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mardi 31 août 2010

QUATRE RAISONS DE RELOCALISER

Un article à lire dans les archives du Parisien.fr.

Auteur d'un livre intitulé « les Nouvelles Géographies du capitalisme »*, l'économiste Olivier Bouba-Olga est spécialiste des choix de localisation des entreprises. Si, pour lui, les relocalisations ne sont pas « un phénomène massif », il s'agit tout de même d'une tendance « intéressante, qui n'a rien d'anecdotique ». Pour cet expert, quatre raisons principales expliquent les récents exemples de relocalisations. 1- Une faible productivité du travail dans certains pays Lorsqu'elles délocalisent, les entreprises espèrent réaliser de substantielles économies sur les salaires. Certes, des rémunérations cinq, dix ou même quarante fois moins élevées qu'en France, comme c'est le cas en Inde par exemple, peuvent faire rêver.

Mais si la productivité du travail n'est pas au rendez-vous la délocalisation devient alors une mauvaise affaire. Or il n'est pas facile d'évaluer à l'avance la productivité de la main-d'oeuvre en Europe de l'Est, au Maghreb ou en Asie… « Parfois, les entreprises se trompent dans leurs calculs », estime Olivier Bouba-Olga. 2- Des coûts et des délais de transport plus élevés De plus en plus, les entreprises doivent être réactives par rapport aux marchés. Or acheminer par bateau des marchandises produites en Asie nécessite au minimum cinq à six semaines, un délai trop long pour satisfaire immédiatement la demande des clients. Le coût de ces grandes traversées maritimes doit également être pris en compte. « Lorsque l'entreprise Samas, qui fabrique du mobilier de bureau, a décidé en 2000 de délocaliser sa production en Asie, le pétrole était à 30 $ le baril », explique Olivier Bouba-Olga. En 2006, Samas a rapatrié en France la fabrication des caissons métalliques de bureau. Si elle ne l'avait pas fait, elle aurait pris de plein fouet la flambée des tarifs pétroliers en 2008. 3- L'augmentation des salaires en Asie et ailleurs Même en Chine, les salaires ne restent pas indéfiniment bas… Plus les entreprises étrangères investissent dans un pays dit « émergent », plus la main-d'oeuvre qualifiée se raréfie et plus les salaires locaux sont tirés vers le haut.

Selon les calculs d'Olivier Bouba-Olga, en 1996, une heure de travail en République tchèque coûtait huit fois moins cher qu'en France. Six ans plus tard, cet avantage comparatif en faveur de la République tchèque n'était plus que de 1 à 5. 4- Un souci de qualité et de service pour les clients Schématiquement, les entreprises peuvent poursuivre deux stratégies différentes : soit elles recherchent en priorité une baisse des coûts, soit elles misent sur l'innovation et la différenciation de leurs produits. Dans ce cas, la relocalisation en France est souvent privilégiée afin de garantir la qualité et le suivi après-vente auprès des clients.

Olivier Bouba-Olga, « les Nouvelles Géographies du capitalisme », éditions du Seuil, 2006, 241 p., 21 €.

lundi 30 août 2010

L’industrie de la plasturgie redonne des couleurs au Jura

A lire dans Le secours Catholique.

À Arinthod, la crise a limité les dégâts grâce à la reprise de Smoby, le plus gros employeur, et à la réactivité des entreprises.

À Arinthod, bourgade jurassienne de 696 habitants, l’usine de jouets tourne à plein régime. Smoby fabrique durant l’été les produits destinés à la période de Noël. Le nouveau propriétaire de Smoby-Majorette, l’Allemand Simba, a décidé de développer ce site de production du numéro un français du jouet. Ici, tout le monde s’en réjouit. 110 personnes travaillent sur le site d’Arinthod et l’effectif devrait monter à 180 travailleurs avec l’extension de l’usine prévue pour 2011, estime Michel Berthelon, élu CGT au comité d’entreprise. Mais les célèbres petites voitures Majorette, elles, restent pour l’instant délocalisées en Thaïlande.
Cette prospérité a des conséquences : la cadence a augmenté sur les chaînes d’Arinthod. « Aujourd’hui, j’ai monté 136 chaises hautes de poupées à l’heure », déclare une salariée qui apprécie peu d’être chronométrée. Elle gagne 1 300 à 1 400 euros nets par mois. Mais elle ne se plaint pas vraiment. La politique sociale s’est d’ailleurs améliorée depuis la reprise par la société allemande. « Avant Simba, il n’y en avait pas, témoigne Michel Berthelon. C’était la dictature, tandis qu’avec les Allemands, on peut au moins dialoguer. »
Smoby, le plus gros employeur d’Arinthod, survole la crise mondiale. « La boutique tourne bien », estime même le représentant de la CGT. Le secteur du jouet est “sanctuarisé” par les consommateurs. « On se privera toujours pour acheter un jouet à son gamin », remarque Danielle Didier, ex-attachée commerciale chez Smoby.
Et pourtant, Smoby revient de loin. La société a été vendue il y a trois ans à la suite du détournement massif de fonds dont son ancien PDG est soupçonné. Les conséquences ont été dramatiques. Plusieurs usines du groupe ont fermé dans le Jura. Seuls 400 salariés sur 1 200 ont gardé leur emploi sur les quatre sites français restants. Une partie du personnel a été regroupée sur Smoby Arinthod, sauvé, semble-t-il, par ses équipements modernes, la qualité de sa main-d’œuvre et sa spécialisation dans le soufflage de gros produits.
Les autres entreprises d’Arinthod réussissent elles aussi à traverser la crise sans grave dommage. L’économie de la plasturgie, qui règne sur cette partie du Jura, reste porteuse. La société Plastique franc-comtois (PFC), créée en 2007 dans le grand bâtiment spécialement construit par la communauté de communes du secteur, se porte bien. PFC loue le bâtiment à la collectivité. L’usine emploie 28 personnes, sans qualification pour la plupart. Les ouvriers travaillent au recyclage de chutes de plastique achetées à des producteurs de fenêtres. « Les perspectives d’activité sont bonnes, nous sommes passés de 70 tonnes traitées à 300 et quelques tonnes en trois ans, et on va encore se développer », annonce le jeune chef d’entreprise, Jérôme Darit.

Heures supplémentaires.

Cette production peu automatisée ne requiert pas de qualification particulière. Deux salariés sont par exemple entrés dans l’usine en emploi aidé et sont aujourd’hui embauchés en contrat à durée indéterminée. Alain Verne est l’un d’eux. Ancien cuisinier, ancien forain, il est content d’avoir trouvé cet emploi. « À 50 ans, confie-t-il, j’étais considéré comme trop âgé partout où je me présentais. On ne m’a d’ailleurs jamais proposé Smoby. Et maintenant, je fais des heures supplémentaires le samedi pour mettre du beurre dans mes épinards », déclare-t-il en souriant.
Jean-Charles Grosdidier, patron de la société de transports éponyme et maire d’Arinthod, réussit lui aussi à préserver son entreprise et ses 90 salariés. Adaptation et reconversion sont ses armes anti-crise.
La plasturgie automobile de la “Plastic Valley” jurassienne est en difficulté ? Les transports Grosdidier se réorientent vers l’agroalimentaire, biscuits dans la région parisienne, fromages en Franche-Comté… Face à la concurrence des transporteurs d’Europe de l’Est, ils opposent la qualité. « Nous avons perdu des clients, mais pas de volume de marchandises », constate le chef d’entreprise. Du coup, il en est « presque » à recruter des conducteurs de poids lourds et du personnel administratif.
Le maire-entrepreneur n’est pas à court de projets. « Un importateur s’est installé ici récemment en créant un entrepôt qu’il lui était impossible de construire dans la région parisienne », déclare-t-il. Et il y a encore ce projet de production de fûts à bière en plastique pour les particuliers… À chaque fois, ce sont quelques emplois créés, si bien que les trois ordinateurs et la liaison Internet destinés aux chômeurs par la communauté de communes sont loin de la surchauffe.
Malgré son apparente prospérité, Arinthod affiche un taux de chômage aux alentours de 10%. « Mais beaucoup de chômeurs sont des intérimaires qui travaillent six à neuf mois dans l’année », nuance Nathalie Darit, secrétaire générale de la mairie.
Globalement, le département du Jura semble s’en sortir plutôt bien, notamment grâce au retour de productions délocalisées en Europe de l’Est ou en Chine il y a quelques années. Ainsi les finitions de lunettes de grandes marques. Le “made in France” a la cote chez les consommateurs. Mais le phénomène se fait discret pour l’heure. Le triomphalisme n’est pas de mise, car pour les patrons ayant choisi la délocalisation, c’est « quelque part un constat d’échec », reconnaît-on à la Direction régionale du Travail et de l’Emploi de Franche-Comté.
Au-delà de la recherche de qualité et d’économies sur les transports, les aides publiques ont compté dans ce retour de balancier, précise-t-on à la chambre de commerce et d’industrie du Jura. Mais on n’en saura pas plus sur l’importance du phénomène, en raison de son caractère « stratégique et confidentiel »… Une tendance d’une ampleur relative, qui semble néanmoins se dessiner sur l’ensemble du territoire français.

François Tcherkessoff

vendredi 27 août 2010

De qui se moque-t-on en Europe ?

Voici ce que je découvre dans la presse concernant la taxation des offres internet “triple-play” que je dénonçais il y a quelques jours : Le porte parole du commissaire européen à la Fiscalité, Emer Traynor, répondais aux questions de 20minutes.fr et ca vaut le détours :

Pourquoi la Commission européenne demande-t-elle à la France de changer sa fiscalité sur ses abonnements «triple play»?

La directive TVA permet aux Etats membres d’appliquer un taux réduit d’au minimum 5% sur les services de diffusion de télévision mais pas sur la fourniture d’accès à Internet ou le téléphone. La France ne peut donc avoir une TVA réduite sur 50% du prix total des abonnements «triple play». Les opérateurs pourront cependant garder un taux à 5,5% pour la télévision s’ils sont capables de différencier son coût de celui de la fourniture d’accès à Internet et du téléphone.
Si cette différenciation est impossible à faire, la législation prévoit que le taux appliqué à la prestation principale [19,6% pour l’Internet et le téléphone] soit mis en œuvre.

Comme cette différenciation est impossible à faire, sauf a saucissonner les offres “triple play” en “double-play” et TV, attendez-vous a voir passer la TVA sur les abonnements a 19,6 au lieu de (19,6+5,5)/2=12,55% soit une hausse de 7%. Un abonnement à 29,90 € passerait donc à 32 €. Ce qui fait tout de même un surcoût de 24 € par an pour un service identique !

Cette hausse de la TVA risque de faire augmenter le prix des offres. Ne craignez-vous pas des protestations de la part des consommateurs?

Les consommateurs français ne seront pas perdants. Je vous rappelle que c’est l’un d’entre eux qui nous a alertés sur ce problème des abonnements «triple play». Il reprochait aux opérateurs de ne pas avoir diminué leurs prix alors même qu’ils appliquaient une TVA à taux réduit.  Dans la mesure où les consommateurs n'ont pas bénéficié de cette baisse, je ne vois pas pourquoi une hausse de la TVA devrait maintenant être répercutée sur leurs factures.

Ce monsieur se moque gentiment de nous : sous prétexte que certains consommateurs se sont plains du manque de baisse des abonnements malgré la baisse de la TVA (ce qui n’est pas bien, j’en conviens), au mieux, non seulement les abonnements ne baisserons pas mais comme je le montre plus haut, ils risquent d’augmenter. Le marché des offres internet est très tendu, les marges sont faibles, il est clair que rien ne baissera et qu’au contraire nous risquons de voir une hausse. De qui se moque-t-on ?

Cet imbroglio est-il lié à une trop grande complexité des règles européennes en matière de TVA?
L’objectif de la Commission est d’améliorer le système existant et de le simplifier. Nous souhaitons notamment supprimer les doubles taxations ou les trop nombreuses dérogations. Nous allons communiquer sur ce sujet d’ici à la fin de l’année mais il est encore trop tôt pour être plus précis.

Conclusion, mesdames et messieurs les consommateurs, si vous constatez une supercherie concurrentielle (baisse de TVA non répercutée sur les prix ou autres) ne venez jamais vous plaindre à l’Europe vous risquerez, non seulement de ne pas avoir gain de cause même si vous êtes dans votre bon droit, mais finalement de payer plus ! Alors là chapeau l’Europe !

Dire que “Les consommateurs français ne seront pas perdants.” est mensonger, il faudrait éviter à l’avenir ce genre de jeu de mot, car une telle phrase négative sous-entend “le consommateur français sera gagnant” (remise en positif). Ah bon ? Mais gagnant de quoi ? Eh bien, au mieux nous ne verrons pas les abonnements augmenter, au pire il augmenterons. Car si le “triple-play” se transformera en “double+play” et “TV” séparés, ca fera tout de même une hausse du prix global à n’en pas douter. Mais bien sûr, ceux qui n’utilisaient pas la TV seront, eux, gagnants ! C’est donc cela que ce monsieur Emer Traynor voulait dire… D’accord !

Update du 13/09/2010 : Comme je le prévoyais, le gouvernement compte augmenter l’ensemble du prix des abonnement an passait la TVA à 19,6% sur l’ensemble du prix. Et ceci, en justifiant cette augmentation au nom de Bruxelles. Manque de chance, Bruxelles ne se laisse pas faire et, comme le souligne Le Monde, indique “"La Commission européenne n'a pas demandé à la France d'augmenter la TVA" sur l'ensemble des abonnements aux offres "triple play". Si les caisses sont vides et que par idéologie le gouvernement préfère prélever de-ci-delà discrètement l’argent, l’excuse de l’Europe ne marche pas à tous les coups…

Update du 16/09/10: Comme prévu Orange et Free répercuterons la nouvelle taxe sur les abonnement (19,6%). Bouygues ne s’est pas encore prononcé.

jeudi 26 août 2010

(MAJ) Certaines entreprises sont de retour

A lire dans Le Parisien.fr

Certaines entreprises françaises, tous secteurs confondus, ont déchanté après leur délocalisation. A la suite de l’implantation de leur centre d’appels au Maroc en 2002, les Taxis bleus ont perdu des clients (déçus par la piètre performance des opérateurs), ce qui a déclenché la colère des chauffeurs de taxi.

Quelques mois plus tard, la société est relocalisée à Paris. Le métallurgiste Gantois, qui a délocalisé en Roumanie, regagne Saint-Dié (Vosges), siège historique du groupe, en 2008. Les nombreux contrôles nécessaires pour vérifier la fabrication des aciers pimentaient les factures. Smoby a également réinstallé ses usines dans le Jura, après être parti en Chine, pour contrôler ses jouets avec beaucoup plus de rigueur.
En 2008, Geneviève Lethu, la marque spécialiste des arts de la table, a rapatrié une partie de sa production de l’Asie vers le Puy-de-Dôme et les Vosges. Confronté à l’explosion des cours du pétrole, le fabricant de meubles Samas a réinstallé une partie de sa production chinoise à Noyon (Oise) en 2006.
Aidé et poussé par l’Etat, Renault a décidé en 2009 de rapatrier une partie de la production de la Clio 2 de Slovénie à Flins (Yvelines).
Mais les retours en France restent très marginaux. « Seule 1 entreprise sur 20 ayant délocalisé revient en France, explique El Mouhoub Mouhoud, professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine. Souvent, ces relocalisations s’accompagnent d’un remplacement de la main-d’œuvre bon marché contre des machines performantes. » Pourtant, certaines entreprises revendiquent leur retour au « made in France ». Ce qu’elles ne disent pas, c’est que seule une faible partie de leur production est réimplantée. Parfois, les relocalisations se passent mal. Le village d’Ormes (Loiret) a fait les frais des hésitations de Risc Group (centre d’appels). En 2008, son directeur promet de créer 110 emplois en France grâce à la relocalisation de ses centres d’appels d’Ukraine et de Roumanie. Frappé par la crise, le groupe se désengage, licencie une cinquantaine de salariés et va s’installer en Tunisie.

Pierre Trouvé | 11.07.2010, 07h00

A lire également dans la Croix.com

Ces entreprises qui reviennent en France

Alors que les investissements des entreprises semblent se redresser, le gouvernement a lancé une aide à la relocalisation dans l’industrie et réfléchit à un dispositif dans les centres d’appels. Mais ce retour au « made in France » est encore marginal.

Renault a décidé de relocaliser la production de son modèle "Trafic", il sera produit dès 2012 dans l'usine de Sandouville (photo AFP/François).
Cela faisait plus d’un an que Sylvain Loiselet, président de la fonderie du même nom, faisait, en vain, le tour des banques pour boucler le financement de sa relocalisation. « Pour rapatrier ma production de Chine, j’ai besoin d’acheter une machine très automatisée, qui va me coûter 12,4 millions d’euros. Mais, pour un prêt de ce montant, les banques voulaient qu’un fonds d’investissement reprenne 50 % de ma société, ce qui m’aurait fait perdre le contrôle de celle-ci. »
Depuis quelques semaines, cet industriel est soulagé : la fonderie Loiselet, créée par son grand-père en 1850, fermée en 2001, puis rachetée en 2003 et sitôt délocalisée en Chine, sera la première entreprise à recevoir l’« aide à la réindustrialisation », créée au printemps. Grâce à ce prêt gratuit, qui couvrira la moitié de son investissement, il pourra emprunter sans faire entrer un autre acteur dans son capital. Et garder la maîtrise de son investissement, qui devrait lui permettre d’embaucher d’ici à deux ans une centaine de personnes à Nogent-le-Roi (Eure-et-Loir).

« Une dizaine d'entreprises sont dans les tuyaux »

Mais Sylvain Loiselet reste un éclaireur. Au cabinet du ministre de l’industrie Christian Estrosi, on estime qu’« une dizaine d’entreprises sont dans les tuyaux » pour toucher cette nouvelle aide, « dont la moitié pour un dossier de relocalisation ». Le succès de ce dispositif est extrêmement modeste à l’image du phénomène des relocalisations, qui a néanmoins pris de l’ampleur depuis cinq ans mais reste minoritaire par rapport aux délocalisations.
« Pour un emploi relocalisé, il faut compter 20 emplois délocalisés », estime El Mouhoub Mouhoud, chercheur à Paris-Dauphine. Un ordre de grandeur avec lequel Jean-François Lécole, PDG du cabinet de conseil Katalyse, tombe d’accord. « Mais, pronostique-t-il, à l’avenir, je pense qu’on sera plutôt à un emploi relocalisé pour trois voire pour deux emplois délocalisés. »
Pourquoi ce retournement de tendance ? Pas à cause des aides publiques, selon El Mouhoub Mouhoud, « qui ne pèseront que très marginalement dans la décision de relocaliser », mais bien parce que les arguments qui ont attiré les entreprises dans les pays à bas coûts perdent du terrain. L’écart salarial, d’abord, se réduit. « On était dans un rapport d’un à dix auparavant entre la France et la Chine, c’est plutôt un à huit aujourd’hui », poursuit Jean-François Lécole.

Les coûts, un facteur déterminant

Or de nombreux coûts annexes sont apparus à l’usage. Notamment les défauts de qualité, qui se sont accumulés au fur et à mesure que les commandes se concentraient sur l’Asie. « Quand vous commandez un conteneur d’assiettes orange et que ce sont des rouges qui arrivent, ce n’est pas terrible », raconte par exemple Edmond Kassapian, PDG de Geneviève Lethu, l’un des pionniers de la relocalisation en France.
Alors que ce spécialiste des arts de la table faisait fabriquer 40 % de ses collections en Asie il y a cinq ans, la proportion est désormais de 10 %. « Dans nos métiers, on a beaucoup de normes alimentaires à respecter et je ne suis pas sûr que toute la vaisselle importée de Chine les respecte », ajoute-t-il.
Autre problème : les délais de livraison. « Les fabricants des pays émergents privilégient les gros volumes alors, parfois, les délais ne sont pas tenus », reprend El Mouhoub Mouhoud. De plus, « en Chine, je paie tout comptant. Or, entre le moment où je commande et celui où j’ai les pièces, il se passe six mois, ce qui occasionne des besoins en fonds de roulement que les banques facturent », explique Sylvain Loiselet.
Enfin, ces délais nuisent à la réactivité des entrepreneurs. « En Asie, je devais commander par conteneurs entiers, alors si un produit ne marchait pas, il fallait le solder. Désormais, je peux demander 200 couteaux à mon fabricant de Thiers et ajuster la production aux ventes », reprend Edmond Kassapian.

Le prix des matières premières responsable

Enfin, ces dernières années, la hausse des matières et de l’énergie a asséné un nouveau coût à l’avantage comparatif des pays émergents. Chez Loiselet, où les pièces en fonte pèsent lourd, « le transport par bateau depuis la Chine revient à 850 000 € par an ». Or, selon Jean-François Lécole, le coût du transport va augmenter, structurellement, « non seulement à cause du cours du pétrole mais aussi parce qu’un jour il faudra bien intégrer dans le coût du transport la dépollution des bateaux qu’on laisse pour l’instant pourrir en Inde ou en Russie. »
Sur une planète où tout le monde consomme du « made in China », le « made in France » devient un argument de vente. C’est ce qu’a compris Didier Martin, le PDG d’Eugène Perma, spécialiste des soins du cheveu, qui a achevé en 2009 le regroupement de l’ensemble de ses productions de soins capillaires, autrefois éparpillées dans cinq pays européens, dans son usine de Reims. « Face aux multinationales concurrentes, nous avons voulu nous différencier. Or, le fait de produire à 100 % en France est clairement ressenti comme un gage de qualité. »
Bref, l’idée d’une France sans usines, énoncée au début des années 2000 par Serge Tchuruk, l’ex-PDG d’Alcatel, ne fait plus l’unanimité. Reste que toutes les entreprises ne relocaliseront pas pour autant. Ne serait-ce que parce qu’« il ne faut pas rêver : produire en France revient toujours plus cher, entre 10 et 20 % selon les produits chez nous », estime Edmond Kassapian.

Les entreprises misent sur l'innovation

Pour certains industriels, comme la fonderie Loiselet, la solution passe par la robotisation de la production, et donc la réduction des coûts de main-d’œuvre. Pour d’autres, comme l’opticien Atol seule une innovation permettant de vendre plus cher un produit permettra de rentabiliser la relocalisation. Mais, pour la plupart des candidats à la relocalisation, la solution passe par un retour des seules activités à valeur ajoutée.
Aquaproduction a ainsi choisi de rapatrier de Roumanie la fabrication de ses parois de douche milieu de gamme, tout en confiant la production de ses entrées de gamme à l’Asie. Le fabricant de mobilier de bureau Haworth, lui, a réussi en 2007 à rapatrier de Chine la fabrication de ses crosses – des petites pièces métalliques qui relient pieds et plateau – en utilisant une technologie de pointe issue de l’automobile qui réduit de 10 % le coût de fabrication. Bref, l’avenir est plutôt à une relocalisation très ciblée.

Nathalie BIRCHEM

Quand l’Amérique découvre qu’elle a fait fausse route

Je viens de lire un article Américain très intéressant sur www.salon.com (en anglais) indiquant que les Allemands avaient une productivité plus grande que les américains, mais travaillaient moins et avaient une plus grande qualité de vie ! Enfin l’Amérique découvre que son modèle n’est pas le seul possible et que l’Allemagne, vous savez, ce pays de la vieille Europe, souvent qualifiée “d’usée” par les américains, fait finalement mieux que l’Amérique avec 3% de croissance estimée pour 2010 et moins d’heures travaillées pour un bien-être plus grand du peuple. Ah bon ? Le travail ne fait pas toujours le bonheur ? Tiens donc !

Vous le verrez dans cet article, il est difficile pour des américains de remettre en question tout leur système car imaginer qu’il n’est pas le meilleur est déjà une grosse découverte. Ils croient encore au pays du “self-made-man”. Il y a pourtant bien longtemps que ce n’est plus le cas, même en Chine, il faut aller dans des régions peu développées pour avoir actuellement une chance (minime) de faire fortune. Les état-unis ont mangés leur pain blanc depuis les années 90, mais ils feignent encore de l’ignorer ! Vous lirez également une critique du socialisme européen qui, d’après l’auteur, serait finalement moins bon que celui des états-unis ! Certes, les gens bien éduqués tirent toujours mieux leur épingle du jeu (dans tous les pays), mais de là a dire que c’est une caractéristique européenne et que les USA font mieux, il n’y a qu’un pas… à ne surtout pas franchir…

Quoi qu’il en soit, cet article marque d’une pierre blanche, et ce, en pleine désillusion de l’Amérique (et oui la reprise de la croissance américaine était un mirage savamment concocté par les dirigeants du pays), la prise de conscience que le “monde plat” de Thomas Friedman (voir plus loin) n’existe pas forcément ou, du moins, ne sera pas exactement celui imaginé par son auteur : la Chine, bien sûr, mais également l’Allemagne peuvent et savent faire mieux (à différent niveaux toutefois) que les états-unis. Aux US, il n’y a pas que les bulles immobilières qui éclates mais aussi les bulles de la doctrine d’une Amérique toujours ultra-dominante.

Français, ne nous moquons pas, même si c’est toujours un peu risible de voir l’intéressé se rendre compte le dernier de ce que nous savons sur lui depuis plus de vingt ans. Notre pays peut également souffrir de la comparaison avec l’Allemagne. Qui a été là-bas, sait la vigueur de l’industrie (même en pleine crise de 2007-2008) et la joie de vie et le bien-être de ses habitants. Bien entendu, tout n’est pas rose non plus en Allemagne, mais ne nous y trompons pas, cette Allemagne-là nous mangera un jour si nous n’y prenons garde. Comme le dit si justement cet article, pendant que nous délocalisions la fabrication de tous nos produits, sans nous poser de question (ca a arrangé les finances de certains toutefois), l’Allemagne, elle, conservait le gros de ses industries et dans le même temps partait à l’assaut commercial de la Chine : pari réussi ! Nous, en revanche, prenons chaque jour le chemin, amèrement décrit dans cet article, du modèle américain : libéralisme à outrance, privatisation à tout va et parfois en douce, comme c’est le cas de la santé, de la poste et de l’énergie (avec les problèmes que l’on sait déjà, bonjour au passage aux client de GDF et bientôt à ceux d’EDF), et… dérèglementation du droit du travail alors même que l’on voit le modèle américain du plein emploi s’essouffler sous nos yeux (ils pensent atteindre bientôt les 10% de chômeurs, comme nous !!). La France contemporaine n’est pas brillante, pas de quoi s’en venter donc…

Voici donc l’article traduit (vite) par mes soins :

Êtes-vous né sur le mauvais continent ? La culture erronée de l'Amérique du surmenage

Les travailleurs Allemands ont une productivité plus élevée, moins d'heures de travail et une meilleure qualité de vie. Comment avons-nous fait pour nous débrouiller aussi ?

Depuis le début de la récession, le nombre de chômeurs aux Etats-Unis a doublé. Ceux qui ont encore la chance d'avoir un emploi doivent travailler de longues heures pour un salaire moindre, avec la menace toujours présente d’être viré. Mais, même avant la récession, les travailleurs américains avaient déjà le nombre d’heures pointées le plus grand de l'Ouest. Par rapport à nos cousins allemands, à travers l'océan, nous travaillons 1.804 heures par rapport à leurs 1.436 heures seulement - l'équivalent de neuf semaine supplémentaires de 40 heures par an. L'éthique protestante du travail pourrait avoir commencé en Allemagne, mais il a depuis évolué pour devenir le mode de vie américain.

Selon Thomas Geoghegan, un avocat du travail à Chicago et auteur de "Were You Born on the Wrong Continent?: How the European Model Can Help You Get a Life" la social-démocratie européenne - en particulier l'Allemagne - propose des solutions alléchantes à notre époque surmenée. En comparaison avec les États-Unis, les Allemands vivent dans une idylle socialiste. Ils ont six semaines de vacances fédéralement offerte, l’inscription à l'université gratuite, ainsi que les soins médicaux et les soins aux enfants. Dans une tentative de rendre l'Allemagne plus comme les Etats-Unis, Angela Merkel a proposé des déréglementations et des réductions d'impôt qui rendent furieuse la gauche du pays. Au cours de plusieurs voyages couvrant une décennie, Geoghegan a décidé d'enquêter sur la façon dont les Allemands vivaient si bien, et, par extension, ce que nous pourrions être en mesure d'apprendre d'eux.

Salon a parlé à Geoghegan par téléphone concernant les avantages des travailleurs du luxe Allemands, nos propres attitudes dysfonctionnelles envers le travail, et comment nous pouvons rendre notre vie plus leurs analogues.

Les gens aux États-Unis s'enorgueillissent souvent de travailler plus de nos homologues européens. Pourquoi travaillons-nous autant tout d’abord ?

Il n'ya pas de raisons historiques ou culturelles pour elle. Les Américains avaient plus de temps libre que les Japonais dans les années 60. Je dirais que si vous faisiez une enquête sur la plupart des gens qui ont entre 50 ou 60 ans, ils vous diront qu'ils prennent moins de vacances que leurs parents. Maintenant, pourquoi cela a-t-il changé ? Ce n'est pas à cause des pèlerins. Les gens travaillent dur en Amérique, mais il y avait une période où le temps de loisirs était en augmentation. J'ai cité Linda Bell et Richard Freeman dans un article qu'ils ont écrit sur ce qui s'est passé pendant les années 90. Il n'y avait personne pour vous empêcher de travailler plus. Il n'y avait pas de contrôle du gouvernement, il n'y avait pas de contrôle des syndicats sur les excès de travail comme c’est le cas en Allemagne ou ailleurs en Europe. Ces contrôles institutionnels ont disparu. Alors les gens se sentent comme des rats de laboratoire : « Si je travaille 10 minutes supplémentaires par rapport à la personne dans la cabine à côté de moi, alors je suis moins susceptibles d'être viré." C'est une réponse très rationnelle.

Ne sommes-nous pas, au moins, plus productifs en raison de la quantité de temps que nous passons à travailler ?

Non. Regardez leur taux de productivité. Ils sont comme le nôtre. Je crois que nous sous-estimons nos heures et qu’ils exagèrent les leurs, car ils ont tant de temps libre et partent si tôt de leur travail. Si le taux de productivité rapporté est officiellement similaire, le taux réel, sans sur-estimation ni sous-estimation, ils travaillent sans doute plus efficacement que nous, et le temps libre supplémentaire qu’ils possèdent a surement quelque chose à voir dans ce phénomène.

Pourquoi est-ce si utile de nous comparer aux Allemands ?

L'Allemagne a le plus haut degré de contrôle ouvrier sur la planète depuis l'effondrement de l'Union soviétique. Quand j'ai vu le ministre du Travail allemand Günther Horzetzky en avril 2009, il a déclaré: « Notre plus grosse exportation est maintenant la co-détermination." Il voulait dire que d'autres pays européens ont copié le modèle Allemand.

Comment l'Allemagne est-elle devenue un si formidable lieu de travail ?

Les Alliés l'a fait. Ce modèle européen tout entier est venu, dans une certaine mesure, du New Deal. Notre véritable histoire et tradition est ce que nous avons créé en Europe. Occupant l'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale, la constitution européenne de 1945, la Charte des Nations Unies des droits de l'homme sont tous issus de Eleanor Roosevelt et des participants au New Deal. Tout cela a été intégré dans les constitutions Européennes et ont contribué à façonner leur démocratie sociale. Cela venait de nous. Les encycliques papales sur le travail, cela est venu des Américains.

Mais les Allemands ont un PIB inférieur à nous. Est-ce que cela ne veut-il pas dire que notre qualité de vie est meilleure ?

Un jour nous irons au-delà de cela et constaterons que le niveau de vie européen est en hausse. Vous pouvez retirer de ces statistiques de PIB par habitant que les gens dans le Mississippi sont beaucoup plus riches que les personnes vivant à Francfort et Hambourg. Cela ne peut pas être vrai. Il suffit de passer deux mois à Hambourg et à passer deux mois à Tupelo, Mississippi. Il ya quelque chose d’étrange si les statistiques disent que les gens à Tupelo sont trois fois plus riches que les gens en Allemagne. Malgré les chiffres, la social-démocratie fonctionne vraiment et c’est le seul modèle qu'un pays économiquement avancé peut utiliser pour être concurrentiel dans ce monde. Je veux dire que, non seulement en termes d'exportations, mais également en termes d’écologie. Le fait de pouvoir élever son niveau de vie sans faire bouillir la planète montre comment notre mesure du PIB est si rudimentaire.

Qu'est-ce qui nous manque lorsqu’on mesure le PIB ?

Nous ne chiffrons pas la valeur matérielle du temps de loisir, qui pourtant est extrêmement précieuse. Nous n'avons pas de moyen de valoriser ces biens publics européens qui valent vraiment la peine. Savez-vous que c'est 50.000 dollars pour les frais de scolarité à l'Université de New York et il est gratuit à l'Université Humboldt de Berlin. Alors que l’université de New York ajoute des montants catastrophiques au PIB par habitant, Humboldt n’ajoute rien. Entre vous et moi, je préfère aller à l'école à Humboldt.

Une grande partie de l'économie américaine est basée sur le PIB qui provient de déchets, du pillage de l'environnement, de l'étalement urbain, d’une mauvaise planification, et les gens qui vont de plus en plus loin faute de trouver un territoire et qui mène une vie de plus en plus misérable. Que le PIB qui passe au dessus de tous les autres PIB vient en fait du jeu et la fraude d'une manière ou d’une autre. Il s'agit d'une description plus claire de ce que Kenneth Rogoff et The Economist appellerait la financiarisation de l'économie américaine. Cette transformation est un élément important du modèle économique américain tel qu'il s'est transformé dans des directions très perverse dans les 30 ou 40 dernières années.  C'est pourquoi l'effondrement ici va faire des ravages bien plus graves et à long terme dans ce pays dans les décennies à venir.

Qu’est-ce qui est mieux dans une démocratie sociale comme l'Allemagne?

La social-démocratie est bonne pour la classe moyenne, plus encore que c'est pour les pauvres. Nous avons l’opposé ici. C’est les personnes relativement bien éduquées et les nantis qui profitent pleinement du socialisme européen. Quelle est la valeur financière de l'éducation à Humboldt pour des gens qui sont diplômés d'études secondaires ? Zéro. Zéro. Pour la classe moyenne supérieure allemande, cela vaut la belle somme de 50.000 dollars par an. C'est toute la différence. Vous devez vous rappeler que même s'il ya des soins de santé universels, les gens les plus instruits utiliserons toujours mieux le système que les personnes moins instruites. Ils savent comment le faire fonctionner pour eux.

D’une certaine manière, c'est bien pour tout le monde. L'Amérique a cette liberté merveilleuse et cette ouverture ainsi que cette capacité de devenir riche à partir de rien. Nous sommes tout simplement un pays beaucoup plus individualiste. Je pense que nous avons un peu exagéré à ce sujet, mais je partage cela. Je suis aux USA et je suis content d’être né né aux États-Unis et je le serai toujours. Mais en ce qui concerne le partage des fruits de la croissance économique et à la fois en termes de jouir de la vie et profiter de la richesse de la vie dans un pays développé à la fois en termes de biens privés et biens publics, la qualité de vie qui vient de là et les loisirs, je pense que l'Allemagne a une énorme quantité de choses à nous apprendre.

Pouvons-nous adopter cette vie professionnelle allemande aux États-Unis ? Est-ce même possible ?

Nous faisons des choses qui sont plus socialistes que l'Europe ne fait, mais nous ne l'appelons pas ainsi. Nous avons des choses en plus du New Deal que beaucoup de démocraties sociales européennes ne sont même pas proches, comme les heures supplémentaire qui sont payées 1,5 fois plus et la sécurité sociale. Le plus gros système médical socialiste est aux États-Unis : Medicare. Intouchable. Soutenue par les républicains. Mais il est plus socialiste que le système de soins de santé allemand. Le problème, c'est qu'elle coexiste avec plusieurs autres systèmes qui ne sont pas socialistes du tout et qui profitent grassement à des fournisseurs privés.

L'ensemble du système est simplement totalement inefficace. Tous les pays européens ont un seul système. Il ya un contrôle des coûts. Il n'y a pas de contrôle des coûts ici, il ya quatre ou cinq systèmes simultanément concurrents. Pour obtenir le contrôle des coûts, nous allons devoir mettre en place un système de paiements unique pour tout le monde. Maintenant, soit on passe à un système libéral ou d'un système d'assurance maladie à l’allemande ou vers un système à “Single-payer” (caisse de soin unique). Bien que je ne comprends pas comment cela pourrait arriver à l'heure actuelle, je ne vois aucune autre solution sur le long terme, sauf si les États-Unis se dirigent vers un système à “Single-payer” généralisé. Non pas parce que je crois au système Single-Payer plus qu’aux autres, mais simplement au cause des faits sur le terrain. Nous devons avoir un seul système et nous n'allons pas supprimer Medicare. Cela n'arrivera jamais.

La théorie de Thomas Friedman du "monde plat" prédit qu'à l'avenir, tous les pays seront en compétition sur un pied d'égalité - ouvrant la voie à des pays fortement peuplés à dominer l'économie mondiale. Etes-vous d'accord avec lui ?

Comment peut-il expliquer l'existence de l'Allemagne? Quel pays détient le record des exportations dans le monde d'aujourd'hui ? C'est le pays avec le taux de salaire les plus élevés et des restrictions unifiées. L'Allemagne est devenue une grande puissance alors que le monde est devenu plus global. Notre problème n'est pas la concurrence avec la Chine, il est la concurrence avec l'Allemagne en Chine. Nous sommes tellement concentrés sur la Chine tout le temps, et sur l’assemblage de produits à bas coûts, qui nous sommes en train de manquer ce qui se passe. C'est l'Allemagne qui va en Chine and qui vend des produits là-bas à notre place, ventes qui nous manquent cruellement pour équilibrer notre balance commerciale avec la Chine. Ce n'est pas la faute de la Chine, c'est celle de l'Allemagne. Mais personne ne veut en parler. Parce que cela soulèverai des questions sur le modèle Américain tout entier : Pourquoi est-ce que ce pays, à hauts salaires, arrive a nous battre en Chine ? Pourquoi les socialistes européens nous battent-ils ? C’est une idée trop subversive pour que nous en débattions.

Ces bas de soie qui portent haut le luxe français

A lire dans Midi Libre.

« L’histoire a commencé ici ». À deux pas de cette ancienne filature de soie, où l’on ne se lasse pas de voir confectionner des bas "Fully fashioned", un des fleurons de L’Arsoie, « maison française du bas et collant de luxe ». Ils sont commercialisés sous la marque Cervin, ou Jean-Paul Gaultier, Aubade, Lise Charmel, Hermès, Chanel, Agent provocateur, quelques-uns des clients prestigieux. Exceptionnel, dans le bassin Ganges-Sumène-Le Vigan, où la fabrication traditionnelle du bas et du collant, qui a compté jusqu’à cinquante entreprises dans les années 1950, n’a pas cessé de décliner.
« Ici », donc, Serge Massal, PDG de L’Arsoie, fait une halte devant le monument aux morts de Sumène. Le nom d’un arrière-grand-oncle y est gravé. C’est le frère de ce dernier, rescapé de la

Grande Guerre, qui démarrera l’aventure : « Il ne pouvait plus faire de travail de force. Il a créé une société d’emballage de bas de soie. »
Les héritiers perpétuent la tradition. Pour Serge Massal, cette histoire est un atout économique : « On ne rattrape pas trois générations d’existence dans ce métier. » L’entreprise est unique. « On est les seuls dans le monde à fabriquer des bas comme en 1950 », affirme le PDG de L’Arsoie, qui chine aux enchères des machines d’un autre âge, impressionnants paquebots qu’il faudra retaper pendant des mois. Jusqu’à un an pour le métier Keading, jauge 42, cédé par le musée de Troyes, bientôt prêt à fonctionner. «
Sur les six à sept outils à tisser "Fully fashioned" de cette époque qui fonctionnent encore, trois sont chez nous », s’enorgueillit Serge Massal, qui n’hésite pas à bousculer la tradition pour dessiner de nouvelles lignes sur les jambes des filles ou faire passer sur le métier du cachemire. Talon cubain ou pyramidal. Du 7 deniers, « le plus fin de la planète », aux 180 deniers, vous ne verrez pas ça ailleurs, assure le PDG. Sur la machine, Édouard Majchrowski réussit l’impossible pari de concrétiser l’idée. Il est le seul à pouvoir déchiffrer des modes d’emploi plus épais que le bottin d’un département ultra peuplé. Le seul à « entrer dans le cœur de la machine ». Le résultat est étonnant. Les femmes adorent. La reine d’Espagne et Dita Von Teese, meneuse de revue au Crazy Horse, portent des bas Cervin. À l’étranger, qui absorbe 70 % de la production, Cervin propose des collections plus ciblées : pour les Chinoises par exemple, un dragon sur la cheville ou un cœur au-dessus du talon. On peut voir la collection au pavillon de la France de l’exposition universelle de Shanghai.
Au début du mois, Serge Massal en a profité pour rencontrer des clients chinois. La semaine prochaine, ce sera l’Amérique. Fin août, le Pakistan. Avec, chaque fois, le luxe français pour étendard. Un travail d’orfèvre. Zéro défaut et des détails qui feront la différence : logo écrit au poinçon, packaging en six langues, jusqu’à la qualité du papier d’emballage. Tout est contrôlé. À Sumène, ou L’Arsoie se déploie sur deux sites. Au Vigan, bientôt, où quarante machines seront installées à la rentrée pour ouvrir un atelier de confection de vêtements sans couture, des tops, pulls, robes en cachemire, laine, soie, coton, complémentaire de la ligne de bas couture "Fully fashioned" et des bas et collants de ville. Avec, toujours, le savoir-faire et la rigueur Cervin, sans tomber dans les travers du « mass market ». Une question de survie, assure Serge Massal : « Quand on fabrique en France, il faut occuper une niche, ou mettre en avant son savoir-faire. » Pour L’Arsoie, c’est évidemment le travail de la soie.

Sophie GUIRAUD

www.larsoie.fr le site de CERVIN www.cervinleblog.com le blog de CERVIN nylon-volupte.over-blog.com le blog des bas Nylon Nylonement

Accord secret entre Paris, Chirac et l’UMP, c’est du beau !

Le Parisien révèle aujourd’hui qu’un accord secret permettrai à Jacques Chirac d’échapper à une condamnation contre payement du montant de la fraude, des intérêts associés et des frais d’avocats.

Il s’agit de l’affaire, vieille maintenant, de la découverte par la nouvelle équipe de Delanöe qui reprenait la mairie de Parie d’une vaste fraude à l’emplois fictifs : «détournements de fonds publics» et d'«abus de confiance» pour 21 emplois de complaisance présumés payés entre octobre 1992 et mai 1995 par le cabinet du maire de Paris. Le Parisien révèle aujourd’hui le contenu de cet accord secret entre la ville de Paris, l’UMP et Jacques Chirac : en échange du versement des sommes détournées (2,2 millions d’euros : L'UMP versera 1,65 millions d'euros et Jacques Chirac 550.000 euros) à la mairie de Paris, cette dernière retirerait sa constitution de partie civile ! Cette anodine contre-partie est en fait immense vu que cela permettrait sans aucun doute à Jacques Chirac d’être relaxé vu qu’il n’aurait, dans ce procès, ni adversaire, ni accusation, et puisque le parquet a déjà fait savoir qu'il allait requérir la relaxe (sic !).

On s’arrange comme on peut entre politiciens. Ne vous semble-t-il pas logique que, si la faute est réellement commise (ce qui est surement le cas sinon Jacques Chirac et l’UMP ne paieraient pas 2,2 millions d’euros !), elle soit sanctionné et que les sommes détournées soient, en plus, restituée. L’accord secret permettrai donc d’éviter la sanction… Un seule question : Pourquoi faire à tout ce beau monde un non moins beau cadeau ?

mercredi 25 août 2010

Taxer les banque ? C’est pas urgent pour la France…

Pendant que le gouvernement Allemand adopte un projet de taxe bancaire, notre gouvernement songe à davantage taxer les offres internet "triple play". Est-ce logique ? Est-ce la bonne voie ?

Pourquoi cette taxation ? Simplement à cause d’une sombre histoire de TVA qui serait jugée trop faible par Bruxelles. La TVA des offres internet "triple play" est basse grâce à la considération, qu’à fait la France, que la TV représentait 50% d’une facture internet "triple play", ce que conteste Bruxelles. L’Europe considère qu’en vertu du nombre d’abonnés n’ayant pas accès au "triple play" à cause d’un débit médiocre de leur connexion, la part de la TV dans les offres internet "triple play" est beaucoup moins de 50%. Une augmentation de cette TVA ne sera pas un bon point pour le pouvoir d’achat des français, ni pour la réduction de la fracture numérique, mais qu’importe !C’est assez étrange cette façon qu’à la Commission européenne de se mêler de tout sauf de l’essentiel. Bref.

En Allemagne, en revanche, on s’occupe des vrai problèmes et une taxe viens d’être votée : une taxe sur les bénéfices des banques qui sera calculée en fonction de la taille de l'établissement et du degré de risque de ses activités. Les fonds collectés iront dans un fond de garantie des banques. Quant à la France, il y a plusieurs mois le gouvernement à fait grand bruit de cette taxe bancaire (qui n’en n’est pas une en fait, puisque l’argent ne servira qu’au banques en difficulté, à cet égard, il s’agit plutôt d’une assurance obligatoire, comme l’assurance automobile). Pourtant, si les journaux en ont beaucoup parlés, la loi n’est pas encore passée… Elle devrait être présentée fin septembre pour inscription dans la loi de finance… 2011 ! C’est vrai que ce n’était pas du tout urgent. En revanche, dans le cas de la France l’affectation des fonds devraient finalement revenir… à l’état ! Il s’agirait donc d’une vrai taxe. Reste à savoir ce qui sera réellement décidé car d’ici là tout peu changer…

lundi 23 août 2010

France 3 : Lexmark: un transfert de compétences qui passe mal

A lire et voir ici.

Après avoir annoncé un plan social, l'entreprise a demandé à ses salariés de former leurs remplaçants hongrois.

Octobre 2009, Lexmark basé à Orléans et spécialiste international des imprimantes informatiques, annonce un plan social et une délocalisation d'une partie du service à Budapest en Hongrie. Aujourd'hui l'entreprise demande à ses salariés de former leurs remplaçants hongrois, dont les salaires sont 3 à 4 fois inférieurs.

Voir cette vidéo

Une demande certes accompagnée d'une importante prime, mais qui passe mal. Il faut rappeler que d'ici 2011, ce sont 117 emplois qui vont être supprimés. Mais pour l'équipe dirigeante, cette restructuration devenait indispensable au vu de la chute brutale du chiffre d'affaires.

Par ailleurs les 65 salariés qui resteront sur Orléans s'inquiètent de la pérennité du site. Même si la direction se veut rassurante, l'inquiétude domine.

vendredi 20 août 2010

Chine : Foxconn va embaucher 400 000 personnes

A lire sur Easy bourse.

(Easybourse.com) Le sous-traitant d'Apple, Dell et Nokia a annoncé jeudi une vague d'embauches sans précédent afin de parer aux critiques sur les conditions de travail dans ses usines.

Qui a dit que Foxconn maltraitait ses salariés ? Le groupe taiwanais vient d'annoncer un impressionnant programme de 400 000 embauches afin de limiter le recours aux heures supplémentaires dans ses usines chinoises.
Ses effectifs devraient ainsi passer d'ici un an de 900 000 à 1,3 million d'employés, la majorité des créations d'emplois devant se faire dans les provinces centrales de la Chine touchées par l'exode rural, comme le Henan et le Sichuan.
Le groupe, l'un des principaux sous-traitants de l'industrie des téléphones portables (il assemble notamment l'iPhone d'Apple), s'est retrouvé sous le feu des critiques après une série de suicides parmi ses employés. Les horaires à rallonge et la pression imposée aux salariés ont été montrés du doigt comme des facteurs ayant pu conduire à ces suicides, qui ont eu lieu pour la plupart dans les usines du groupe à Shenzen, une ville du sud de la Chine.
En réaction à ces critiques, Foxconn a annoncé début juin une hausse de 70% des salaires dans les usines concernées.
F.S.