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vendredi 10 décembre 2010

La tension sociale monte dans les pays émergents

A lire dans Le Monde.fr

Des grèves de travailleurs de l'automobile en Inde aux luttes dans les mines africaines, des suicides de salariés chinois aux assassinats de syndicalistes colombiens, les tensions sociales s'avivent dans les pays émergents. La montée des questions relatives à l'environnement et à la santé au travail ou les mobilisations contre la précarisation de l'emploi sont des constantes. Tour d'horizon en Amérique latine, en Asie et en Afrique.

Avec la crise mondiale, les revendications face à la dégradation des conditions de travail et du pouvoir d'achat se sont multipliées. En Chine, explique Raymond Torres, qui dirige l'institut de recherches de l'Organisation internationale du travail (OIT), "les salariés revendiquent parce qu'ils se trouvent en position plus forte : la réserve de main-d'œuvre commence à s'épuiser et une nouvelle génération de salariés, qui a fait plus d'études, se trouve moins sensible aux pressions idéologiques du régime".

Dans le secteur automobile, en Asie ou en Amérique latine, les conflits sont de plus en plus fréquents. Les secteurs stratégiques de l'industrie pétrolière et des mines se restructurent. Le pétrolier britannique Shell envisage de se retirer de 21 pays d'Afrique, suscitant l'inquiétude des salariés. Les cessions et rachats de sociétés modifient les termes des contrats de travail, avec pour conséquence l'externalisation de nombreux salariés. C'est un des principaux motifs de conflits.

En Inde, le mouvement syndical, fragmenté et très politisé, a appelé à la grève générale pour début septembre, afin de protester contre la politique gouvernementale d'"affaiblissement du code du travail". La revendication d'un "travail décent" est devenue la préoccupation principale de l'OIT et de la Confédération syndicale internationale (CSI) (175 millions d'adhérents de 311 organisations dans 155 pays). Celle-ci appelle à une journée mondiale de mobilisation sur ce thème, le 7 octobre.

EXIGENCES ENVIRONNEMENTALES

La conversion des syndicats aux problématiques environnementales est récente, mais semble sincère. La crise économique rend urgente la recherche de nouveaux débouchés, et le développement de l'économie verte pourrait créer des centaines de milliers d'emplois nouveaux. Mais ce n'est pas la seule raison. "Si la plupart des conflits restent centrés sur les questions sociales et les problèmes de survie, explique le Sénégalais Mamadou Diallo, responsable de la coopération à la CSI, nous savons que la dégradation de l'environnement, comme la progression du désert, l'érosion des sols ou l'assèchement des grands lacs africains, modifie le sort des populations."

Les luttes pour la préservation des territoires contre l'expansion de grandes compagnies minières rejoint souvent celles des syndicats, à l'exemple du Chili et du Guatemala.

URGENCE DÉMOCRATIQUE

Le respect des droits syndicaux et des normes sociales constitue une cause importante de protestations. De fait, les violences sont nombreuses : répression, emprisonnement, licenciement, déplacement de syndicalistes... Le Rapport annuel des violations des droits syndicaux, établi par la CSI, fait état de 101 syndicalistes tués en 2009 (contre 76 l'année précédente), dont 48 pour la seule Colombie.

Les emprisonnements de militants sont fréquents en Iran, au Zimbabwe, en Corée, au Honduras, etc. Et les violations des droits syndicaux sont nombreuses en Russie, en Egypte, en Turquie ou en Corée du Sud. Plus généralement, la montée de la violence anti-syndicale est inquiétante, notamment en Amérique centrale, au Panama ou au Guatemala...

DES SYNDICATS PARFOIS DÉPASSÉS

"Le pluralisme syndical est souvent mal accepté par nos propres adhérents, mais, aujourd'hui, cela change, et nous essayons de promouvoir des liens avec des organisations indépendantes." L'aveu émane du Britannique Guy Rider, ancien secrétaire général de la CSI.

Dans de nombreux pays, comme en Algérie, les conflits sont menés par des syndicats non affiliés à la CSI et des mouvements issus de la société civile. Pour lutter contre le retrait d'Afrique de Shell, des travailleurs se sont organisés, de Casablanca (Maroc) à Ouagadougou (Burkina Faso), sur le réseau social Facebook, créant un groupe "Shell people are not for sale" ("Les salariés de Shell ne sont pas à vendre"). L'enjeu pour le syndicalisme est d'intégrer ces nouveaux paramètres.

Autre défi : les syndicats, notamment en Afrique, doivent représenter les travailleurs de l'économie informelle. Le développement de cette économie parallèle, qui englobe 1,8 milliard de personnes, soit la moitié de la population active mondiale, accroît la pauvreté, estime l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et génère des conflits. Les deux tiers de la population active pourraient se trouver sans contrat de travail et sans protection sociale en 2020.

Rémi Barroux

mercredi 8 décembre 2010

La Sacem achève bien les petits commerçants

Le scandale n’a pas été relayé par la presse, ou fort peu en tout cas, il s’agit de l’augmentation des tarifs que facture la SACEM aux commerçants (petits et gros) pour avoir l’immense privilège de mettre de la musique ou une radio. Jusqu'ici, un commerçant de type “coiffeur de quartier” devait s'acquitter d'une taxe d'un montant variant entre 24 et 35 euros par an, mais cette taxe augmente en 2011 d’au moins 200 % pour les petits salons et de 1070% pour les gros ! Une augmentation spectaculaire au moment même où les dirigeants de la SACEM sont montrés du doigt pour leur salaires “à la Steve Jobs”…

Selon Bernard Stalter, président de l'union régionale de la coiffure d’Alsace, ces montants seraient donc portés à 90 euros pour 2011, pas excessifs, certes, mais Bernard Stalter précise : "Pire, cette redevance de base sera de 90 euros pour un salon de deux salariés, mais il faut compter 47 euros de plus par salarié". Ainsi, un coiffeur avec quatre salariés payerait 184 euros soit, finalement, 7 fois le prix de 2010, et 376 euros pour huit salariés soit, 10,7 fois le prix de 2010 ! Certes, la taxe n’avait pas évolué depuis 1987, mais tout de même…

Pour Bernard Stalter "Nous ne pouvons être la vache à lait de la Sacem" et il précise que toute cette affaire aura des répercussions sur l’emploi. Nous pouvons également penser que cela aura des répercussions sur les prix des salons également ! Surtout, l’inquiétude est de voir évoluer cette taxe chaque année.

Alors même que les commerçants sont durement touchés par la crise, chacun peut constater les fermetures de boutiques dans son quartier, la SACEM, elle, se goinfre sur leur dos.

Pourquoi est-ce de la goinfrerie ? Simplement parce que les artistes n’ont jamais touchés aussi peu et que les dirigeants de la SACEM, eux, ont un train de vie royal, qui, de plus, ne cesse d’augmenter. En effet, au même moment, un député UMP met le doigt sur "le train de vie mirifique" de ses dirigeants dans France Soir (ici et la). Yannick Favennec, élu de Mayenne, nous indique les "600.000 euros de salaire par an pour le président Bernard Miyet". Soit 30 SMICs annuel. Mais ce n’est pas tout: “avec une moyenne de 266.000 € de revenus annuels, les dix autres principaux dirigeants du groupe ne sont pas en reste !” soit 13 SMICs en moyenne ! Mais cela ne complexe pas du tout le président aux 30 SMICs : ce dernier indique qu’il occupait, avant la SACEM, un poste de secrétaire général adjoint à l’ONU, il était donc tout à fait logique de ne pas baisser son salaire. Ceux qui, pour trouver un emploi et sortir du chômage, ont baissé leurs prétentions apprécieront. D’après Bernard Miyet « La Sacem est une société de niveau international […], amenée à négocier notamment avec Steve Jobs, les présidents de France Télévisions et de TF1 ou le patron d’Amazon. ». Oui dans ce cas, alors, cela méritait bien 30 SMICs, excusez-nous de vous avoir dérangé Monsieur Miyet…

Pourtant, les abus s’enchaînent, 30 SMICs étant largement insuffisants. La Cour des comptes est formelle : les dirigeants de la Sacem « ne respectent guère la note interne relative aux frais de déplacement et de mission » (les cadres doivent se limiter aux hôtels 3 étoiles et à 40 € maximums pour les repas). Les vérifications faites par la Cour des Comptes se sont vite buttées au manque de documents de suivi de la SACEM sur ces points. Les anomalies concernent également l’usage de la carte bancaire de l’entreprise : la cour des comptes indique que Jacques Blache (qui a quitté l’entreprise en 2008) a utilisé sa carte pour payer “des achats dans les grands magasins, des frais de péage lors de week-ends, des locations de voiture, 10.000 €  de « cadeaux », des repas pris seul ou encore des vacances de Noël en Guyane” indique France Soir. La cour des comptes s’étonne même « Il semble même qu’à deux reprises, des dépenses aient pu être engagées le même jour avec cette carte dans le Vaucluse, dans l’Eure-et-Loir et dans le Morbihan » ! Bakchich indique même qu’en 2008, Miyet aurait dépensé 29 000 Euros de notes de frais par carte bancaire et que “les charges de gestion augmentent trois fois plus vite que les perceptions entre 2006 et 2008”… Pour finalement conclure l’article par “Les profiteurs de la création musicale ne sont pas toujours ceux que l’on croit”…

C’est dans ce cadre explosif que 60 000 salons de coiffure étaient appelés à faire “la grève du son” ce lundi 6 décembre 2010 afin de protester contre ces augmentations scandaleuses et non justifiées. 

C’est toujours la même chose dans le monde, ceux qui ont le pouvoir en profitent en toute impunité, et ce, au détriment des PME, artisans et particuliers. Ne vous étonnez pas que, lorsque vous vous baladez dans une grande ville, les petits commerces soient plus que jamais aussi rares. Le gouvernement nous endort avec la création d’entreprises dans les journaux, mais laisse faire les abus dans la vie courante. Soyez entrepreneur qu’ils disaient !… Et bien on a vu !

Un tiers du budget européen est-il vraiment dévoyé?

A lire dans l’Expansion:

Selon le Financial Times, l'UE n'a dépensé que 10% des 347 milliards d'euros de fonds structurels alloués jusqu'en 2013 pour promouvoir le développement de régions pauvres d'Europe. Le quotidien britannique dénonce aussi des détournements.

A quoi servent les fonds structurels européens?

Les fonds structurels sont le premier outil de la politique de cohésion et de la solidarité budgétaire entre Etats membres. Ils visent à redistribuer la richesse européenne et à réduire les différences économiques et sociales dans l'Union. Deuxième poste de dépense après la PAC, ils s'élèvent en effet pour la période de 2007 à 2013 à 347 milliards d'euros, soit un tiers du budget européen. Dans le détail, l'UE investit cette somme par l'intermédiaire des trois fonds : le Fonds européen de développement régional (FEDER) pèse environ 200 milliards, le Fonds social européen (FSE) qui dispose de 75 milliards se concentre sur l'emploi et enfin le Fonds de cohésion, de 70 milliards, est destiné exclusivement aux Etats les plus pauvres. Ces fonds peuvent être alloués à la recherche-développement, l'éducation, la formation professionnelle, l'infrastructure, la protection environnementale, la modernisation de l'agriculture etc.... En somme, l'argent sert aussi bien à construire des autoroutes et des musées que des salles de gym dans les 27 Etats membres, sachant qu'au total, 646 000 projets doivent ainsi être financés. Chaque Etat contribuant proportionnellement à sa richesse, la France donne neuf fois plus qu'elle ne reçoit.

Pourquoi les fonds n'ont-ils pas été intégralement versés ?

Selon le Financial Times et le Bureau of Investigative Journalism, seulement 10% des fonds structurels ont été dépensés sur des projets parce que les Etats concernés ne peuvent fournir les fonds requis. En effet, la règle, élaborée avant la crise, veut que les Etats doivent contribuer de leur côté à hauteur de la moitié du financement des projets retenus. S'étant tous lancés dans des programmes d'austérité, les Etats ont plutôt tendance à renoncer à des projets qu'à en lancer des nouveaux.

De son côté, Bruxelles tente de minimiser le phénomène et assure que l'argent n'est pas perdu. "Le démarrage lent en début de cycle de financement n'est rien de nouveau, en fait c'est assez normal", a souligné la porte-parole de la Commission européenne Pia Ahrenkilde-Hansen. L'actuel cycle de financement des fonds européens est prévu pour la période 2007-2013. Mais jusqu'en 2009, les Etats européens dépensaient encore de l'argent du cycle précédent (2000-2006), a-t-elle précisé. "S'il n'y a pas d'argent pour les cofinancements, nous ne demandons pas de paiements aux Etats, donc cet argent reste sur leurs comptes" et "il n'existe pas de compte bancaire européen où de l'argent dormirait, inutilisé", a-t-elle insisté.

L'argent est-il détourné ?

Le problème c'est qu'une fois versé aux régions, l'argent disparaît dans des circuits "complexes" et "opaques", dénonce le quotidien économique. Résultat, des sommes importantes atterrissent dans les poches de la mafia, notamment la ndrangheta qui serait une "experte" en la matière. Ce qui expliquerait par exemple que, comme l'a déploré le député Alain Lamassoure, malgré les 10 milliards d'euros reçus par le Mezzogiorno italien, l'écart de niveaux de vie avec la moyenne européenne a continué à croître.

L'argent finit également dans les comptes de multinationales, comme Coca-Cola, IBM et Nokia Siemens, alors que les fonds sont destinés à aider les petites et moyennes entreprises. Le FT cite l'exemple de Britsih American Tobacco, qui a reçu 1,6 millions d'euros pour l'aider à construire une usine de cigarette, alors même que l'UE dépense des millions pour tenter de dissuader ses citoyens de fumer...

D'autres grands groupes se servent même des fonds européns pour délocaliser au sein de l'Union. Le cas de Dell est emblématique : le groupe américain d'informatique, qui avait bénéficié une première fois de subventions pour ouvrir une usine en Irlande, a recouru une deuxième fois aux fonds en septembre 2009 pour fermer l'usine irlandaise et soutenir les employés licenciés et une troisième fois pour ouvrir un autre site quelques jours plus tard en Pologne.

Le Bureau of Investigative Journalism pointe enfin d'autres usages illégaux des fonds, tels que la construction d'hôtels sur des sites naturels protégés en Espagne

"Des irrégularités et des fraudes existent, et c'est regrettable", concède pour sa part Mme Ahrenkilde-Hansen. Mais le taux d'erreur a été réduit de moitié en 2009, à environ 5%, et seuls 0,2% d'erreurs sont imputables à des fraudes, affirme la Commission européenne.

Comment réformer le système ?

La Commission européenne a déjà lancé une consultation publique afin de réformer le fonctionnement des fonds structurels. Cela pourrait passer par des objectifs de performance plus stricts et la concentration des fonds sur quelques domaines prioritaires plus facilement contrôlables.

samedi 4 décembre 2010

Les rameurs de l'ENA (humour)

Merci à Serge Grass pour cet envoi:

Les chroniques racontent qu'en 1994 aurait eu lieu un challenge d'aviron entre l'équipe de rameurs de l'ENA et ceux d'une université lambda de province
Les rameurs de l'université brillèrent dès le départ, et arrivèrent avec une heure d'avance sur l'équipe énarque... De retour dans les locaux de l'ENA, le Comité de Consultation se réunit pour analyser les raisons d'un résultat si imprévu et déconcertant.

Leurs conclusions furent les suivantes :

  1. L'équipe universitaire était formée d'un chef d'équipe et de dix rameurs...
  2. L'équipe de l'ENA était, elle, constituée d'un rameur et de dix chefs d'équipe.

Après un reporting largement diffusé et débriefing approfondi, accompagné d'une communication renforcée et d'un nouveau teasing, la décision fut portée à la sphère de planification stratégique pour l'année suivante, avec une réforme dont les répercussions se feraient ressentir à tous les niveaux de la délégation.

En 1995, lors du départ du nouveau challenge, l'équipe universitaire reprenait une fulgurante avance. Cette fois-là, l'équipe énarque arrivait avec deux heures de retard...
La nouvelle analyse du Comité de Consultation rendait les constatations suivantes :

  1. Dans l'équipe universitaire, il y avait un chef d'équipe et dix rameurs...
  2. L'équipe de l'ENA, suite aux réformes décidées par le Comité de Consultation et approuvées par la haute sphère de planification, comprenait,:
  • Un chef d'équipe
  • Deux assistants au chef d'équipe
  • Spt chefs de section
  • Un rameur

La conclusion du Comité fut unanime et lapidaire : "Ce rameur est un bon à rien"

En 1996 se présentait une nouvelle opportunité pour l'équipe énarque.
En effet, le Département du Haut Management de l'ENA, en collaboration avec le Département de Recherche sur les Ressources Humaines de cette même école avaient mis au point une stratégie novatrice qui améliorerait sans aucun doute possible le rendement et la productivité, grâce à l'introduction de substantielles modifications dans la structure.
C'était là la clef de voûte du succès, l'aboutissement ultime d'une méthodologie qui ferait pâlir d'envie même les meilleurs managers au monde…
Le résultat fut catastrophique. L'équipe universitaire arrivait cette fois avec 3 heures d'avance sur l'équipe énarque.
Les conclusions furent effroyables

  1. Dans un évident but de déstabilisation spéculative, l'équipe universitaire avait opté pour la formation traditionnelle: un chef d'équipe et dix rameurs
  2. L'équipe énarque avait introduit une formation avant-gardiste
  • Un chef d'équipe
  • Deux consultants qualité
  • Un auditeur en empowerment
  • Un superviseur de downsizing
  • Un analyste de procédures
  • Un technologue
  • Un contrôleur
  • Un chef de section
  • Un technicien chronomètre
  • Un rameur

Après plusieurs jours d'épuisantes réunions et autant de séances de brainstorming, le Comité, plein de bravitude, décidait de punir le rameur en lui supprimant sa bourse d'étude et en le radiant de l'École, dont la grandeur et réputation risquait de se voir ternie par une telle incompétence.
Lors de la réunion de clôture, le Comité, appuyé par le corps enseignant, statuait.
Pour le prochain challenge, nous engagerons un nouveau rameur, mais par le biais d'un contrat d'outsourcing via une immigration choisie, de manière à éviter toute friction syndicale et d'esquiver tout contrat de travail et charges sociales qui en découlent, éléments qui, sans aucun doute, ont jusque là dégradé l'efficacité et la productivité de nos ressources.

jeudi 2 décembre 2010

Des tribunaux de plus en plus pointilleux

A lire dans Les Echos

Recalé. Les juges semblent désormais plus attentifs au contenu et aux motifs des plans sociaux qui passent entre leurs mains. Courant juillet, le tribunal de Nanterre a ainsi recalé celui de Sanofi-Aventis en pointant des irrégularités dans la procédure d'information. Le groupe chimique français, qui souhaite supprimer 904 postes dans le Rhône et en Seine-Saint-Denis, a été condamné à reprendre la procédure sous peine d'une astreinte de 1.000 euros par jour de retard dès le 31 août 2010. Fin juillet, le tribunal de Troyes a annulé les deux plans engagés par le groupe allemand Lohmann et Rauscher dans sa filiale Sodimedical (textiles pour les hôpitaux). La justice a estimé que les difficultés de l'entreprise avaient été « organisées » par son propriétaire afin de faciliter une délocalisation. De même, le tribunal de Douai a ordonné la réouverture de la raffinerie des Flandres, tout comme celui de Chartres l'avait fait auparavant pour l'usine Philips de Dreux. La tendance n'est toutefois pas générale : dans le même temps, les tribunaux ont par exemple débouté les salariées de Lejaby qui contestaient leur PSE et le comité de Radio France International qui s'estimait mal informé sur la mise en œuvre du plan.

mercredi 1 décembre 2010

La Sacem s'explique sur ses hauts salaires

A lire sur Le Point.fr:

Les dirigeants de la Sacem avaient rendez-vous, mercredi matin, avec les députés. L'objet de la rencontre : la rémunération élevée des dirigeants de la Sacem et certains débordements dans les notes de frais, épinglés par la Commission permanente (une dépendance de la Cour des comptes). Bernard Miyet, le président du directoire, a tenté de convaincre la commission des affaires culturelles que la commission permanente n'avait pas bien fait son travail. Selon lui, les salaires élevés ne sont pas si élevés quand on les compare au prix du marché des grands dirigeants. Ce serait donc une erreur que de leur appliquer la relative modestie des revenus de la haute fonction publique.

Il n'y aurait donc rien de choquant à ce que les dix plus hauts dirigeants de la Sacem perçoivent, en moyenne, un salaire de 266.670 euros par an (5,5 fois le salaire moyen brut du personnel), sachant que leur président émarge à environ 600.000 euros (supérieur de 87 % à son second). Il n'y aurait pas non plus de scandale à ce que la rémunération de six dirigeants ait augmenté de 10 % entre 2005 et 2008 quand le salaire moyen des salariés de la Sacem a augmenté de 6,5 % sur la même période.

Les patrons de la Sacem se comparent à Steve Jobs

L'argumentaire de la Sacem est intéressant. Selon ses dirigeants, les hauts salaires sont à relativiser du fait de l'immensité des sommes perçues et redistribuées par la Sacem. Cela ne coûterait que 1 euro par auteur. Pour ce prix-là, mieux vaut se payer des dirigeants "compétents et bien formés", rémunérés au prix du marché. Mais de quel "prix du marché" parle-t-on ? La Sacem se compare, sans rire, à des sociétés aussi importantes qu'Apple avec laquelle elle est en discussion pour la rémunération des auteurs.

L'affaire des notes de frais de Jacques Blache, l'ancien lobbyiste de la Sacem, a également été évoquée. La commission permanente avait relevé que celui-ci avait pris ses aises avec la carte bancaire de la boîte : des repas seuls, des vacances en Guyane (entre le 27 décembre 2006 et le 6 janvier 2007), des frais de péage de week-end, 10.512 euros de "cadeaux"... Pour la Sacem, le traitement de cette affaire par la commission permanente est "inacceptable" étant donné que Jacques Blache a quitté la société en 2008. Quant à ses propres notes de frais, Bernard Miyet a indiqué qu'elles faisaient l'objet d'un contrôle "quotidien"... Bref, circulez, il n'y a rien à voir, messieurs et mesdames les députés !

mardi 30 novembre 2010

Un patron « trop social »: épinglé par l'URSSAF à cause d’avances sur salaires à plusieurs salariés

A lire dans L’est Républicain.fr:

L’histoire se passe à Giromagny, dans le Territoire de Belfort. Claude Goudron, patron d’une petite PME spécialisée dans la fabrication d’échafaudages en aluminium reçoit la visite, début juillet 2010, d’un l’inspecteur de l’Union de recouvrement pour la sécurité sociale et les allocations familiales (URSSAF), Ismail Ekinci.

Le président et fondateur de l’entreprise ULTRALU qui emploie une trentaine de salariés n’a rien à craindre : sa comptabilité est transparente. Voilà pourquoi il est très surpris lorsqu’il reçoit, trois semaines plus tard, la lettre d’observations de cet inspecteur. Ce dernier écrit : « J’ai constaté que vous prêtiez de l’argent à vos salariés sans intérêt… En effet, ceux-ci vous remboursent le montant du prêt principal en fonction des capacités de chacun sur une durée plus ou moins longue. L’absence d’application d’un intérêt d’emprunt est un avantage bénéficiant au salarié. » L’inspecteur recalcule donc « l’assiette des contributions et cotisations » en incluant les intérêts des prêts et applique, au passage, une pénalité au chef d’entreprise.

Erreur grossière

« J’ai pris ça en pleine gueule » reconnaît Claude Goudron. « J’ai avancé de petites sommes à mes gars. L’un d’eux, marié et père de deux enfants en bas âge a connu une période difficile. C’est un ouvrier formidable, toujours de bonne humeur. Il était en surendettement, on allait l’expulser de son appartement, il pouvait ne plus venir travailler. Il lui fallait 3.000 € tout de suite. Je les lui ai avancés et il me rembourse 100 € par mois. »

Sans intérêt, évidemment. Sinon le patron d’ULTRALU aurait pu être poursuivi pour exercice illégal de la profession de banquier.

Claude Goudron n’aurait sans doute pas contesté ce redressement ubuesque si l’inspecteur n’avait commis une erreur grossière dans le calcul des intérêts. En effet, il applique un taux d’intérêt annuel et non mensuel dans son tableau récapitulatif. « Me réclamer 2852 € de charges sociales pour un total prêté sur 3 ans de 10.262,25 € avec un montant total d’intérêt de 5.152,84 €, c’est ahurissant », répond le chef d’entreprise le 6 août 2010 en contestant ce redressement. Il ajoute : « Plus jamais je ne viendrai au secours de l’un de mes salariés » et lorsque l’un d’eux sera en difficultés « je me permettrai de vous l’envoyer pour que vous lui expliquiez pourquoi il m’est impossible de le secourir. »

Réponse d’Ismail Ekinci le 22 septembre : je maintiens ma décision, vous pouvez saisir la Commission de recours amiable. Ce que fait Claude Goudron. Mais le 8 octobre il reçoit une mise en recouvrement avec un majoration de 270 € !

Joint au téléphone, le directeur de l’URSAFF Belfort/Montbéliard, Jean-Louis Torrigiani explique que « la procédure est respectée. La Commission des recours examinera ce dossier au cours du premier trimestre 2 011 ».

D’ici là, l’inspecteur de l’URSAFF peut aller prendre quelques cours d’arithmétique à l’école communale du coin.

Marcel GAY

samedi 27 novembre 2010

Planète finance : pas besoin de délocaliser en Inde!

A lire sur Finance-Investissement.com:

Les multinationales des technologies, dont des québécoises, sont toutes présentes en Inde. Et si la délocalisation était plus avantageuse dans notre propre cour? Pourquoi CGI ne privilégierait pas Cloridorme ou même Kuujjuaq au lieu de Bangalore?

C'est le constat que fait, à l'échelle américaine, le magazine Bloomberg BusinessWeek avec un texte intitulé « Rural Outsourcers Vs. Bangalore » (Délocalisateurs ruraux contre Bangalore).

C'est que la délocalisation de l'industrie de l'informatique change de visage aux États-Unis. Au lieu de se faire uniquement en Inde, elle se réalise désormais dans des bleds perdus d'États américains reconnus davantage pour le maïs ou le canola que la haute technologie.

Il se constitue rapidement une industrie américaine de la délocalisation, notamment sur les réserves indiennes. Une star de cette nouvelle industrie: Cayuse Technologies, de la réserve Umatilla, dans l'Oregon : 200 employés, ventes de 7,7 M$ en 2009, croissance dans les deux décimales.

Ces nouvelles entreprises offrent un avantage que n'aura jamais l'Inde : la proximité culturelle. Beaucoup d'entreprises sont mécontentes de la délocalisation dans le pays de Gandhi pour toutes sortes de raisons : problèmes de langue, de visas, de distance. Les compagnies situées en sol américain peuvent aussi mieux se conformer aux lois sur la protection des renseignements personnels.

Parce que le coût de la vie en région est peu élevé aux États-Unis, faire affaire avec un fournisseur basé en Inde revient moins cher. Autre avantage important, il est généralement plus aisé de transiger avec un partenaire qui partage votre culture.

Cela dit, la délocalisation vers l'Inde n'a pas à craindre des compétiteurs situés en région rurale. En effet, l'industrie indienne engrange 50 G$US par année, des revenus qui vont tripler d'ici 2020. Les délocalisateurs ruraux américains, eux, affichent des revenus estimés à 100M$ cette année.

Ces derniers ont toutefois des atouts, car les gouvernements, encouragés à créer ou maintenir des emplois aux États-Unis, peuvent leur accorder des contrats. De plus, les travailleurs informatiques de l'Inde, de la Russie ou de la Chine tentent actuellement d'améliorer leurs salaires et conditions de travail, ce qui influencera à la hausse les tarifs de leurs employeurs.

Certains croient qu'un jour, lorsque les salaires auront augmenté sensiblement dans le BRIC, les délocalisateurs ruraux auront un avantage indéniable sur leurs compétiteurs à l'international. Entre-temps, les délocalisateurs locaux transforment les chômeurs des anciennes aciéries ou de la construction en programmeurs informatiques, dans des formations intensives qualifiées de « boot camp ». Et il ne manque pas de candidats : un quart de la population américaine habite en région rurale.

Duluth et Thetford Mines, même combat!

jeudi 25 novembre 2010

Au chômage ? C’est la faute à la Chine !

A lire dans Le Courrier International.com:

Le chômage continue de s’accroître et inquiète les Américains. A l’approche des élections législatives, les candidats des deux camps opposés désignent à coups de pub un bouc émissaire à cette situation : la Chine, relate le New York Times.

A l’heure où tant d’Américains s’inquiètent de l’état de santé de leur économie, les candidats des deux grands partis se sont trouvé un nouvel ennemi : la Chine. Républicains et démocrates s’accusent d’avoir laissé des emplois américains filer chez leur rival. Depuis le début du mois d’octobre, au moins 29 candidats ont diffusé des messages laissant entendre que leurs opposants auraient été trop conciliants avec la Chine et que les Américains en auraient souffert.
Ces clips ne sont pas seulement remarquables par leur nombre, mais également par leur ton accusateur.
Cette avalanche de vidéos, dont le coût total devrait se chiffrer en dizaines de millions de dollars, survient alors que les responsables politiques s’efforcent de répondre à la principale préoccupation des électeurs : le chômage.
Ces campagnes sont tellement acrimonieuses et généralisées que certains s’inquiètent d’une possible montée du sentiment antichinois et de la survenue de nouvelles complications dans les relations déjà tendues entre les deux pays.
Robert Kapp, ancien président de l’US-China Business Council (USCBC), a déclaré que s’il y avait déjà eu des tensions par le passé, jamais la Chine n’avait servi de bouc émissaire aux responsables politiques américains.
“Le fait de pointer du doigt un pays sur tant de sujets alors que nous arrivons à la fin de la campagne est quelque chose de nouveau, c’est un calcul, explique-t-il. Je trouve ça lamentable. C’est dégradant.”

Tous les messages ne parlent pas de la Chine, certains mentionnent également l’Inde ou le Mexique. Dans un de ses derniers clips, la sénatrice [démocrate] Barbara Boxer accuse Carly Fiorina, ancienne responsable de Hewlett-Packard, d’avoir délocalisé des milliers d’emplois “vers Shanghai au lieu de San Jose [Californie] ou vers Bangalore au lieu de Burbank [Californie]” et de “fièrement estampiller ses produits ‘made in China’".
Ce n’est pas un hasard si les démocrates s’en prennent tout particulièrement à la Chine. Cet été, plusieurs figures démocrates, dont Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, ont incité les candidats à aborder le sujet. De fait, un sondage révélait le fort soutien des électeurs en faveur de la suppression des réductions d’impôt accordées aux entreprises présentes en Chine.
Qu’importe si personne ne s’accorde vraiment sur ce qu’est précisément une délocalisation ou sur le nombre d’emplois qui auraient pu rester aux Etats-Unis. Les démocrates citent des études de l’Economic Policy Institute (EPI), un centre de recherche marqué à gauche, selon lesquelles trois millions d’emplois auraient été délocalisés en Chine depuis 2001 en raison du déséquilibre croissant des échanges commerciaux.

Pour les républicains, ainsi que certains spécialistes, ce chiffre est très exagéré. D’après Scott Kennedy, directeur du Research Center for Chinese Politics and Business (RCCPB) à l’université de l'Indiana, la plupart des emplois créés en Chine grâce à des investissements étrangers venaient de Taïwan, de Hong Kong ou de Corée du Sud, non des Etats-Unis.
Toutefois, certains républicains se saisissent de cet argument eux aussi : ils affirment que le plan de relance de l’administration Obama a permis de créer pour deux milliards de dollars d’emplois dans le secteur des éoliennes en Chine, ce que contestent le Trésor ainsi que l’American Wind Energy Association (AWEA).
Si l’économie chinoise a légèrement ralenti récemment, elle devrait encore connaître une croissance de 10 % cette année, poursuivant sur sa lancée de trente ans de croissance à deux chiffres.

Les candidats qui jouent sur le malaise des Américains face à la Chine moderne ont largement recours à des visions dépassées, pour ne pas dire à des clichés. Ainsi, dans la nouvelle vidéo de Joe Sestak, candidat au poste de sénateur en Pennsylvanie, on entend un gong retentir et une voix off affirmer que son rival républicain, Pat Toomey, est un homme qui “se bat pour l’emploi… en Chine”.
Les conseillers des deux partis suivent les sondages et les réactions des électeurs afin d’évaluer l’efficacité de ces messages et de savoir combien de temps les diffuser. Vu les passes d’armes entre les candidats, ce thème n’est pas près de disparaître de la campagne.

Le travail inutile gangrène nos entreprises !

Je suis tombé par hasard sur un article étonnement lucide qui décrit une nouvelle tendance dans les grandes entreprises : la profusion de travail inutile et sans valeur ajoutée. Petite visite au pays du travail sans valeur ajoutée qui s’insinue dans notre vie au bureau sans que nous y prenions garde !

Au départ, les administrations étaient réputées pour avoir une grande part de paperasseries inutiles, redondantes ou qui ne servent à rien au final. Cette dérive paperassière a permis à certains d’affirmer que l’entreprise privée est certainement plus efficace que les administrations et que c’était une raison nécessaire et suffisante pour tout privatiser. Tout le monde gagnerai en efficacité. Pourtant, force est de constater que cette gangrène touche tous les secteurs, toutes les type d’activité des entreprises dès qu’elles ont une certaine taille. Les PME sont épargnées car, elle n’ont pas la possibilité de perdre du temps et de l’argent, sinon, soyez sur qu’elles le feraient ! Ainsi, des administrations et des grandes entreprises, aucune des deux n’est aujourd’hui vraiment la plus efficace. La palme de l’efficacité revient donc aux PME malgré le manque (parfois) cruel d’outils, de méthodes et de personnel bien formé qui foisonne en revanche dans les grandes entreprises. Le comble du travail inutile est que dans les grandes entreprises, non seulement la paperasse sans intérêt est abondante mais elle s’accompagne de tâches ridicules et sans valeur ajoutée. Exemples ?

Calculer une myriade d’indicateurs que personne n’utilise et qui grossit d’année en année au point d’occuper des troupes entières à les compiler. Un nouveau problème, une nouvelle dérive est constatée ? Hop, la contre-mesure de quelques managers obscures est d’ajouter un indicateur pour surveiller le problème. Souvent l’indicateur n’est choisi que parce qu’il semble bon mais sans penser à la difficulté et au temps nécessaire pour le calcul de se dernier, ni a ce qu’on en fera lorsqu’il sera calculé. Comme personne ne se préoccupe de tous ces indicateurs qui s’accumulent, personne ne s’occupe de l’obsolescence de ces derniers ni de leur redondance. La compilation de toutes ces données prend parfois plusieurs jours. Il arrive que certains oublient de le faire, puis parfois devant l’absence de réaction du destinataire, le rapport finit par disparaître définitivement. C’est l’issue la plus optimiste et la plus rare de cette course aux indicateurs. La plupart du temps, ils sont réclamés et leur absence est sévèrement reprochée au fautif. Croyez-vous que, puisqu’ils sont attendus, ces rapports sont utiles ? Souvent ce n’est pas le cas. D’abord parce que si les indicateurs étaient réellement bons et utiles, ceux qui sont coupables en cas de mauvais chiffres, ont tout intérêt à les trafiquer afin de ne pas être inquiétés. C’est le cas par exemple du taux de résolution des affaires dans les commissariats. Alors qu’une enquête sur une organisation criminelle est longue et coûteuse en temps, arrêter un SDF et le relâcher immédiatement  compte autant dans le calcul de l’indicateur ! Lorsqu’au contraire les indicateurs sont mauvais et inutiles, l’ensemble de l’activité autours de ces indicateurs est inutile ! Ainsi se construit le travail inutile dans l’entreprise.

Autre exemple classique dans les grandes entreprises. Pendant la crise nous avons tous entendu dire de la bouche des patrons “cash is king” : l’argent frai est roi. En effet, les actionnaires demandant des rentabilités fortes aux entreprises, elles doivent se focaliser sur le “cash”. Or cette course au cash est fortement génératrice de gâchis et de travails inutiles. Le cash est faible en ce moment ? Pour remédier à cette situation sévèrement surveillée par la direction des actions contre-productives sont faite : comme supprimer tous les prestataires de services. Sur le moment cela donne effectivement une bouffée de cash mais pour l’organisation du travail et les projets en cours c’est à la fois un danger et une grande perte de rendement. Surtout si la situation devient si fragile qu’il faut d’urgence reprendre tous les prestataires (du moins ceux qui sont encore libres !) quelque semaine plus tard sous peine de perdre les clients de l’entreprise ! Autre conséquence du règne du cash : les circuits de signatures sans fin. Dans les entreprises que je visite, je vois parfois jusqu’à trente signatures pour une simple demande d’achat de 1000€. Imaginez quelle est la valeur ajoutée de tout ce circuit ou la très grande majorité des signataires ne sont que des gratte-papier dans cette opération. De quelle efficacité parlons-nous si l’un des derniers signataires finalement refuse de signer ? Nous sommes précisément dans le monde du travail inutile.

Nous ne citerons pas les nombreux autres exemples que tout le monde connaît : réunions sans but ni résultat. Réunions sans compte rendu et plan d’action. Plan d’action non suivis qui, de fait, ne servent a rien. Réunions d’équipes qui durent parfois jusqu’a 4 heures et qui mobilisent une quinzaine de personnes. Réunions de projection de PowerPoint sans intérêts et dont chaque planche est écrite en police 8pt. Organigrammes d’une hauteur vertigineuse qui ne sont créés que pour surélever et rendre artificiellement plus puissants ceux qui ont injectés des couches hiérarchiques sous eux.

Oui, l’auteur du site www.lifestyleignition.com a vu juste : “Le travail inutile est un cancer. Le travail inutile tue”. Comme disait Albert Camus : “Il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir”. Je vous laisse découvrir ce petit article que j’ai eu grand plaisir à traduire tant il est caricatural de la situation des grandes entreprises modernes.

Le travail inutile s'est insinué dans votre bureau et dans les tous les recoins de votre activité. Et il détruit l'Amérique ! (NDLT: et la France !)

Travail Inutile (TI): Un projet ou une tâche qui maintient une ou plusieurs personnes occupée mais qui n'a pas de valeur ajoutée. Il sert à maintenir l'illusion vivante qu'il y a encore quelque chose de productif en cours de réalisation.

Le travail en bureaux paysagers a rendu le TI célèbre. Votre entreprise a fait du travail inutile une partie intégrante des activités de la journée quotidienne de travail. Nous en rions parce que c'est drôle. Nous en rions parce que c'est vrai.

Et nous l'acceptons. "Travailler pour l'amour du travail".

Parfois, nous savons que nous faisons du TI. Parfois, le TI est idéalement déguisé. D'autres fois, nous ne voulons pas savoir que nous en faisons. Il peut même être rassurant d'avoir des montagnes de travail inutile, des projets inutiles, et les tâches inutiles parce qu'alors nous nous sentons plus en sécurité. Votre première réaction pourrait être : Mais de quoi, bon sang, parle-t-il ?! Je ne fais pas de travaux inutiles ! Vous pouvez même faire du travail inutile en le sachant et vous sentir à l’aise avec cela. Vous êtes payés pour à la fin du mois. Le Travail Inutile fait partit de l’ADN des processus des grandes entreprises.

Combien de fois avez-vous été chargé d'une tâche ou d’un projet et vous avez pensé:

Comment cela peut-il encore être productif ?

Est-ce que c’est vraiment ce qu'ils veulent me voir faire?

Quel est le but de tout cela?

Je ne peux pas croire à quel point c'est inefficace! Il doit y avoir une meilleure méthode.

Les travaux inutiles rendent les cadres brillants en apparence, car il semble que leurs subalternes sont occupés et occupés avec des projets importants qui apporte une valeur ajoutée. Il donne une bonne image des employés, car il semble que quelque chose de substantiel est en train d’être accompli. Cependant, le travail inutile ne fait rien d’autre que de pomper l'argent, les ressources et le temps d'une organisation. Combien des 40, 60 ou 80 heures de la semaine de travail sont dédié à un travail efficace ? Avec tous les "importantes" réunions, conférences téléphoniques, les flots d’e-mail sans fin, et les messageries vocales, il peut être difficile de faire la distinction entre le travail réel et travail fictif. Bien souvent, le travail fictif et le vrai travail se ressemble. Vous pourriez même ne pas reconnaître que votre travail est inutile et n’en vaut pas la peine. Vous assumez qu’il y a un but à votre travail, mais vous ne savez pas lequel. Vous ignorez que votre travail n’a aucune valeur. Tout le monde dans la hiérarchie de l'entreprise qu'ils en soient conscients ou non est impliquée d'une certaine façon dans la l’engrenage du travail inutile.

De usines de travail inutile à travers le monde “pondent” rapports préliminaires sur rapports préliminaires que personne ne verra. Les gens assistent à des réunions inutiles et sans programme clair dont le seul aboutissement est généralement la programmation d'autres réunions. Des projets sans fin sont commencé sans une vision claire ou un plan de mise en œuvre. Et la fin de ce processus infernal n’est pas visible.

Le travail inutile est un cancer qui n’a pas  de traitement connu.