement 10 % des enfants sont encore scolarisés en maternelle, contre 30 % au début du quinquennat. La vérité : selon les chiffres du ministère, le taux est passé de 34,5 % en 2000 à 13,6 % en 2010. 0,5 point d’incompétence.
  6. Hollande met en avant son « contrat de génération » réfuté par Sarkozy. La vérité : ce genre de mesures déjà expérimentées par le passé provoque des effets d’aubaine. 1 point de démagogie.

Conclusion

Sarkozy a menti surtout par démagogie à 70 % et à 30 % par incompétence. Hollande a menti principalement par démagogie à 56 % contre 44 % d’incompétence. Sarkozy avec une note de mensonge de 16,5 a menti 365 % de plus que Hollande qui a une note de seulement 4,5 points. Cela confirme l’origine de l’attitude agressive de Sarkozy lors du débat : il ne se sent pas à l’aise face à son bilan et craint de perdre (14% plus démagogue). Difficile de juger avec la faible note de Hollande qui rend les proportions peu représentatives, mais le débat le fait apparaitre 14 % moins compétent que Sarkozy. C’est normal qu’un président en exercice soit plus au fait des dossiers, cela expliquerait cet écart. Lorsque Sarkozy a été élu en 2007 il devait surement être plus incompétent ce qui ne l’a pas empêché d’être élu… D’une manière générale, les taux d’incompétences sont assez élevés pour des personnes prétendant au pouvoir ou l’ayant exercé.

jeudi 3 mai 2012

Sarkozy est un grand homme, il est urgent de ne pas voter pour lui !

Cette campagne morose et terne n’incite pas à voter avec joie et optimisme. Le Blog Economique et Social est resté bien silencieux ces derniers temps, aussi pour cette raison. Pourtant, je vais vous donner un peu d’optimisme à travers un exercice amusant et instructif : les mensonges du président sortant. Cela nous montrera combien c’est un grand homme politique (et oui, il faut le dire, et sans ironie), mais également combien une attitude positive et confiante en la France de demain nous dicte de ne surtout pas voter pour lui. Nous verrons ce qu’expriment sur la nature du président ses petits mensonges de campagne.

Il est difficile de faire la liste des petits et grands mensonges du président, mais le petit florilège suivant est évocateur :

  • Le 6 avril Nicolas Sarkozy a dit à Caen « Souvenez vous de l’aimable Dominique Voynet à l’époque du ministère du temps libre. On a quand même connu ça. Un ministre pour s’occuper du temps libre. Ça fait rire, on a connu ça. Ils promettaient la semaine de 32 heures. » La vérité : Dominique Voynet a été ministre de l’Environnement de Lionel Jospin de 1997 à 2001 et n’a jamais été ministre du temps libre. Ce ministère a pourtant existé, mais brièvement en mai 1981, Voynet avait alors 22 ans et n’a jamais rien eu à voir avec ce ministère éphémère.
  • Toujours le 6 avril à Caen : « Avec Nathalie Kosciusko Morizet, nous avons été à Fukushima. Apparemment François Hollande non. » Puis « À certains endroits du Japon, nous l’avons vu avec Nathalie, la vague a atteint 40 mètres de haut. » La vérité : Sarkozy n’a évidemment pas vu la vague de 40 mètres de haut puis qu’il n’était pas au Japon lors du Tsunami. Il a bien été en revanche 3 heures seulement à Tokyo (et non Fukushima) le 31 mars 2011. Devant cette énormité vite repérée, Sarkozy fait marche arrière le 13 avril sur iTélé « Je me suis rendu au Japon, avec Nathalie Kosciusko-Morizet, j’ai rencontré les autorités japonaises, j’ai discuté avec le premier ministre de la situation à Fukushima et Nathalie Kosciusko-Morizet s’y est rendue. Je ne suis pas ingénieur, je n’ai pas besoin d’aller mettre le nez dans la situation à Fukushima où par ailleurs il y avait un périmètre interdit. » Exact, mais pourquoi prétendre avoir fait l’inutile et l’impossible dans ce cas ? Il n’est pas possible que le chef de l’état ne se rappelle plus où il n’a pas été si peu de temps auparavant. Ce mensonge rappelle étrangement celui, aussi gros, du 9 novembre 2009 où le président prétendait sur son compte Facebook avoir assisté à la chute du mur de Berlin. Or c’était impossible également. Il a pourtant persisté au lieu de reconnaitre ce mensonge, l’affaire s’est terminée simplement par l’effacement sur Facebook de l’affirmation fantaisiste !
  • Le 6 avril su RTL : Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT est déclaré comme « membre du bureau politique du Parti communiste, comme chacun le sait » par le président. La vérité : Bernard Thibault n’est bien entendu pas membre du bureau politique du PCF et ne l’a jamais été d’ailleurs. Difficile de ne pas ignorer cela pour un chef d’État. Peut-on assimiler cette sortie à une image pour indiquer les positions jugées communistes de Thibault, ou est-ce encore un mensonge trivial ?
  • Mardi 17 avril sur France Inter il déclare « Aucun journaliste n'a été espionné, il y a eu une procédure en violation du secret de l'instruction... Pourquoi espionner un journaliste pour savoir ce qu'il avait à dire le lendemain dans le journal ? », la ficelle est un peu grosse, le journaliste se sent obligé de répondre : « Non, pour découvrir ses sources ». La vérité : les factures détaillées (fadettes) de trois journalistes du Monde ont bel et bien été examinées, celles de Gérard Davet afin de découvrir ses sources. Les fadettes de Jacques Follorou ont ensuite été requises, sur ordre du procureur de Nanterre, en septembre 2010. Les conversations n'ont pas été écoutées, mais il s'agissait d'identifier les sources des journalistes. Idem pour les fadettes de Raphaëlle Bacqué, mais, par erreur, les policiers ayant confondu son numéro de téléphone avec celui de Jacques Follorou.
  • Toujours concernant les fadettes, Sarkozy indique concernant cette situation de violation de la protection des sources des journalistes « Il n'y a pas d'errements. Tant qu'il n'y a pas de condamnation, il n'y a pas d'errements ». La vérité : la cour d'appel de Bordeaux a annulé le 5 mai 2011 l'enquête du procureur de Nanterre en raison de l'atteinte au secret des sources, décision confirmée par la Cour de cassation le 6 décembre 2011.
  • Encore sur les fadettes, décidément riches en mensonges : « Ne présentez pas M. Courroye comme un suppôt d'un pouvoir qui serait le mien. C'est faux. La justice est indépendante et le République a beaucoup progressé, c'est la vérité et tout le monde le sait », indique le président. La vérité : les procureurs sont soumis hiérarchiquement au pouvoir politique. Nicolas Sarkozy s'est désigné lui-même comme l’« ami » de M. Courroye, selon ses propres mots le 24 avril 2009, lorsqu'il l'a promu officier dans l'ordre national du mérite.
  • Toujours mardi 17 avril sur France Inter il déclare « Permettez-moi de vous dire que s'il y a un chef d'État qui, dans le monde, n'a pas frayé avec M. Kadhafi et est responsable de son départ et de ce qui lui est arrivé, je pense peut-être que c'est moi ». La vérité : La France a effectivement combattu ce régime en 2011, dans la foulée des révolutions arabes, en prenant la tête de la coalition internationale contre la dictature libyenne et en soutenant les insurgés. Mais c’est oublier qu’en 2009 sous l’impulsion de Sarkozy, la France a réhabilité Kadhafi qui était déclaré comme redevenu fréquentable. C’est dans ce cadre que Kadhafi avait fait toutes sortes de caprice pitoyable comme de planter sa tente sur les pelouses de l’Élysée. Ainsi en septembre 2009, Alain Joyandet se rendait à Tripoli pour célébrer le 40e anniversaire de la révolution libyenne (les 40 ans de pouvoir de Muammar Kadhafi). Il jugeait que ce dernier était « devenu fréquentable » (source JDD). Et que « Si des avions de chasse doivent être vendus, autant que ce soit la France qui les vende. ». Cette coopération n’a pas été si brève que cela puisque le 11 juin 2010, un décret ratifiait un accord de coopération « en matière de sécurité et de lutte contre la criminalité organisée ». Accord qui, entre autres, avait conduit la France à vendre du matériel d’interception et d’espionnage de toutes les communications du pays et qui avait permis au régime d’arrêter de nombreux opposants sans qu’ils puissent comprendre comment le régime avait fait pour les identifier. Or la vente de ce genre de logiciels de guerre électronique ne pouvait qu’être validé par l’Élysée, car trop sensible.
  • Toujours durant cet interview, le chef de l’état a réfuté avoir voulu ventre du nucléaire a Tripoli comme l’affirme Anne Lauvergeon : « C'est mensonge éhonté, s'est emporté M. Sarkozy. Il n'a jamais été question de vendre une centrale à M. Kadhafi. » La vérité : elle est sur le site de l'Élysée ! Les discours de M. Sarkozy le 3 juillet 2008, indique : « Je sais qu'il y a des gens et des pays qui se disent : n'est-ce pas un peu dangereux de proposer le nucléaire civil à des pays comme l'Algérie, les Émirats arabes unis, ou la Libye ? Ce qui serait vraiment dangereux, ce serait de leur refuser. D'abord parce qu'on donnerait raison à l'Iran qui fait croire que l'Occident refuse par principe le nucléaire à des pays musulmans. Mais aussi parce que chaque baril de pétrole et chaque mètre cube de gaz économisé sur la planète [...] c'est un peu moins d'effet de serre ». Ainsi le 8 juillet 2009, un communiqué du ministère des Affaires étrangères faisait état de la signature par Alain Joyandet, d'un « accord de coopération pour le développement des utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire avec Abdelaati Ibrahim el Obeidi, ministre libyen des affaires européennes ». Le 21 octobre 2010, Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, signait à Tripoli un partenariat stratégique prévoyant l'ouverture de négociations pour la construction d'une centrale nucléaire.
  • Mercredi 25 avril 2011, Sarkozy annonce sur TF1 que Hollande comptait « régulariser en masse des sans-papiers ». La vérité : Hollande à dit qu’il régulariserait au cas par cas les sans-papiers. N’est-ce pas déjà ce que la France (et le gouvernement Sarkozy) fait ? Chaque demande est étudiée au cas par cas.
  • Toujours ce mercredi sur TF1 Sarkozy déclare à propos de Tariq Ramadan: « voilà un homme qui appelle à voter pour François Hollande. Je n'ai pas entendu François Hollande dire que cela le gênait ». La vérité : L'intellectuel musulman controversé n’a jamais appelé à voter Hollande et l’a formellement démenti. En revanche le 4 mars, il a appelé à « voter contre Nicolas Sarkozy ». Voter contre Sarkozy ne veut pas dire Hollande surtout au premier tour ou il y avait le choix.
  • Encore ce mercredi sur TF1 Sarkozy déclare qu‘un appel de 700 mosquées à voter pour François Hollande avait été lancé. La vérité : Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a formellement démenti. À cette occasion, nous apprenons que Sarkozy lit Marianne2 : il aurait puisé cette information sur « le site du journal de gauche Marianne »…

Bien sûr, la liste n’est pas exhaustive, les cinq dernières années ont été émaillées de ce genre de mensonges comme les nombreuses contrevérités concernant l’Allemagne, amplement démentie par la presse et par les faits.

Le président à indéniablement le même syndrome que feu Steve Jobs : il croit dur comme fer que le fait de décrire le monde comme il veut qu’il soit, puisse le transformer dans le sens qu’il voudrait. De ce point de vue le président n’est, je crois, pas de mauvaise foi et crois vraiment à ce qu’il dit. Le président a toujours eu, également, un côté « moi, je » qui impliquait qu’il soit partout où l’action se passe. C’est même pour cela qu’il a été élu en 2007, il faut le rappeler. Entre les candidats mous et Sakozy, certains Français avaient vite fait leur choix. Cette volonté d’être partout implique parfois de prétendre être là même si ce n’était pas le cas (cas cocasse, du mur de Berlin et de Fukushima). Là encore, je ne vois pas de mauvaise foi.

De ce point de vue, le président a indéniablement les caractéristiques d’un grand homme politique. Non pas que je pense qu’il faille mentir pour être un grand homme, mais je crois qu’il est nécessaire d’avoir une « vision », même si cette dernière provoque immanquablement des « distorsions » plus ou moins gênantes. C’est aussi à cause de cette carrure (et de ces distorsions) que tant de gens l’aiment ou le détestent. La vérité est qu’il ne peut laisser indifférent à moins de vivre dans une caverne. Cette « vision » que possède Sarkozy le rapproche des grands hommes providentiels comme l’était, par exemple, le Général de Gaulle. Le problème de Sarkozy n’est donc pas sa carrure, bien que ses réguliers écarts de langage et ses perpétuelles gesticulations soient inexcusables pour un chef d’État. Le problème de Sarkozy est qu’il ne suffit pas d’avoir une « vision » et la carrure pour la mettre en œuvre. Il faut que cette vision soit une vision bénéfique à tous et non pas à 1 % de la population. Or, tout le monde le sait maintenant, Sarkozy n’a pas travaillé pour les Français, ni même pour les riches, mais presque exclusivement pour les rentiers. Nous connaissons de nombreux grands hommes dans l’histoire du monde qui avaient une carrure et une vision, mais cette dernière était néfaste au plus grand nombre. Ils ont laissé une trace historique, certes, mais finalement négative, voir très négative. Je ne veux pas comparer Sarkozy à certains de ces sombres personnages, mais juste indiquer qu’avoir une vision et un grand charisme ne suffit pas. Pire, un tel personnage est dangereux car convainquant, dangereux pour la cohésion de la société française, pour les acquis sociaux et pour le droit du travail. Quant à la dette, nous savons qu’il ne l’a pas très bien gérée.

Sarkozy ne passera pas le second tour, car il a trahi la majorité des Français. En 2007, une caissière de supermarché me disait « notre métier est dur, mais cela va s’améliorer avec l’arrivée de Sarkozy », je ne l’ai pas revu depuis, mais j’imagine ce qu’elle en pense aujourd’hui. Tout le monde ne s’est pas rendu compte de cette trahison, certes, d’autres vont voter contre Hollande, persuadés qu’ils y perdront moins avec Sarkozy. Ils ont peut-être raison, encore que. Mais qu’ils réfléchissent un minimum à l’intérêt de la France. Je sais que la fibre patriotique s’est effilochée dans la machine à laver de la crise, et même bien avant. Sarkozy peut soudain se déclarer patriote, mais cela ne s’improvise pas. La France est un grand pays, avec une des infrastructures que nos voisins nous envient, un système social qui nous a protégé de la crise, des idées étonnantes, une population cultivée et éduquée, bref, un potentiel immense doublé d’une démographie étonnante. Cessons donc de nous plaindre, de broyer du noir, d’avoir peur, ne nous laissons pas prendre par le discours de peur de Sarkozy. Si Hollande passe, il n’y aura pas de cataclysme (même si ce sera en 2012) ! Comme il n’y en a pas eu en 1981 malgré des menaces similaires… Il suffit juste de prendre quelques décisions bien senties et 99 % des Français en bénéficieront. Pour moi, c’est absolument évident.

Une question se pose : Hollande prendra-t-il ces décisions, saura-t-il guider la France vers le succès ? Ce n’est pas certain du tout, je vous l’accorde. D’autant que la campagne était peu reluisante de part et d’autre. Pourtant ce qui est clair, c’est que Sarkozy n’est pas celui qui les prendra. Comme il vaut mieux toujours aller de l’avant, être positif et confiant que de se déclarer battu d’avance (les grands sportifs le savent bien !), il est clair que le vote Hollande est le seul possible au second tour !

Si le président me lit, puisqu’il lui Marianne2 qui reprend souvent mes articles, il dira que ce n’est qu’un blog de « gauche », ça le rassurera surement, mais le rendez-vous avec la démocratie et la France est indéniablement programmé. Monsieur le président vous avez marqué la France, mais la France a tourné une page d’histoire guidée vers son avenir florissant ! Cette page s’écrira sans vous ! Comme Bayrou, votons Hollande !

lundi 26 mars 2012

Hausse modérée du chômage : de qui se moque-t-on ?

Les chiffres du chômage ont été annoncés ce soir, mais le Président savait qu’ils ne seraient pas bons, il a cru devancer l’annonce en parlant d’une obscure « hausse modérée » qui est en fait de 0,3% sur un mois et d’une « dérivée première » en baisse ! De qui se moque-t-on ?

Véritable boulet pour le président candidat sortant, les chiffres du chômage continuent d’arriver indépendamment du calendrier de la campagne présidentielle, et ceux de février ne sont pas bons… Le président le sait, et il a préféré devancer l’annonce en l’enrobant de jargon technocrate et de précautions oratoires hallucinantes. Un enrobage en sucre pour faire passer dix mois d’une pilule au gout très amer.

Oui, 10 mois déjà que le chômage augmente, pour atteindre 9,8 % fin décembre. En métropole, le nombre de chômeurs de catégorie A (sans aucune activité) atteint 2,8 millions et ce chiffre est le plus mauvais depuis 12 ans ! Si l’on regarde toutes les catégories touchées par le chômage (A+B+C, soit toutes les personnes en activité réduites), l’addition monte à 4,25 millions pour janvier. Si l’on regarde l’évolution depuis l’élection de Nicolas Sarkozy cela fait tout de même 1 million de chômeurs en plus (et 724 000 si l’on ne regarde que la catégorie A) ! Beau bilan ! Les catégories A, B, C révèlent pourtant bien la réalité du terrain, mais reflètent également l’effort du gouvernement, depuis 2009, pour rendre les chiffres du chômage de catégorie A présentables en augmentant fortement les emplois aidés. Xavier Bertand a fixé à ses services, fin décembre, l'objectif de réaliser sur la première moitié de l'année les deux tiers des 340.000 contrats budgétés pour 2012. Mais tout cela sans aucune arrière-pensée électorale, bien entendu… Autant dire que la fin 2012 sera dure pour le président élu, un coup de pouce pour l’élection du candidat Sarkozy et une peau de banane sous les pieds de François Hollande s’il était élu !

Voilà pourquoi Nicolas Sarkozy déclarait ce matin sur France Info « Les chiffres de ce soir manifesteront une amélioration de la situation avec une baisse tendancielle de l'augmentation du nombre de chômeurs. Cette augmentation sera assez modérée ». Que veut dire ce charabia « une baisse tendancielle de l'augmentation » ? Pour ceux qui ont fait des mathématiques dans leur vie, cela leur rappellera qu’il parle de la dérivée première de l’augmentation du chômage. Pourquoi cette notion inhabituellement pointue ? Parce que, que le président candidat le veuille ou non, les chiffres sont mauvais et continuent d’augmenter. Or ce n’est précisément pas le moment d’annoncer cela à quelques semaines des élections. Il faut donc trouver une petite bonne nouvelle dans cette très mauvaise nouvelle : en regardant la vitesse de l’augmentation, le président candidat nous indique qu’elle diminue : le chômage empire, mais moins vite qu’avant ! Quelle bonne nouvelle dans le pays du « travailler plus pour gagner plus » qu’il faudrait rebadger « tenter de garder son boulot pour tenter de maintenir son salaire » ! D’autant que l’accélération des contrats aidés n’y est peut-être pas étrangère. Sain raisonnement, qui permet à Sarkozy de conclure que cette « bonne nouvelle » « témoigne d'une reprise économique sensible depuis que nous avons essayé de résoudre la crise financière de la Grèce ». Fort ! Du grand art !

Présenter plus favorablement des chiffres très mauvais, nous avions l’habitude, mais intervenir avant l’annonce des chiffres pour les présenter sous un jour positif, ça, c’est bien joué ! N’est-ce pas Carla qui disait, il y a peu, que tous les journalistes étaient « des Pinocchio » ? N’aurait-elle pas oublié les hommes politiques ?

jeudi 22 mars 2012

Danger sur la démocratie !

Nicolas Sarkozy, après la mort de Mohamed Merah tué par une opération du Raid a dressé plusieurs ébauches de mesures sécuritaires en théorie, mais plutôt liberticides en réalité. Parmi elles, la pénalisation des internautes qui consulteraient « habituellement » des sites internet promouvant le terrorisme ou la « haine ». Large programme !

« Désormais, toute personne qui consultera de manière habituelle des sites Internet qui font l'apologie du terrorisme ou qui appellent à la haine et à la violence sera punie pénalement »

Si personne n'est capable de dire comment le Président compte mettre en œuvre ces mesures, elles sont pourtant prévues pour être appliquées « sans délai » d’après le premier ministre François Fillon. Contrairement à ce qui avait été proposé jusque-là, ce ne sont pas les responsables de sites illégaux qui sont pénalisés, ou d’empêcher leur accès, mais de pénaliser la simple consultation d'un site par un internaute. Seul précédant : une loi très similaire existe et vise les contenus pédopornographiques : « Le fait de consulter habituellement un service de communication au public en ligne mettant à disposition une telle image ou représentation [pédopornographique] ou de détenir une telle image ou représentation par quelque moyen que ce soit est puni de deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. ».

Dans ce cadre, pourquoi ne pas agrandir la liste ? C’est bien tout le problème de ce genre de lois. Une fois qu’une liste est créée et que la loi est passée, il est facile d’agrandir les catégories concernées. Pourtant, la limite, et il doit en avoir une, n’est jamais précisée par ce genre de loi. Aujourd’hui les sites de terrorisme et de « haine » (assez vague) sont concernés, demain pourquoi pas des sites incitant à la grève, puis des sites de syndicats ou politiques extrémistes, les bonnes intentions ne manquent pas pour agrandir la liste. La proposition énoncée par M. Sarkozy rendrait, en théorie, la lecture de l'autobiographie d'Adolf Hitler illégale en ligne. Ou se situe la limite ? « On se trompe de cible en s'en prenant à Internet, il y avait du terrorisme avant Internet. Au lieu de criminaliser la consultation des sites, on a plutôt envie de voir que les efforts se concentrent sur les gens qui alimentent ces sites et qui sont responsables d'actes terroristes » a commenté à l'Agence France-Presse Lucie Morillon, responsable du bureau nouveaux médias de Reporters sans frontières. Jusqu’où va-t-on aller sans que les Français disent « stop ».

Attention, notre vie privée et nos pensées sont un patrimoine universel et qui doit rester inaliénable. Ne pas confondre risque éventuel et action réelle. Pourtant, nous n’en sommes pas loin. Est-ce que quelqu’un consulte un site critiquant la police ou le gouvernement n’est pas un site d’incitation à la « haine » ? Les lecteurs sont-ils pénalement sanctionable ? Jamais une démocratie n'a fait adopter ce type de loi. Et il faudra la combattre si elle voit le jour. Car la France, alors, ne serait plus une démocratie, mais un régime autoritaire.

Autres points : les chercheurs, journalistes seront-ils inquiété parce qu’ils ont été voir de tels sites ? Que veut dire la notion « d’habituellement » ? Est-ce une fois par jour, une fois par mois ou une fois par an ? Doit-on comptabiliser des visites sur le même site ou également celles sur des sites jugées comme étant du même type ? Pourquoi ne pas interdire les sites en questions ?

Enfin, techniquement, comment repérer ces visites ? Il n’y a hélas, qu’une solution : le DPI. Avec les logiciels de Deep Packet Inspection qui retracent tous les échanges, quelque soit leurs formats (mail, chat, site web, recherches sur internet...), leurs fréquences et leurs dates afin d'espionner automatiquement et de manière exhaustive et homogène de tous les citoyens d'un pays, on parle alors de « surveillance massive ». Par la fourniture de ces logiciels dont la France est spécialiste via la filiale de Bull AMESYS, nous avons aidé le dictateur libyen à identifier et surveiller ses opposants afin de les arrêter ! Considérés comme une arme de guerre électronique, les logiciels DPI ont un marché évalué à 5 milliards de dollars et ont débuté en 2001. La presse a révélé que le logiciel, vendu à de nombreux pays, dont beaucoup de dictatures, a permis de surveiller de nombreuses personnes et entités (poètes, journalistes, écrivains, historiens, intellectuels, ONG, des groupes de communication comme Al Jazeera ou la banque de Ben Ali...). Certains soupçonnent que le logiciel est également utilisé en France illégalement pour la surveillance quotidienne des Français, la proposition du président permettrait-elle d’officialiser cette situation ?

Dans la longue tradition de certain partit politiques de droite dans le monde (voir l’article Attaque généralisé sur les libertés, les actes isolés de terrorisme sont une bonne occasion pour tous ceux qui veulent contrôler leur peuple de définir encore et encore des lois de plus en plus restrictives et liberticides. La proposition formulée par M. Sarkozy fait écho aux prises de position répétées du président de la République concernant le nécessaire contrôle du Web, qu'il décrivait volontiers à mi-mandat comme une "jungle". Autre point, la proposition du président est évidemment hautement politique et tente de tirer parti de cette triste situation en vue des élections de 2012 qui approchent à grands pas. Mais ne nous trompons pas : déjà en 2005, Sarkozy a fait à peu près des propositions très similaires. La vie politique est un éternel recommencement avec Monsieur Sarkozy… Annonce équivalente aux banlieues qui devaient être passées au « Kärcher » et qui, bien évidemment, ne l’ont pas été. Preuve en est. Peu de chance que cela donne grand-chose de concret donc, sauf d’éventuelles dérives sur nos vies privées.

Lire également Le gouvernement Sarkozy veut censurer internet, France : le décret de l’incroyable flicage du net, Dérive totalitaire, où va la France ?.

samedi 17 mars 2012

Le massacre de la mode et du luxe «made in France»

Les principales fédérations du textile habillement et quelques grands groupes du secteur, ont, avec la complicité des pouvoirs publics, précipité la délocalisation de cette industrie.

Paradoxalement, au moment où toutes les personnalités politiques prétendent vouloir sauver le « made in France », nous assistons à la disparition des derniers sites français de production.

TRANSFERT DE NOTRE SAVOIR-FAIRE A LA CHINE

Lors d’un débat a propos du « made in France », organisé le 23 janvier 2012, au salon du prêt à porter Paris, Jean Pierre Mocho, Président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin depuis 12 ans et de l’Union française des industries de l’habillement pendant 6 ans, affirmait : "L'origine des produits reste secondaire pour les acheteurs". "Le consommateur est plus attaché à sa marque qu'à son lieu de fabrication. Ça ne plait pas à tout le monde, mais c'est un constat évident".

Le Député européen et ancien directeur général du CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), Robert Rochefort, avait alors fait remarquer à Jean Pierre Mocho : "La filière a une part de responsabilité dans le problème actuel, vous avez fait perdre au consommateur la perception de la valeur réelle, et symbolique, des produits d'habillement. De fait, le made in France, si vous n'y croyez pas vous-même, ne sert à rien", puis il avait reproché "l'usage abusif du nom "Paris" comme marque de qualité."

Il convient de souligner que Jean Pierre Mocho était en septembre 2011, le signataire d’un accord de coopération exclusif entre la France et la Chine, prévoyant notamment "la mise en œuvre d’une coopération industrielle, l’échange de stylistes, modélistes, techniciens et plus généralement d’expériences professionnelles et de formations". En clair, la livraison à la Chine de ce qu’il reste de notre savoir faire !

LE LEADERSHIP MONDIAL DE LA MODE FRANÇAISE ET DU LUXE BIENTÔT MENACÉ

En 2010, le gouvernement a proposé, sans conviction, une charte de bonne conduite entre les griffes de prêt-à-porter et les façonniers, mais les grands groupes du luxe ont évidemment refusé de s’engager sur des quotas minimum de vêtements « made in France ». Les marques de luxe délocalisent discrètement depuis plusieurs années et aujourd’hui la plupart d’entre elles fabriquent déjà une part importante de leur production hors de nos frontières.

Pourtant, en 2009, dans son rapport commandé par le ministère de l’industrie "Un plan pour la façon française", Clarisse Perrotti Reille mettait en garde les donneurs d’ordres de la mode et du luxe :

"La question du savoir-faire français et de son rayonnement se pose avec une très vive acuité. Il ne faut pas s’y tromper, la façon française et notamment la Haute Façon constitue un enjeu stratégique majeur pour l’économie française. En effet, si par grand malheur, elle devait devenir anecdotique ou pire disparaître, le leadership mondial de la France en matière de mode, de créativité, de luxe en serait graduellement affaibli et, à terme, compromis."  "La filière de la façon  comptait 6 000 employés fin 2008 et perd jusqu'à 1 000 emplois par an."

Chaque mois, des façonniers ferment ateliers et on peut craindre la disparition avant cinq années, de la plupart des 3 000 dernières ouvrières de la filière, alors qu’à son apogée, le secteur du textile habillement employait plus d’1 million de personnes et gênerait encore 2 ou 3 millions d’emplois indirects et induits.

Plusieurs siècles auront été nécessaires pour que la France bâtisse son leadership mondial en matière de mode et confère à Paris, son statut de capitale mondiale de la Haute-Couture mais quelques années auront suffi aux marques de la mode et du luxe, pour compromettre cette réputation et ruiner cet héritage.

Le salon « made in France » 2012 se tiendra les 28 et 29 mars et regroupera à peine 60 façonniers de l’habillement au lieu de 120 en 2008. On peut craindre que le salon de la Haute Façon 2012 soit l’une des dernières éditions de ce salon de l’excellence du savoir-faire français.

Selon le Ministère de l’Économie et des finances, 5% des vêtements vendus dans l’hexagone sont fabriqués en France. Ce chiffre déjà très bas est pourtant surestimé et la part des achats de vêtements effectués aujourd’hui par nos concitoyens, pourrait s’avérer encore inferieure.

LE RENONCEMENT DE NICOLAS SARKOZY

Lors de l’annonce de sa candidature, Nicolas Sarkozy nous a fait part de sa résignation face à la mondialisation : « le textile ne marche plus car il y a une concurrence effrénée en Inde et ailleurs» mais nous a néanmoins présenté la maroquinerie haut de gamme comme un secteur d’avenir.

Notre président s’est également félicité de son intervention pour former au métier de maroquinière, 93 des 340 salariées licenciées de Lejaby, mais n’a pas semblé regretter le gâchis de la disparition du savoir-faire du dernier fleuron français de la lingerie de luxe.

Cependant, selon Raymond Vacheron, responsable CGT textile : « À Lejaby, les salariées produisent sept soutiens-gorges de l’heure, et sur un soutien-gorge qui se vend 80 euros dans le commerce, seulement 2 euros servent à rémunérer le travail ! ». Même si l’on compte un coût de production plus réaliste de 10 ou 12 euros, on s’aperçoit que la délocalisation n’était pas inéluctable.

Par ailleurs, la maroquinerie haut de gamme qui selon Nicolas Sarkozy, offre davantage de perspectives d’avenir que le textile, ne fournit qu’une dizaine de milliers d’emplois de production dans l’hexagone et la plupart des articles vendus en France, du bas au haut de gamme, proviennent d’Asie.

Les marques de maroquinerie fabriquant encore en France, sont rares : parmi les plus fameuses, Hermès, qui emploie 1700 ouvriers et Louis Vuitton (Groupe LVMH), dont les articles en toile cirée ornée du célèbre monogramme, génèrent 3 000 ou 4 000 emplois sur les sites de production implantés en France.

La concurrence effrénée et déloyale provoquée par le dumping monétaire, social et environnemental de pays en développement, n’est évidemment pas spécifique aux secteurs du textile et de la maroquinerie Aujourd’hui, aucun secteur n’est épargné et faut-il pour autant renoncer définitivement à produire en France alors que notre déficit commercial a augmenté de 35 % en un an pour atteindre son record avec 70 milliards d’euros en 2011 et que l’on compte 1 million de chômeurs en plus depuis 5 ans ?

Certes non, et il existe des solutions pour relancer l’industrie manufacturière des biens de consommation, à condition bien sur, d’en avoir la volonté politique.

L’ESSOR DU LUXE DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT CREE T-IL DES EMPLOIS INDUSTRIELS EN FRANCE ?

La fabrication des articles de luxe, tant vantée par toutes les personnalités politiques comme l’un des atouts essentiels de la France au même rang que les nouvelles technologies, les produits innovants et les R&D, a été majoritairement délocalisée et ne représente que 25 000 ou 30 000 emplois de production en France. Si l’on rapporte ce chiffre à notre population active de 28 millions de personnes, cela ne représente qu’un chiffre dérisoire d’un emploi pour mille actifs.

Le secteur du luxe réalise un chiffre d’affaires proche de 50 milliards d’euros que se partagent quelques groupes qui créent peu d’emplois en France et contribuent peu à notre économie.

Pour exemple, LVMH, n°1 mondial du luxe, a réalisé en 2011, un chiffre d’affaires de prés de 24 milliards d’euros mais 77 % des 80 000 salariés du groupe sont employés hors de France. Soit, selon nous, moins de 7 000 ou 8 000 emplois manufacturiers dans notre pays.

LA RESPONSABILITÉ DES PROFESSIONNELS ET DES POLITIQUES

Les lobbys mondialistes qui ont préconisé et accompagné la délocalisation de l’industrie, sont souvent les interlocuteurs privilégiés des gouvernements et cette collaboration contre nature a renforcé la légitimité de ces groupes d’influence.

La reconnaissance providentielle de l’état, a ainsi fourni des moyens supplémentaires à ces inconditionnels partisans de la mondialisation et encore accéléré la délocalisation de l’industrie française.

Les dirigeants des organisations professionnelles de la mode et des autres secteurs industriels portent une lourde responsabilité dans la délocalisation de l’industrie française. Leur efficace lobbying pour la désindustrialisation coûtera des centaines de milliards d’euros à notre pays et la perte d’activité risque d’handicaper notre économie pendant plusieurs décennies.

Ces lobbys ont livré les industries patrimoniales à nos concurrents économiques et ainsi provoqué un chômage massif et des déficits publics colossaux.

Complices, nos gouvernements successifs, de Droite ou de Gauche, ont, au nom du dogme néolibéral du libre-échange, également trahi la confiance de nos concitoyens, ouvriers et consommateurs, en collaborant au démantèlement d’une industrie française patiemment construite et riche d’un savoir-faire appartenant au patrimoine national.

Francis JOURNOT

Mouvement associatif RENDEZ NOUS NOTRE INDUSTRIE !

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